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Évolution du marché : Tubes et tuyaux de cuvelage ou de production sans soudure, en fer (à l'excl. de la fonte) ou en acier, des types utilisés pour l'extraction du pétrole ou du gaz (CN 730429) — 2015–2025

Introduction

Le code CN 730429 désigne les tubes et tuyaux de cuvelage ou de production sans soudure, en fer ou acier, utilisés pour l'extraction du pétrole ou du gaz. Il s'agit d'un produit stratégiquement lié à l'industrie pétrolière et gazière, dont la demande dépend étroitement des niveaux d'investissement dans l'exploration et la production (E&P). Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour ce produit sur la période 2015–2025, en s'appuyant sur les données du tableau de bord du commerce.

Sur l'ensemble de la période, l'UE demeure un exportateur net, mais son excédent commercial se réduit fortement. Les exportations en valeur passent de 977 M€ à 762 M€ (−22,1 %), tandis que les importations progressent de 126 M€ à 154 M€ (+22,6 %), ramenant le solde de 852 M€ à 608 M€ (−28,7 %). L'analyse qui suit décompose cette trajectoire en trois grandes dynamiques.


1. Un excédent commercial en érosion sous l'effet de la contraction des exportations et de l'essor des importations

Les exportations de l'UE se contractent en volume et en valeur

Les exportations de l'UE vers les pays tiers ont suivi une trajectoire baissière sur la période, passant de 977 M€ et 523 146 tonnes en 2015 à 762 M€ et 428 969 tonnes en 2025, soit des reculs respectifs de 22,1 % et 18,0 %. Cette contraction n'est pas linéaire : le marché connaît un creux notable en 2016 (650 M€, 419 824 t), suivi d'une reprise marquée en 2018 (1 002 M€, 728 737 t), puis un nouveau creux profond en 2020–2021 (autour de 647 M€ et 387 000–423 000 t) sous l'impact de la pandémie de COVID-19 et de l'effondrement des cours du pétrole. Une forte reprise apparaît ensuite en 2022–2023 (jusqu'à 1 400 M€ en 2023), avant un nouveau repli en 2024–2025.

Année Exportations valeur (M€) Exportations quantité (t) Prix moyen export (€/t)
2015 977 523 146 1 868
2016 650 419 824 1 549
2017 832 663 152 1 255
2018 1 002 728 737 1 376
2019 923 613 301 1 505
2020 648 387 501 1 672
2021 647 422 539 1 532
2022 1 309 599 528 2 183
2023 1 400 536 282 2 611
2024 1 028 477 061 2 155
2025 762 428 969 1 776

Source : Aperçu général du commerce

Le prix moyen à l'exportation a connu une hausse spectaculaire : de 1 255 €/t en 2017 à 2 611 €/t en 2023 (maximum de la période), avant de refluer à 1 776 €/t en 2025. Cette dynamique de prix suggère que la baisse des volumes exportés a été partiellement compensée par un effet prix, probablement lié à la remontée des coûts de l'acier et à la pression sur les délais de livraison dans le contexte post-COVID et de la crise énergétique de 2022.

Les importations progressent, portées par la hausse des prix

Les importations de l'UE ont suivi une trajectoire opposée à celle des exportations : après une phase de déclin de 2015 à 2021 (de 126 M€ à 42 M€), elles rebondissent fortement à 192 M€ en 2023 et 204 M€ en 2024, avant de se stabiliser à 154 M€ en 2025. En volume, les importations restent relativement stables (74 646 t en 2025 contre 75 280 t en 2015, variation de −0,8 %), ce qui signifie que la hausse en valeur est presque intégralement portée par le prix. Le prix moyen à l'importation progresse de 1 670 €/t en 2015 à 2 064 €/t en 2025 (+23,6 %), avec un sommet à 2 064 €/t en 2025, le plus élevé de toute la période.

Un déséquèment commercial qui reflète le déclin relatif de la production européenne

La dépendance nette aux importations reste fortement négative (−166 % en 2025 contre −12 000 % en 2015, valeur aberrante liée à un point de données), ce qui confirme que l'UE demeure structurellement exportatrice nette. Cependant, la propension à exporter chute de 171 % en 2008 à 83 % en 2025 (−51,7 %), signe que la production européenne est de moins en moins tournée vers l'exportation. Parallèlement, la production de l'UE passe de 576 millions de tonnes en 2015 à 539 millions de tonnes en 2024 (environ 965 M€ en 2012 à 1 269 M€ en 2024), ce qui illustre une production qui se maintient en valeur grâce à la hausse des prix mais décline en volume.


2. Une réorientation géographique profonde des flux commerciaux

Le reflux des partenaires historiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Les partenaires d'exportation traditionnels de l'UE ont connu des déclins significatifs sur la période. L'Algérie, premier partenaire en 2015 avec 103 M€, s'effondre à 12 M€ en 2025 (−88,7 %). L'Arabie saoudite passe de 42 M€ à 18 M€ (−57,1 %), les Émirats arabes unis de 57 M€ à 25 M€ (−56,9 %), et l'Égypte de 37 M€ à 18 M€ (−51,6 %). Ce reflux s'explique par la volatilité des programmes d'investissement E&P dans ces pays, fortement dépendants des cycles pétroliers.

Les exportations vers l'Arabie saoudite illustrent particulièrement bien cette volatilité, avec un pic à 179 M€ en 2024 suivi d'un effondrement à 18 M€ en 2025, un coefficient de variation de 0,87 et un choc de prix détecté en 2021 (anormalité de 34,2, décalage prix de +78,8 %).

Le renforcement du pôle nord-américain et l'émergence du Koweït

En contrepartie, les États-Unis demeurent le premier partenaire d'exportation de l'UE sur toute la période, avec une valeur relativement stable autour de 330–342 M€ entre 2015 et 2025 (+3,6 %). Le Canada progresse nettement de 46 M€ à 72 M€ (+58,1 %), confirmant le dynamisme de l'investissement pétrolier nord-américain, notamment dans les sables bitumineux et le schiste.

Le Koweït émerge comme un partenaire de plus en plus important, passant de 13 M€ en 2015 à 103 M€ en 2025 (+708 %), ce qui en fait le troisième partenaire d'exportation de l'UE en 2025. Cette progression reflète les programmes massifs d'investissement dans la capacité de production koweïtienne.

Partenaire d'exportation 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
États-Unis 330 342 +3,6
Canada 46 72 +58,1
Koweït 13 103 +708,1
Arabie saoudite 42 18 −57,1
Algérie 103 12 −88,7
Égypte 37 18 −51,6
Émirats arabes unis 57 25 −56,9

Source : Partenaires principaux par valeur

L'Amérique latine et la Chine au cœur de la recomposition des importations

Du côté des importations, la transformation est tout aussi frappante. Le Brésil passe de 6 M€ en 2015 à 55 M€ en 2025 (+757 %), devenant le premier fournisseur de l'UE. La Chine progresse de 2 M€ à 22 M€ (+1 187 %), reflétant la montée en puissance de la sidérurgie chinoise sur ce segment de marché. Le Mexique demeure un fournisseur important (41 M€ en 2025, +13,6 %).

À l'inverse, les importations en provenance des États-Unis chutent de 14 M€ à 3 M€ (−81,4 %), celles d'Argentine de 20 M€ à 6 M€ (−69,5 %), et du Japon de 15 M€ à 8 M€ (−44,7 %). La France se distingue comme un importateur de plus en plus actif, passant de 9 M€ à 55 M€ (+503 %), ce qui peut refléter des besoins spécifiques liés à l'exploitation offshore.

Une concentration géographique croissante des deux côtés

L'indice de concentration HHI progresse significativement tant pour les importations (de 1 488 à 2 282, +53 %) que pour les exportations (de 1 485 à 2 432, +64 %). Cela signifie que les flux commerciaux se concentrent sur un nombre réduit de partenaires, augmentant la vulnérabilité de l'UE aux chocs idiosyncratiques de ces marchés. Le pic d'HHI des exportations à 3 118 en 2022 coïncide avec la forte concentration des ventes vers les États-Unis cette année-là (697 M€, soit plus de 53 % des exportations totales).


3. Volatilité, chocs et restructuration industrielle

Des chocs de prix récurrents sur les principaux partenaires

L'analyse de la volatilité révèle des niveaux de variabilité élevés sur les principaux partenaires commerciaux. Les coefficients de variation (CV) les plus élevés à l'importation concernent les Émirats arabes unis (CV = 1,09), la Chine (1,05), les États-Unis (1,06) et le Brésil (0,93), indiquant des flux extrêmement irréguliers.

Plusieurs chocs significatifs ont été détectés :

Événement Type Flux Partenaire Année Anormalité Décalage prix
Choc majeur Prix Export Arabie saoudite 2021 34,2 +78,8 %
Choc majeur Prix Import États-Unis 2017 26,5 +513,8 %
Choc Prix Export Koweït 2023 16,2 +78,5 %
Choc Prix Export Algérie 2020 14,3 +84,7 %

Source : Chocs détectés

Le choc le plus spectaculaire est celui observé sur les importations en provenance des États-Unis en 2017, avec un décalage de prix de +514 % (passant de 981 €/t à 6 022 €/t) alors que le volume s'effondrait de 9 221 t à 2 415 t. Ce phénomène pourrait refléter un changement de structure des échanges ou l'arrivée de lots spécifiques à forte valeur ajoutée.

Un tissu industriel européen en reconfiguration

La carte de spécialisation pour 2025 révèle une concentration remarquable de la production au sein de l'UE. La Roumanie se distingue avec un RSCA de 0,87 et un RCA de 14,45, ce qui en fait le pays le plus spécialisé de l'UE dans ce segment, avec 24 % de la production européenne pour seulement 1,7 % du commerce intra-UE. L'Italie (RSCA 0,55, RCA 3,43) et l'Autriche (RSCA 0,53, RCA 3,22) complètent le trio des spécialistes, suivis de la Slovaquie (RSCA 0,22) et de la Tchéquie (RSCA 0,03).

À l'inverse, la Finlande (RSCA −1,00), la Hongrie (RSCA −1,00), la Suède (RSCA −0,99), la Slovénie (RSCA −0,99) et le Luxembourg (RSCA −0,98) sont quasiment absents de ce secteur.

Restructuration des principaux États membres exportateurs

Au sein de l'UE, la répartition des exportations s'est profondément modifiée. L'Autriche et l'Italie renforcent leur position :

État membre 2015 (M€) 2025 (M€) Variation (%)
Autriche 227 288 +27,0
Italie 123 236 +92,1
Espagne 48 77 +61,8
France 237 37 −84,4
Allemagne 157 18 −88,3
Roumanie 93 60 −35,3
Pays-Bas 34 16 −53,8

Source : États membres principaux par valeur

La chute des exportations françaises (−84,4 %) et allemandes (−88,3 %) est spectaculaire et contraste avec la progression de l'Italie (+92,1 %) et de l'Espagne (+62 %). Cela suggère un déplacement de la capacité de production vers l'Europe du Sud et centrale, possiblement lié aux décisions d'investissement des grands sidérurgistes (notamment Tenaris, dont les usines italiennes et roumaines sont historiquement spécialisées dans ce segment) et à la perte de compétitivité des sites français et allemands face aux coûts énergétiques élevés.

Évolution des segments par diamètre

La ventilation par sous-code révèle que les tubes de diamètre moyen (73042930, Ø > 168,3 mm mais ≤ 406,4 mm) dominent les importations (59 269 t en 2025, soit 79 % du volume importé), tandis que les tubes de petit diamètre (73042910, Ø ≤ 168,3 mm) dominent les exportations (273 356 t en 2025, soit 64 % du volume exporté). Ce déséquilibre suggère que l'UE est plus compétitive sur les tubes de petit et moyen diamètre à l'export, mais dépend de fournisseurs extérieurs pour les tubes de grand diamètre (73042990, Ø > 406,4 mm), dont les prix à l'importation sont structurellement plus élevés (2 394 €/t en 2025 contre 1 764 €/t pour le petit diamètre).


Conclusion

Le marché européen des tubes de cuvelage et de production sans soudure (CN 730429) traverse une décennie de transformations profondes entre 2015 et 2025. Trois tendances majeures se dégagent :

  1. L'érosion de l'avantage compétitif européen à l'exportation, avec un excédent commercial en repli de 28,7 % et une propension à exporter divisée par deux, reflétant une production qui se maintient en valeur mais décline en volume.

  2. Une réorientation géographique majeure, avec le déclin des partenaires méditerranéens et moyen-orientaux traditionnels (Algérie, Arabie saoudite, Émirats), le renforcement du pôle nord-américain, l'émergence du Koweït et l'essor des fournisseurs brésiliens et chinois à l'importation.

  3. Une concentration et une volatilité croissantes, qui accroissent la vulnérabilité de l'UE aux chocs sur un nombre réduit de partenaires commerciaux, dans un contexte de cycles d'investissement E&P de plus en plus erratiques.

La restructuration industrielle au sein de l'UE — avec le déclin des exportations françaises et allemandes au profit de l'Autriche, de l'Italie et de l'Espagne — témoigne d'un réalignement géographique de la production qui mérite une attention particulière dans une perspective de politique industrielle européenne.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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