Évolution du marché : Sucres de canne ou de betterave et saccharose chimiquement pur, à l'état solide (à l'excl. des sucres bruts et des sucres de canne ou de betterave additionnés d'aromatisants ou de colorants) (CN 170199) — 2015–2025
Introduction
Le code NC 170199 couvre les sucres raffinés à l'état solide, à l'exclusion des sucres bruts et des sucres aromatisés ou colorés. Il se décompose en deux sous-positions : le 17019910 (sucre blanc contenant ≥ 99,5 % de saccharose, en poids polarimétrique) et le 17019990 (autres sucres raffinés, incluant des sucres de qualité spécialisée ou pharmaceutique, à prix unitaire plus élevé). Cette position tarifaire représente le cœur du commerce sucrier de l'Union européenne avec le reste du monde.
La période 2015–2025 se caractérise par une succession de chocs structurels et conjoncturels qui ont profondément remodelé les flux commerciaux de l'UE : la fin des quotas sucriers en octobre 2017, la pandémie de Covid-19 en 2020, l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 et la flambée des cours mondiaux du sucre en 2022–2023. Ce rapport analyse les principales dynamiques observées sur la base des données commerciales annuelles de 2015 à 2025.
En synthèse, l'Union européenne est restée exportatrice nette sur l'essentiel de la période, mais a connu une brève inversion de son solde commercial en 2022–2023, avant un retournement spectaculaire en 2024. Les prix unitaires ont connu une hausse historique, et la géographie des partenaires commerciaux a été profondément reconfigurée, en particulier sous l'effet de la montée en puissance des importations en provenance d'Ukraine.
1. Un cycle commercial en trois phases : euphorie, déclin et crise
1.1. De l'excédent record de 2018 au déficit inédit de 2023
Le commerce extérieur de l'UE en sucres raffinés (CN 170199) a décrit un arc en trois temps distincts sur la période étudiée :
Phase 1 — Expansion (2015–2018) : les exportations progressent de 756 M€ à 1 250 M€ (+65 %), portées par une forte production intérieure après la réforme des quotas. Le solde commercial atteint un pic de +903 M€ en 2018.
Phase 2 — Contraction (2019–2021) : les exportations s'effondrent à 497 M€ en 2020 (–60 % par rapport au pic), victimes de la surproduction mondiale, de la chute des cours et de la pandémie. Le solde se réduit à +56 M€ en 2020.
Phase 3 — Crise et retournement (2022–2025) : en 2022 et surtout 2023, l'UE devient importatrice nette de sucres raffinés (solde de –60 M€ puis –392 M€), avant un rebond exceptionnel en 2024 avec un excédent record de +728 M€.
| Année | Exportations (M€) | Importations (M€) | Solde (M€) |
|---|---|---|---|
| 2015 | 756,2 | 435,5 | +320,6 |
| 2016 | 833,2 | 614,7 | +218,5 |
| 2017 | 1 120,8 | 571,8 | +549,0 |
| 2018 | 1 250,1 | 347,2 | +902,9 |
| 2019 | 624,7 | 435,1 | +189,6 |
| 2020 | 497,2 | 441,4 | +55,8 |
| 2021 | 535,3 | 378,2 | +157,1 |
| 2022 | 568,8 | 629,0 | –60,2 |
| 2023 | 684,5 | 1 076,5 | –392,0 |
| 2024 | 1 359,5 | 631,4 | +728,1 |
| 2025 | 993,7 | 411,4 | +582,3 |
Source : Évolution des échanges
1.2. L'effet prix : une hausse des cours mondiaux qui compense le recul des volumes
Si la valeur des échanges a connu de fortes variations, les quantités échangées ont évolué de manière plus contrastée. Les exportations en volume sont passées de 1 798 kt en 2015 à 1 845 kt en 2025 (+2,6 %), avec un minimum de 881 kt en 2023. Les importations ont diminué de 917 kt à 654 kt (–28,7 % sur la période), malgré un pic exceptionnel de 1 323 kt en 2023.
La dynamique des prix révèle l'impact majeur de la hausse des cours mondiaux du sucre :
| Période | Prix export. (€/t) | Prix import. (€/t) |
|---|---|---|
| 2015 | 421 | 475 |
| 2018 | 342 | 464 |
| 2020 | 396 | 520 |
| 2022 | 570 | 876 |
| 2023 | 777 | 813 |
| 2024 | 653 | 743 |
| 2025 | 539 | 629 |
Les prix unitaires des importations ont quasiment doublé entre 2020 (520 €/t) et 2022 (876 €/t), avant de refluer progressivement. Les prix à l'exportation ont atteint leur maximum un an plus tard, en 2023 (777 €/t), ce qui suggère un décalage temporel dans la transmission des hausses de cours mondiaux vers les prix exportateurs européens. Ce décalage pourrait s'expliquer par la structure des contrats commerciaux et par le fait que les prix à l'importation ont été amplifiés par les surcoûts logistiques liés au conflit ukrainien.
Source : Vue d'ensemble des échanges
1.3. Le sucre blanc (17019910), pilier dominant des échanges
La décomposition par sous-position confirme la prépondérance absolue du sucre blanc (NC 17019910) dans les flux commerciaux :
| Segment | Part des import. (vol. 2025) | Part des export. (vol. 2025) | Prix import. (€/t) | Prix export. (€/t) |
|---|---|---|---|---|
| 17019910 (sucre blanc ≥ 99,5 %) | 95,8 % | 99,3 % | 605 | 534 |
| 17019990 (autres sucres raffinés) | 4,2 % | 0,7 % | 1 174 | 1 313 |
Le segment 17019990, qui regroupe des sucres de qualité supérieure (pharmaceutique, industrielle spécialisée), affiche des prix unitaires plus de deux fois supérieurs à ceux du sucre blanc standard, mais ne représente qu'une fraction marginale des volumes. En 2025, les importations de sucre blanc s'élevaient à 379 M€ (626 kt) et les exportations à 978 M€ (1 833 kt). L'UE reste ainsi un exportateur net de sucre blanc par un facteur de près de 3 en volume.
Source : Comparaison par segment de produit
2. Chocs exogènes et reconfiguration géographique des partenaires
2.1. L'Ukraine : de fournier marginal à premier partenaire d'importation
La transformation la plus spectaculaire de la période concerne les importations en provenance d'Ukraine. En 2015, l'UE importait seulement 8,0 M€ de sucre raffiné ukrainien, soit 1,8 % du total des importations. En 2023, ce montant atteignait 389,4 M€, soit 36,2 % du total — une multiplication par près de 49 en valeur.
| Année | Import. d'Ukraine (M€) | Part dans les import. totales | Quantité (kt) |
|---|---|---|---|
| 2015 | 8,0 | 1,8 % | 20 |
| 2019 | 9,3 | 2,1 % | 27 |
| 2021 | 6,3 | 1,7 % | 15 |
| 2022 | 211,4 | 33,6 % | 147 |
| 2023 | 389,4 | 36,2 % | 484 |
| 2024 | 214,6 | 34,0 % | 329 |
| 2025 | 78,7 | 19,1 % | 147 |
Source : Principaux partenaires d'importation
Cette explosion s'explique principalement par les mesures commerciales autonomes prises par l'UE à partir de juin 2022 pour soutenir l'économie ukrainienne face à l'agression russe : suspension des droits de douane et des contingents tarifaires sur les importations ukrainiennes. L'Ukraine, producteur sucrier majeur disposant de capacités excédentaires, a ainsi pu accéder librement au marché européen.
Cet afflux a eu un impact direct sur le taux de dépendance aux importations nettes de l'UE : celui-ci est passé de –2,7 % en 2021 (excédent) à +0,7 % en 2022 puis +3,3 % en 2023, marquant les premières années d'importation nette de la période. En 2024, le reflux des importations ukrainiennes (215 M€) et le rebond des exportations européennes ont permis un retour en zone excédentaire (–7,2 %).
2.2. Une série de chocs de prix concentrés en 2022
L'analyse des chocs de prix détectés sur la période révèle une concentration exceptionnelle d'événements autour de 2022 :
| Partenaire | Flux | Année du choc | Hausse de prix | Indice d'anomalie |
|---|---|---|---|---|
| Brésil | Import. | 2022 | +33,2 % | 106,5 |
| Ukraine | Import. | 2022 | +255,1 % | 34,4 |
| Serbie | Import. | 2022 | +66,1 % | 23,4 |
| Sri Lanka | Export. | 2021 | +356,2 % | 57,2 |
Le choc le plus marquant en termes d'anomalie statistique concerne les importations en provenance du Brésil (premier producteur mondial), où le prix unitaire est passé de 480 €/t en 2021 à 641 €/t en 2022. En parallèle, le prix des importations ukrainiennes a bondi de 427 €/t à 1 441 €/t (+255 %), reflétant à la fois la hausse des cours mondiaux et les surcoûts logistiques liés au conflit. Les prix serbes ont également bondi de 465 €/t à 757 €/t (+66 %).
