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Évolution du marché : Aliments pour chiens et chats (CN 230910) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code douanier 230910 — Aliments pour chiens ou chats, conditionnés pour la vente au détail — sur la période 2015–2025. Ce produit, qui englobe un large éventail de sous-catégories définies selon la composition (présence d'amidon, de glucose, de produits laitiers, etc.), constitue un segment majeur de l'industrie européenne des aliments pour animaux de compagnie.

Sur la période étudiée, l'UE a considérablement renforcé sa position sur le marché mondial. Les exportations ont crû de 134,1 % en valeur (passant de 1,72 Md€ à 4,02 Md€), tandis que les importations ont augmenté de 109,3 % (de 791 M€ à 1,66 Md€). La production intérieure de l'UE a connu une expansion encore plus spectaculaire, avec une hausse de 228,3 % de sa valeur. Ces dynamiques traduisent à la fois une demande domestique en forte croissance et une capacité d'exportation de plus en plus affirmée, dans un contexte de hausse généralisée des prix unitaires.

Les trois sections qui suivent explorent successivement la trajectoire de croissance commerciale et le renforcement de l'autonomie de l'UE, la restructuration géographique des partenaires commerciaux, et enfin les dynamiques de prix et les chocs d'approvisionnement observés.

Vue d'ensemble du produit CN 230910


I. Une trajectoire de croissance soutenue portant l'UE vers un rôle de premier plan

L'Union européenne s'est imposée comme un exportateur net majeur

Sur la période 2015–2025, la balance commerciale de l'UE en matière d'aliments pour chiens et chats est structurellement excédentaire et cet excédent s'est considérablement creusé. Il est passé de 927 M€ en 2015 à 2,37 Md€ en 2025, soit une progression de 155,2 %.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (valeur) 1,72 Md€ 4,02 Md€ +134,1 %
Importations (valeur) 791 M€ 1,66 Md€ +109,3 %
Balance commerciale 927 M€ 2,37 Md€ +155,2 %

L'indicateur de dépendance nette aux importations est négatif tout au long de la période (de -6,5 % à -15,3 %), confirmant que l'UE exporte nettement plus qu'elle n'importе. La croissance des exportations (134,1 %) a nettement dépassé celle des importations (109,3 %), ce qui traduit un gain de compétitivité commerciale globale.

Indicateur de dépendance nette aux importations

Une production intérieure en expansion rapide

La production européenne d'aliments pour chiens et chats conditionnés pour la vente au détail a connu une croissance remarquable : la quantité produite est passée de 5,68 Mt à 10,12 Mt (+78,2 %), tandis que la valeur de production est passée de 5,03 Md€ à 16,50 Md€ (+228,3 %). L'écart entre la progression de la valeur (+228 %) et celle des quantités (+78 %) témoigne d'une forte valorisation des produits, liée à la montée en gamme du segment (produits premium, alimentation humide de qualité, formulations spécialisées).

Indicateur de production 2015 2025 Variation
Quantité produite 5,68 Mt 10,12 Mt +78,2 %
Valeur de production 5,03 Md€ 16,50 Md€ +228,3 %

Cette dynamique de production a permis à l'UE de financer simultanément la croissance de sa consommation intérieure et l'expansion de ses exportations vers des marchés tiers.

Évolution des volumes de production

L'intensité commerciale et la propension à l'exportation confirment l'ouverture du secteur

L'intensité commerciale (part du commerce extérieur dans la production totale) est passée de 18,6 % à 30,5 % (+63,9 %), tandis que la propension à exporter (exportations rapportées à la production) a augmenté de 13,0 % à 23,4 % (+80,6 %). Ces indicateurs montrent que le secteur européen des aliments pour animaux de compagnie est de plus en plus tourné vers l'export, avec un score de saillance de 107,2 pour la propension à exporter contre 83,4 pour l'intensité commerciale.

Indice d'intensité commerciale

Propension à l'exportation


II. Une restructuration géographique profonde des flux commerciaux

Le Royaume-Uni reste le partenaire dominant, mais son poids relatif décline

Le Royaume-Uni demeure de loin le premier partenaire commercial de l'UE pour les aliments pour chiens et chats, tant à l'export qu'à l'import. Les exportations vers le Royaume-Uni ont progressé de 735 M€ à 1,37 Md€ (+86,1 %), tandis que les importations en provenance du Royaume-Uni ont légèrement diminué de 310 M€ à 284 M€ (-8,4 %). Toutefois, l'indice de concentration HHI, tant pour les importations (de 2 236 à 1 596, soit -28,6 %) que pour les exportations (de 2 083 à 1 378, soit -33,8 %), indique une diversification significative des partenaires commerciaux de l'UE.

HHI (valeur) 2015 2025 Variation
Importations 2 236 1 596 -28,6 %
Exportations 2 083 1 378 -33,8 %

Cette baisse de concentration signifie que l'UE s'est tournée vers un nombre croissant de fournisseurs et de marchés de destination, réduisant ainsi sa dépendance vis-à-vis de tout partenaire unique.

Indice de concentration HHI

De nouveaux partenaires émergent fortement à l'import comme à l'export

L'une des évolutions les plus marquantes de la période est l'émergence de nouveaux partenaires majeurs :

À l'importation :

Partenaire 2015 2025 Variation
Chine 67 M€ 409 M€ +506,7 %
Thaïlande 133 M€ 336 M€ +153,0 %
Liechtenstein 12 M€ 202 M€ +1 572,3 %
Serbie 10 M€ 94 M€ +857,1 %
Canada 62 M€ 136 M€ +121,0 %

À l'exportation :

Partenaire 2015 2025 Variation
Pologne (reporter) 52 M€ 541 M€ +948,3 %
Turquie 29 M€ 195 M€ +584,9 %
Ukraine 41 M€ 233 M€ +471,1 %
Suisse 139 M€ 309 M€ +121,7 %
Norvège 100 M€ 196 M€ +96,1 %

La Chine est devenue le quatrième fournisseur de l'UE, avec une progression spectaculaire de 507 %, témoignant de l'intégration croissante des fabricants chinois dans les chaînes d'approvisionnement européennes. La Thaïlande, autre grand pays producteur d'aliments pour animaux, a également renforcé sa position. Du côté des exportations, la Pologne s'est imposée comme le quatrième exportateur de l'UE, avec une croissance de 948 %, et la Turquie est devenue un marché de destination en forte progression.

Principaux partenaires commerciaux par valeur

Les États membres affichent des trajectoires divergentes

Au sein de l'UE, les performances nationales sont très contrastées. Les pays les plus spécialisés dans l'exportation de ce produit, mesurés par l'indice RSCA, sont la Hongrie (0,478), la Pologne (0,402), la Lituanie (0,344), la Tchéquie (0,304) et la France (0,183). À l'inverse, Malte, le Luxembourg, la Roumanie, la Bulgarie et la Slovénie affichent une spécialisation très faible ou négative.

État membre RSCA Part de production Part du commerce total
Hongrie 0,478 7,6 % 2,7 %
Pologne 0,402 15,6 % 6,6 %
Lituanie 0,344 1,3 % 0,6 %
Tchéquie 0,304 9,0 % 4,8 %
France 0,183 11,3 % 7,8 %

La France reste le premier exportateur de l'UE (820 M€ en 2025, +73,5 %), suivie de l'Allemagne (553 M€, +148,9 %), des Pays-Bas (317 M€, +37,4 %) et de la Pologne (541 M€, +948,3 %). Du côté des importations, l'Allemagne est devenue le premier importateur (518 M€, +331 %), dépassant nettement l'Italie (197 M€) et les Pays-Bas (136 M€).

Spécialisation des États membres


III. Une hausse généralisée des prix ponctuée de chocs d'approvisionnement

Les prix unitaires ont connu une augmentation marquée sur toute la période

La hausse des prix unitaires constitue un phénomène transversal de la période 2015–2025. Le prix moyen à l'exportation est passé de 1 399 €/t à 2 257 €/t (+61,3 %), tandis que le prix moyen à l'importation a augmenté de 1 970 €/t à 3 255 €/t (+65,2 %). Les prix à l'importation sont systématiquement plus élevés que les prix à l'exportation, ce qui peut s'expliquer par la nature des produits importés (formulations plus spécialisées, segments premium, ou coûts de transport intégrés).

Indicateur de prix 2015 2025 Variation
Prix export moyen 1 399 €/t 2 257 €/t +61,3 %
Prix import moyen 1 970 €/t 3 255 €/t +65,2 %

Cette hausse des prix reflète à la fois l'inflation des coûts des matières premières (céréales, protéines animales, huiles), la montée en gamme des produits et l'impact de la crise énergétique de 2021–2022.

Des segments de niche affichent des prix très supérieurs à la moyenne

L'analyse par sous-catégorie CN révèle des écarts de prix considérables. Le segment 23091070 (aliments sans amidon/fécule ni glucose, mais contenant des produits laitiers) a vu son prix d'importation passer de 1 966 €/t à 12 523 €/t, tandis que le segment 23091019 (contenant des produits laitiers à ≥ 75 %) est passé de 1 873 €/t à 13 471 €/t. À l'exportation, ces segments restent beaucoup moins chers (1 496 €/t et 2 334 €/t respectivement en 2025), ce qui suggère que l'UE importe des produits très spécialisés à forte valeur ajoutée tout en exportant des volumes importants de formulations standard.

Sous-catégorie CN Prix import 2025 (€/t) Prix export 2025 (€/t) Écart
23091011 (amidon/fécule) 3 545 2 147 x1,7
23091031 (amidon 10-30 %) 3 203 2 432 x1,3
23091090 (sans amidon ni lait) 2 682 2 310 x1,2
23091070 (avec produits laitiers) 12 523 1 496 x8,4
23091019 (lait ≥ 75 %) 13 471 2 334 x5,8

Le segment 23091011 (contenant de l'amidon ou de la fécule) demeure le plus important par volume, tant à l'import (269 085 t) qu'à l'export (731 558 t), confirmant qu'il s'agit de l'alimentation « standard » pour chiens et chats.

Comparaison des segments de produits

Des chocs d'approvisionnement ciblés et une volatilité inégale selon les partenaires

L'analyse de la volatilité des flux commerciaux révèle des profils très différents selon les partenaires. Les échanges avec la Suisse (CV de 1,86 à l'import), la Russie (CV de 1,70 à l'import) et la Turquie (CV de 1,08 à l'import) se distinguent par une forte instabilité. À l'inverse, les flux avec le Royaume-Uni, le Japon et la Norvège présentent une volatilité relativement faible (CV < 0,21).

Deux chocs majeurs ont été identifiés :

Choc Type Partenaire Année Anomalie Part de valeur
Prix à l'import Prix Thaïlande 2022 151,4 19,5 %
Prix à l'import Prix Royaume-Uni 2020 6,2 30,4 %

Le choc thaïlandais de 2022, avec une anomalie de prix de 151,4 points, correspond à la période de forte inflation post-Covid et de crise énergétique, qui a particulièrement affecté les coûts de production et de transport en Asie du Sud-Est. Le choc britannique de 2020, plus modéré, pourrait refléter les perturbations logistiques liées à la transition post-Brexit.

Indicateurs de volatilité par partenaire

Événements de choc d'approvisionnement


Conclusion

La période 2015–2025 a été marquée par une transformation profonde du marché européen des aliments pour chiens et chats. L'Union européenne a consolidé et renforcé sa position d'exportateur net, avec un excédent commercial porté à 2,37 Md€, sous l'effet combiné d'une production intérieure en forte expansion (+78 % en volume, +228 % en valeur) et d'une propension à l'exportation en hausse constante.

Trois dynamiques principales se dégagent de cette analyse. Premièrement, la croissance généralisée des volumes et des valeurs, tirée par la démocratisation de l'animal de compagnie en Europe et la montée en gamme des produits. Deuxièmement, la diversification géographique des échanges, avec l'émergence de nouveaux partenaires (Chine, Thaïlande, Turquie, Pologne) qui réduisent la concentration sur le Royaume-Uni historique. Troisièmement, une hausse structurelle des prix qui reflète à la fois l'inflation des intrants et la sophistication croissante des produits.

Cependant, des signaux de fragilité persistent : la volatilité élevée des échanges avec certains partenaires, les chocs de prix observés en 2020 et 2022, et l'émergence de dépendances nouvelles vis-à-vis de fournisseurs asiatiques soulèvent des questions sur la résilience des chaînes d'approvisionnement dans un contexte géopolitique incertain.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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