Évolution du marché : Aliments pour chiens et chats (CN 23091011) — 2015–2025
Introduction
Le code douanier 23091011 couvre les préparations alimentaires pour chiens et chats conditionnées pour la vente au détail, contenant de l'amidon, de la fécule, du glucose, de la maltodextrine ou leurs sirops. Ce segment s'inscrit dans le chapitre 23 (résidus et déchets des industries alimentaires ; aliments préparés pour animaux) et correspond au code Prodcom 10.92.10.30.
Sur la période 2015–2025, l'Union européenne a connu une transformation profonde de ses échanges commerciaux dans ce secteur. La valeur des exportations a été multipliée par près de 2,8, tandis que la balance commerciale s'est considérablement renforcée, passant de 150 à 617 millions d'euros. Ce rapport analyse les grandes dynamiques observées, en s'appuyant exclusivement sur les données fournies.
Vue d'ensemble du produit sur le Trade Dashboard
Une croissance vigoureuse alimentée par la montée en gamme des prix
La valeur des exportations a triplé, portée par un double moteur de volume et de prix
Entre 2015 et 2025, les exportations de l'UE vers les pays tiers ont connu une progression spectaculaire. La valeur est passée de 563 millions d'euros à 1,57 milliard d'euros, soit une hausse de 178,8 %. Cette croissance résulte de la combinaison de deux facteurs : une augmentation des volumes exportés de 77,7 % (de 411 571 à 731 558 tonnes) et une hausse des prix unitaires de 56,9 % (de 1 369 à 2 147 €/t).
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Valeur exportations (M€) | 563,3 | 1 570,7 | +178,8 |
| Volume exportations (kt) | 411,6 | 731,6 | +77,7 |
| Prix moyen export (€/t) | 1 369 | 2 147 | +56,9 |
Données commerciales générales
Les importations ont crû plus modérément en volume, mais avec une inflation des prix plus marquée
Du côté des importations, la dynamique est différente. La valeur a augmenté de 130,7 % (de 414 à 954 M€), mais le volume n'a progressé que de 27,2 % (de 212 à 269 kt). En revanche, le prix moyen des importations a bondi de 81,4 % (de 1 954 à 3 545 €/t), ce qui est nettement supérieur à la hausse des prix à l'exportation. Cet écart de prix — l'unité importée coûte 65 % de plus que l'unité exportée en 2025 — suggère que l'UE importe des produits à plus forte valeur ajoutée ou qu'elle subit une pression inflationniste plus forte sur ses approvisionnements extérieurs.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Valeur importations (M€) | 413,6 | 953,9 | +130,7 |
| Volume importations (kt) | 211,6 | 269,1 | +27,2 |
| Prix moyen import (€/t) | 1 954 | 3 545 | +81,4 |
L'UE s'est affirmée comme exportateur net, avec un excédent en forte expansion
La balance commerciale s'est considérablement améliorée, passant de 150 millions d'euros en 2015 à 617 millions en 2025 (+311,9 %). Le ratio de dépendance aux importations nets est passé de -6,5 % à -15,3 % (les valeurs négatives indiquant un statut d'exportateur net), confirmant que l'UE a renforcé son positionnement de fournisseur vers le reste du monde. Ce renforcement s'explique par la croissance des volumes exportés (77,7 %) nettement supérieure à celle des volumes importés (27,2 %).
Indicateur de dépendance aux importations
Une restructuration géographique profonde des flux commerciaux
L'Asie du Sud-Est et la Chine sont devenus des fournisseurs majeurs de l'UE
Les partenaires d'approvisionnement de l'UE ont subi une transformation radicale. La Thaïlande est devenue le premier fournisseur en valeur (325 M€ en 2025, contre 119 M€ en 2015, soit +173,8 %), tandis que la Chine a connu une progression encore plus spectaculaire (de 30 à 294 M€, soit +891,6 %). Ces deux pays asiatiques ont capté une part croissante du marché importateur européen, probablement grâce à des coûts de production compétitifs et une capacité industrielle croissante dans l'alimentation animale.
| Fournisseur (imports) | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Liechtenstein | 11,4 | 202,0 | +1 672,2 |
| Thaïlande | 118,7 | 324,9 | +173,8 |
| Chine | 29,6 | 293,6 | +891,6 |
| Royaume-Uni | 112,9 | 38,5 | -65,9 |
| Suisse | 111,4 | 8,7 | -92,2 |
| Russie | 4,4 | 0,0 | -100,0 |
Le Liechtenstein : une trajectoire atypique qui mérite attention
Le cas du Liechtenstein est remarquable : ses exportations vers l'UE sont passées de 11 à 202 M€ (+1 672 %), avec un pic à 239 M€. Cette progression, pour un micro-État de 39 000 habitants, s'explique vraisemblablement par la localisation d'entreprises de l'industrie pet food sur son territoire (notamment lié au tissu industriel du Liechtenstein et de la région alémanique) ou par un effet de réexportation. Ce partenaire cumule un coefficient de volatilité élevé (0,48), ce qui indique des fluctuations significatives d'une année à l'autre.
Le Brexit a provoqué une chute des importations depuis le Royaume-Uni
Le Royaume-Uni, qui était le deuxième fournisseur de l'UE en 2015 avec 113 M€, n'en représente plus que 39 M€ en 2025 (-65,9 %). Ce déclin, amorcé autour de 2020, coïncide avec la sortie effective du Royaume-Uni du marché unique européen et l'introduction de barrières douanières et réglementaires. Paradoxalement, les exportations de l'UE vers le Royaume-Uni ont doublé sur la même période (de 354 à 709 M€), ce qui suggère que le Royaume-Uni reste un marché de destination crucial pour les producteurs européens, tandis que la réciproque s'est réduite.
La Pologne est devenue le principal moteur de la croissance exportatrice de l'UE
Sur le plan des exportations intra-UE, la transformation la plus marquante concerne la Pologne. Les exportations polonaises ont bondi de 8,5 à 346 M€ (+3 948 %), faisant du pays le deuxième exportateur de l'UE devant l'Allemagne et juste derrière la France (245 M€). L'Italie a également connu une progression remarquable (+427 %), passant de 25 à 133 M€.
| Exportateur UE | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| France | 140,2 | 245,2 | +74,8 |
| Pologne | 8,5 | 345,6 | +3 948,0 |
| Allemagne | 52,5 | 172,9 | +229,3 |
| Irlande | 94,6 | 120,2 | +27,0 |
| Italie | 25,2 | 132,6 | +426,8 |
| Belgique | 42,4 | 102,2 | +141,2 |
| Autriche | 36,7 | 106,4 | +190,1 |
Principaux exportateurs de l'UE
L'Allemagne est devenue de loin le premier importateur au sein de l'UE
Du côté des importations intra-UE, l'Allemagne a connu une progression fulgurante (+730 %, de 53 à 440 M€), devenant le premier importateur devant l'Italie (161 M€). Cette dynamique reflète la croissance du marché allemand de l'alimentation animale de compagnie, l'un des plus importants d'Europe. L'Autriche, en revanche, a vu ses importations reculer de 63 %, passant de 108 à 40 M€.
Principaux importateurs de l'UE
Un secteur en expansion structurelle, marqué par des vulnérabilités ponctuelles
La production européenne a presque doublé en volume et triplé en valeur
La production intra-UE d'aliments pour chiens et chats a connu une croissance remarquable. En volume, elle est passée de 5,68 milliards de kilogrammes en 2015 à 10,12 milliards en 2025 (+78,2 %). En valeur, la progression est encore plus nette : de 5,03 à 16,5 milliards d'euros (+228,3 %). L'écart entre la croissance en volume et en valeur (78 % contre 228 %) confirme la tendance à la montée en gamme et à l'augmentation des prix unitaires observée dans les échanges commerciaux.
| Indicateur de production | 2015 | 2025 | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Volume (Gkg) | 5,68 | 10,12 | +78,2 |
| Valeur (Mds €) | 5,03 | 16,5 | +228,3 |
La Hongrie, la Pologne et la Lituanie affichent les plus fortes spécialisations à l'exportation
L'analyse des avantages comparatifs révèle que certains États membres se sont fortement spécialisés dans ce segment. La Hongrie affiche le plus haut indice RSCA (0,60), suivi de la Lituanie (0,52) et de la Pologne (0,44). Ces pays concentrent une part disproportionnée de leur production vers l'exportation. La France (RSCA = 0,28) et l'Autriche (0,20) présentent également une spécialisation significative. À l'opposé, la Bulgarie, le Luxembourg, Malte, le Portugal et la Slovénie présentent des indices RSCA très négatifs, indiquant qu'ils sont fortement déficitaires sur ce segment.
Le marché est devenu plus diversifié à l'exportation mais légèrement plus concentré à l'importation
L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des exportations a baissé de 4 142 à 2 259 (-45,5 %), ce qui traduit une diversification significative des destinations d'exportation de l'UE. Le marché exportateur est ainsi passé d'une concentration élevée (dominée par le Royaume-Uni) à une configuration plus équilibrée. À l'inverse, l'HHI des importations a légèrement augmenté (de 2 369 à 2 588, soit +9,2 %), suggérant une concentration accrue des sources d'approvisionnement autour de quelques fournisseurs clés (Thaïlande, Chine, Liechtenstein).
Un choc de prix significatif a été détecté sur les importations en provenance de Thaïlande en 2022
L'analyse de volatilité a révélé un événement de choc sur les importations thaïlandaises en 2022, avec un indice d'anormalité de 55,2 et une hausse de prix de 20,1 %. Ce choc a représenté 32,5 % de la valeur totale des importations cette année-là. Il s'inscrit dans le contexte post-pandémique de perturbations des chaînes d'approvisionnement et de hausse des coûts de transport maritime, la Thaïlande étant un fournisseur majeur situé à longue distance. Le coefficient de volatilité des importations en provenance de Thaïlande (0,34) confirme une certaine instabilité des flux.
| Choc détecté | Partenaire | Type | Année | Anormalité | Hausse de prix | Part de valeur |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Prix | Thaïlande | Import | 2022 | 55,2 | +20,1 % | 32,5 % |
L'intensité commerciale et la propension à l'exporter ont fortement augmenté, révélant une ouverture croissante du secteur
Deux indicateurs synthétiques confirment l'ancrage international du secteur. L'intensité commerciale (ratio échanges/production) est passée de 18,6 % à 30,5 % (+63,9 %), tandis que la propension à l'exporter (ratio exportations/production) a progressé de 13,0 % à 23,4 % (+80,6 %). L'UE produit désormais une part plus importante de sa production pour les marchés extérieurs, ce qui reflète la compétitivité croissante de l'industrie européenne du pet food sur les marchés mondiaux.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Intensité commerciale (%) | 18,6 | 30,5 | +63,9 |
| Propension à exporter (%) | 13,0 | 23,4 | +80,6 |
Intensité commerciale | Propension à exporter
Conclusion
Sur la période 2015–2025, le marché européen des aliments pour chiens et chats (CN 23091011) a connu une dynamique de croissance remarquable, portée par la conjonction d'une hausse des volumes et d'une appréciation significative des prix. L'UE s'est affirmée comme un exportateur net de premier plan, avec un excédent commercial multiplié par quatre et un ancrage international renforcé.
Trois transformations structurelles méritent d'être soulignées. Premièrement, la géographie des échanges s'est profondément réorganisée : l'Asie (Thaïlande, Chine) est devenue une source d'approvisionnement majeure, tandis que le Royaume-Uni et la Suisse ont perdu du terrain à la suite du Brexit et de la réorientation des flux. Deuxièmement, la Pologne est apparue comme le principal moteur de la croissance exportatrice européenne, dépassant l'Allemagne et se rapprochant de la France. Troisièmement, la production intra-UE a presque doublé en volume, avec une montée en gamme prononcée.
Les risques identifiés restent limités mais non négligeables : la concentration des importations autour de quelques fournisseurs asiatiques, la volatilité des prix sur certaines origines et les chocs de prix observés en 2022 sur les importations thaïlandaises appellent à une vigilance accrue sur la diversification des approvisionnements. Le renforcement continu de la propension à exporter de l'UE laisse néanmoins entrevoir un secteur bien positionné pour absorber les fluctuations du marché mondial.