Ces hausses se sont accompagnées d'événements de rupture d'approvisionnement : Cuba, fournisseur régulier (en moyenne 57 kt/an entre 2015 et 2016, avec un prix de 383–459 €/t), a vu ses exportations vers l'UE chuter progressivement pour atteindre zéro à partir de 2023. De même, les exportations vers le Sri Lanka se sont interrompues après 2018, avant une reprise partielle en 2023–2025.
Source : Chocs d'approvisionnement et de prix
2.3. Une diversification géographique asymétrique
L'indice de concentration HHI des échanges a diminué de manière significative :
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| HHI importations (valeur) | 1 557 | 1 023 | –34,3 % |
| HHI exportations (valeur) | 1 568 | 676 | –56,9 % |
Cette baisse de concentration indique une diversification des partenaires commerciaux, particulièrement marquée à l'exportation. Toutefois, cette tendance globale masque des dynamiques contrastées :
À l'importation, les fournisseurs traditionnels ont vu leur part s'effriter :
| Partenaire | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Maurice | 106,0 | 22,0 | –79,3 % |
| Serbie | 63,9 | 7,8 | –87,8 % |
| Royaume-Uni | 105,2 | 59,1 | –43,8 % |
| Algérie | 13,9 | 7,3 | –47,6 % |
| Brésil | 40,0 | 53,6 | +33,7 % |
| Colombie | 21,6 | 50,2 | +132,7 % |
À l'exportation, Israël a supplanté le Royaume-Uni comme premier client non-UE (172 M€ contre 127 M€ en 2025) :
| Partenaire | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | 268,3 | 126,9 | –52,7 % |
| Israël | 83,5 | 172,1 | +106,2 % |
| Norvège | 51,9 | 67,4 | +29,9 % |
| Suisse | 31,3 | 47,1 | +50,2 % |
| Liban | 20,9 | 43,1 | +105,9 % |
| Égypte | 53,6 | 25,7 | –52,1 % |
La forte baisse du HHI à l'export (–57 %) s'explique en partie par le déclin du Royaume-Uni, qui concentrait 35 % des exportations en 2015 et n'en représente plus que 13 % en 2025. La perte du marché britannique (potentiellement liée aux frictions post-Brexit) a été compensée par une diversification vers le Proche-Orient (Israël, Liban), l'Europe du Nord (Norvège) et la Suisse.
Sources : Principaux partenaires d'importation · Principaux partenaires d'exportation
3. Mutation de l'industrie sucrière européenne : production, spécialisation et structure de marché
3.1. Une production intérieure en dents de scie depuis la fin des quotas
La production européenne de sucre a connu des fluctuations notables, liées à la fois aux conditions climatiques, aux évolutions du cadre réglementaire et aux signaux de prix :
| Année | Production (kt) | Valeur (M€) | Prix unit. (€/t) |
|---|---|---|---|
| 2015 | 14 501 | 7 102 | 490 |
| 2017 | 15 647 | 7 153 | 457 |
| 2018 | 15 948 | 5 978 | 375 |
| 2020 | 13 576 | 5 545 | 408 |
| 2022 | 14 762 | 8 458 | 573 |
| 2023 | 13 504 | 11 447 | 848 |
| 2024 | 14 936 | 10 984 | 735 |
L'abolition des quotas sucriers en octobre 2017 a initialement conduit à une surproduction (15 948 kt en 2018), suivie d'un effondrement des prix de production (375 €/t en 2018 contre 490 €/t en 2015, soit –23 %). La restructuration qui s'en est suivine — fermetures d'usines, réduction des surfaces betteravières — a entraîné un repli de la production jusqu'à 13 504 kt en 2023. Cependant, la hausse spectaculaire des cours mondiaux a dopé la valeur de la production à 11 447 M€ en 2023, un niveau record, avant un léger reflux en 2024.
La production reste concentrée sur deux pays qui représentent 54,7 % du total européen :
| Pays | Part de la production (2024) | RCA (2025) | RSCA (2025) |
|---|---|---|---|
| France | 29,1 % | 3,72 | 0,58 |
| Allemagne | 25,7 % | 1,21 | 0,10 |
| Pays-Bas | 9,5 % | 0,66 | –0,21 |
| Pologne | 6,8 % | 1,03 | 0,01 |
| Tchéquie | 6,3 % | 1,30 | 0,13 |
Source : Spécialisation des États membres
3.2. Une spécialisation qui creuse les écarts entre États membres
L'indice de spécialisation corrélé (RSCA) révèle une forte polarisation au sein de l'UE en 2025 :
Les plus spécialisés dans l'exportation de sucres raffinés :
| Pays | RSCA | RCA | Part de la production UE |
|---|---|---|---|
| France | 0,58 | 3,72 | 29,1 % |
| Lituanie | 0,49 | 2,92 | 1,8 % |
| Portugal | 0,32 | 1,94 | 2,7 % |
| Croatie | 0,20 | 1,50 | 0,6 % |
| Tchéquie | 0,13 | 1,30 | 6,3 % |
Les moins spécialisés :
| Pays | RSCA | RCA |
|---|---|---|
| Irlande | –0,99 | 0,003 |
| Chypre | –0,99 | 0,007 |
| Estonie | –0,96 | 0,02 |
| Luxembourg | –0,88 | 0,07 |
| Italie | –0,83 | 0,09 |
La France domine avec un RCA de 3,72, confirmant son statut de puissance exportatrice sucrière au sein de l'UE. À l'opposé, l'Italie (RSCA –0,83) figure parmi les pays les moins spécialisés en dépit d'une part de 8 % dans le commerce total, ce qui reflète un profil essentiellement importateur.
Une évolution remarquable concerne la Pologne : de 59,5 M€ d'exportations en 2015 (5ᵉ rang), elle est passée à 267,9 M€ en 2025 (+350 %), devenant le deuxième exportateur de l'UE derrière la France (242,0 M€). L'Allemagne a également progressé fortement (de 57,3 M€ à 113,7 M€, +99 %). À l'inverse, l'Autriche a vu ses exportations s'effondrer (de 30,4 M€ à 3,5 M€, –88 %).
Sources : Spécialisation des États membres · Principaux États membres exportateurs
3.3. Un marché intérieur en recomposition
L'examen des flux par État membre révèle une recomposition significative des rôles au sein du marché intérieur :
Exportations vers les pays tiers (top pays en 2025) :
| Pays | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| France | 280,6 | 242,0 | –13,8 % |
| Pologne | 59,5 | 267,9 | +349,9 % |
| Belgique | 109,9 | 157,8 | +43,7 % |
| Allemagne | 57,3 | 113,7 | +98,7 % |
| Pays-Bas | 67,2 | 95,8 | +42,5 % |
| Danemark | 70,6 | 77,0 | +9,1 % |
| Autriche | 30,4 | 3,5 | –88,4 % |
Importations depuis les pays tiers (top pays en 2025) :
| Pays | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Espagne | 72,0 | 67,4 | –6,3 % |
| Italie | 87,7 | 67,2 | –23,4 % |
| Bulgarie | 25,1 | 72,0 | +187,0 % |
| France | 30,3 | 33,6 | +10,7 % |
| Allemagne | 33,8 | 37,0 | +9,4 % |
| Belgique | 28,4 | 29,7 | +4,3 % |
| Pays-Bas | 29,8 | 29,3 | –1,6 % |
La Bulgarie a connu une hausse spectaculaire de ses importations (+187 %), suggérant une restructuration de son industrie sucrière domestique. L'Italie, quant à elle, a réduit ses importations de 23 %, tout en restant l'un des principaux marchés de destination.
Par ailleurs, la volatilité des flux varie considérablement d'un partenaire à l'autre. L'Ukraine affiche le coefficient de variation le plus élevé parmi les importations (CV = 1,38), confirmant le caractère extrêmement instable de ce flux depuis 2022. À l'exportation, l'Égypte (CV = 1,08) et la Syrie (CV = 1,31) sont les destinations les plus volatiles, tandis que la Norvège (CV = 0,04) et la Suisse (CV = 0,15) se distinguent par leur remarquable stabilité, constituant des marchés de débouché fiables pour l'industrie sucrière européenne.
Source : Volatilité des échanges par partenaire
Conclusion
Le marché européen des sucres raffinés (CN 170199) a traversé une décennie particulièrement agitée entre 2015 et 2025, marquée par trois grandes dynamiques :
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Un cycle commercial profond — de l'excédent record de 2018 (+903 M€) au déficit inédit de 2023 (–392 M€), puis au rebond spectaculaire de 2024 (+728 M€). Ce cycle reflète à la fois les aléas de la production intérieure (conséquences de la réforme des quotas de 2017), les chocs exogènes (pandémie, guerre en Ukraine) et la volatilité extrême des cours mondiaux du sucre (prix de production multiplié par 2,3 entre 2019 et 2023).
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Une reconfiguration géographique majeure — l'irruption des importations ukrainiennes en 2022–2023 (de 8 M€ à 389 M€) a temporairement transformé l'UE en importateur net. