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Évolution du marché : Aliments pour chiens ou chats, conditionnés pour la vente au détail (CN 230910) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 230910 couvre les aliments pour chiens ou chats conditionnés pour la vente au détail, un segment clé des préparations alimentaires pour animaux domestiques. Au cours de la décennie 2015–2025, ce marché a connu une transformation profonde à l'échelle de l'Union européenne, marquée par une forte croissance des échanges, une diversification géographique des partenaires commerciaux et un renforcement de l'autonomie productive du bloc. Le présent rapport s'appuie sur les données du Tableau de bord du commerce extérieur de l'UE pour analyser les principales dynamiques observables sur la période.


1. Une croissance vigoureuse et soutenue des échanges extérieurs

1.1 Les exportations affichent une progression remarquable

Sur la période 2015–2025, les exportations intra-UE de l'ensemble vers les pays hors UE ont bondi de 1,718 Md€ à 4,022 Md€, soit une hausse de +134,1 %. Cette croissance s'est avérée remarquablement régulière : chaque année a enregistré un niveau supérieur à la précédente, à l'exception d'un léger ralentissement en 2024 (3,863 Md€ vs 3,783 Md€ en 2023), avant une reprise en 2025.

Année Exportations (Md€) Importations (Md€) Solde commercial (Md€)
2015 1,718 0,791 0,927
2018 2,013 1,023 0,990
2020 2,520 1,363 1,158
2022 3,462 1,631 1,831
2025 4,022 1,656 2,365

Les volumes exportés sont passés de 1,228 Mt à 1,782 Mt (+45,1 %), tandis que les prix unitaires moyens à l'exportation ont progressé de 1 399 €/t à 2 257 €/t (+61,3 %). La hausse de la valeur des exportations résulte donc à la fois d'un effet volume et d'un effet prix significatif, ce dernier traduisant un mouvement de montée en gamme ou l'impact de l'inflation sur les coûts de production.

1.2 Les importations progressent mais à un rythme moindre

Les importations hors UE ont également augmenté, passant de 791 M€ à 1,656 Md€ (+109,3 %), des volumes de 401 513 t à 508 769 t (+26,7 %) et des prix unitaires de 1 970 €/t à 3 255 €/t (+65,2 %). Le solde commercial, structurellement excédentaire, s'est considérablement creusé : de 927 M€ à 2,365 Md€ (+155,2 %).

1.3 La production européenne s'envole

Le renforcement du secteur productif de l'UE est un phénomène majeur. Selon les données PROCOS, la production communautaire de quantité a progressé de 5,679 Mt à 10,118 Mt (+78,2 %), tandis que la production en valeur est passée de 5,026 Md€ à 16,500 Md€ (+228,3 %). L'écart entre la croissance des volumes (+78 %) et celle de la valeur (+228 %) témoigne d'une augmentation substantielle du prix moyen de production (de 0,89 €/kg à 1,63 €/kg), cohérente avec une valorisation croissante des produits premium et super-premium.


2. Une géographie commerciale en profonde recomposition

2.1 Les partenaires d'importation : l'essor de l'Asie et de la Chine

La structure des fournisseurs de l'UE s'est considérablement modifiée au cours de la période. Trois tendances se dégagent :

Pays fournisseur 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
United Kingdom 310 284 −8,4
China 67 409 +506,7
Thailand 133 336 +153,0
Liechtenstein 12 202 +1 572,3
Canada 62 136 +121,0
Serbia 10 94 +857,1
United States 55 54 −2,7

(Sources : principaux partenaires par valeur — importations)

  • La Chine est devenue le premier fournisseur de l'UE en 2024 (450 M€), dépassant le Royaume-Uni, avec une multiplication par six de ses ventes sur la période. Cette progression spectaculaire s'inscrit dans la stratégie de développement de l'industrie pet food chinoise, qui a fortement investi dans les capacités de production et les certifications requises pour le marché européen.

  • La Thaïlande a consolidé sa position de deuxième fournisseur, portant ses exportations vers l'UE de 133 M€ à 336 M€. Un pic à 327 M€ est observé en 2022, accompagné d'un choc de prix notable (hausse de prix de +20 % par rapport à la baseline, avec un indice d'anormalité de 151,4), reflétant possiblement les tensions logistiques post-Covid et la hausse des coûts des matières premières.

  • Le Liechtenstein connaît une trajectoire remarquable (+1 572 %), probablement liée au rôle de hub logistique ou de réexportation de la Principauté, qui bénéficie de son intégration dans l'EEE. Ses volumes d'importation ont bondi de 8 620 t à 103 780 t.

  • La Serbie émerge comme un fournisseur significatif (de 10 M€ à 94 M€), illustrant la montée en puissance des Balkans occidentaux dans les chaînes d'approvisionnement européennes, favorisée par l'Accord de stabilisation et d'association avec l'UE.

2.2 Les partenaires d'exportation : désengagement de la Russie, émergence de la Turquie et de l'Ukraine

Du côté des exportations, la recomposition est tout aussi marquée :

Pays de destination 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
United Kingdom 735 1 367 +86,1
Ukraine 41 233 +471,1
Switzerland 139 309 +121,7
Russian Federation 109 97 −11,4
Japan 151 169 +11,7
Türkiye 29 195 +584,9
Norway 100 196 +96,1
  • Le Royaume-Uni demeure de loin le premier débouché des exportations UE (34 % de la valeur), avec une croissance régulière portée par la proximité géographique et l'alignement des normes post-Brexit. Toutefois, un choc de prix est détecté en 2020 (hausse de prix de +31,2 %), probablement lié aux ajustements liés au Brexit et aux disruptions logistiques de la pandémie. Les volumes importés par le Royaume-Uni depuis l'UE ont par ailleurs diminué de 198 488 t à 122 919 t (−38 %), suggérant un développement de la production domestique britannique ou un réacheminement des flux.

  • La Russie constitue le cas le plus frappant de retrait géopolitique. Les exportations UE ont culminé à 261 M€ en 2021 avant de reculer brutalement à 89 M€ en 2024, avant une légère reprise à 97 M€ en 2025. Les volumes ont chuté de 130 381 t (2021) à 32 783 t (2024), traduisant clairement l'impact des sanctions et des restrictions commerciales liées au conflit en Ukraine.

  • La Turquie (+585 %) et l'Ukraine (+471 %) émergent comme des marchés dynamiques, reflétant respectivement la croissance du marché des animaux de compagnie en Turquie et le soutien européen à l'intégration économique de l'Ukraine.

2.3 Une diversification progressive des partenaires

L'indice de concentration HHI confirme une réduction notable de la concentration des échanges :

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
HHI — importations (valeur) 2 236 1 596 −28,6
HHI — exportations (valeur) 2 083 1 378 −33,8

La baisse est plus prononcée côté exportations, ce qui s'explique notamment par l'émergence de nouveaux débouchés (Turquie, Ukraine, États-Unis) qui réduisent le poids relatif du Royaume-Uni. Côté importations, l'affaiblissement du Royaume-Uni et la montée de sources diversifiées (Thaïlande, Chine, Serbie) contribuent à la même dynamique de désintermédiation.


3. Un secteur européen de plus en plus autonome, mais confronté à des chocs de prix

3.1 L'UE renforce sa position de net exportateur

Le taux de dépendance aux importations nettes de l'UE est structurellement négatif (l'UE est net exportatrice) et s'est accentué : de −6,5 % en 2015 à −15,3 % en 2025. Parallèlement, la propension à exporter a presque doublé, passant de 13,0 % à 23,4 %. L'UE produit non seulement suffisamment pour couvrir sa propre demande, mais exporte une part croissante de sa production.

Les États membres les plus spécialisés dans ce secteur sont la Hongrie (RSCA = 0,478), la Pologne (0,402), la Lituanie (0,344), la Tchéquie (0,304) et la France (0,183). Les membres les moins spécialisés sont Malte (−0,997), le Luxembourg (−0,955) et la Roumanie (−,840).

3.2 Les principaux États membres exportateurs et importateurs

Les principaux exportateurs intra-UE vers les pays tiers sont :

État membre 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
France 473 820 +73,5
Germany 222 553 +148,9
Netherlands 231 317 +37,4
Poland 52 541 +948,3
Italy 106 278 +163,5
Ireland 121 190 +56,8

La Pologne se distingue par une progression spectaculaire (+948 %), la propulsant au rang de quatrième exportateur européen en 2025, derrière la France, l'Allemagne et les Pays-Bas. Cette dynamique s'inscrit dans le développement des capacités industrielles polonaises dans le secteur agroalimentaire.

Les principaux importateurs d'aliments pour animaux depuis les pays tiers sont l'Allemagne (518 M€ en 2025, +331 %), l'Italie (197 M€), les Pays-Bas (136 M€) et la France (124 M€). L'Autriche présente un cas atypique, avec une forte baisse des importations (de 116 M€ à 42 M€), suggérant une substitution par des sources intra-UE ou une montée en autonomie productive.

3.3 Des prix à l'importation sous tension, avec des épisodes de volatilité

Les prix unitaires moyens à l'importation ont progressé de manière quasi continue (+65,2 % sur la période). Toutefois, la volatilité varie fortement selon les partenaires :

Partenaire d'importation Coefficient de variation (quantité)
Norway 0,62
Liechtenstein 0,46
China 0,49
Serbia 0,48
United Kingdom 0,21
Canada 0,14

La Suisse (CV = 1,86) et la Russie (CV = 1,70), bien que ne figurant pas parmi les principaux partenaires d'importation, présentent une volatilité extrême, liée à des changements structurels (flux de réexportation helvétiques instables, effondrement des échanges avec la Russie).

Deux chocs de prix significatifs ont été détectés :

  • Thaïlande, 2022 : Hausse de prix de +20 % par rapport à la baseline (2020–2021), avec un indice d'anormalité de 151,4. Les volumes importés ont parallèlement augmenté de +30 %, ce qui est cohérent avec un effet de rattrapage de la demande post-Covid combiné à des tensions sur les coûts de production et de transport.

  • Royaume-Uni, 2020 : Hausse de prix de +31,2 %, probablement liée aux ajustements du Brexit et à la pandémie de Covid-19. Les volumes ont toutefois été préservés (+6 %), avant un recul significatif dès 2021 (−24 % par rapport à la baseline).

3.4 Des segments de produits différenciés

La ventilation des importations par sous-code tarifaire révèle que le segment dominant est le 23091011 (aliments contenant de l'amidon, de la fécule ou du glucose) :

Sous-code Libellé (abrégé) Import 2025 (M€) Part (%)
23091011 À base d'amidon/fécule/glucose 954 57,6
23091031 Amidon 10–30 %, sans produits laitiers 381 23,0
23091090 Sans amidon, sans produits laitiers 183 11,0
23091051 Amidon > 30 %, sans produits laitiers 133 8,0

Les prix unitaires du segment 23091070 (sans amidon, avec produits laitiers) et 23091019 (avec produits laitiers ≥ 75 %) ont connu des hausses spectaculaires (jusqu'à 19 069 €/t et 13 471 €/t respectivement en 2025), en dépit de volumes marginaux, probablement liés à des niches de produits haut de gamme.


Conclusion

Le marché européen des aliments pour chiens et chats conditionnés pour la vente au détail a connu une décennie 2015–2025 de croissance vigoureuse, avec un quasi-doublement de la valeur des échanges extérieurs et une expansion de près de 80 % de la production communautaire. L'UE s'est affirmée comme une puissance exportatrice majeure, avec un excédent commercial passé de 927 M€ à 2,365 Md€ et une propension à exporter portée à plus de 23 %.

Néanmoins, cette période est loin d'être homogène. La recomposition géographique des partenaires est frappante : la montée en puissance de la Chine et de la Thaïlande côté importations, l'explosion des exportations vers la Pologne, la Turquie et l'Ukraine, et le recul des flux vers la Russie reflètent autant des dynamiques de compétitivité industrielle que des réalités géopolitiques. La diversification des partenaires, attestée par la baisse des indices de HHI, constitue un facteur de résilience.

Enfin, la hausse généralisée des prix moyens — tant à l'exportation qu'à l'importation (+61 à +65 %) — et les épisodes de volatilité observés (chocs thaïlandais et britanniques) rappellent que ce secteur, bien que dynamique, reste exposé aux aléas des chaînes d'approvisionnement mondiales et aux tensions inflationnistes des matières premières alimentaires. L'accélération de la production européenne, en volume comme en valeur, pourrait constituer un amortisseur face à ces fragilités.

Généré le 2026-08-04. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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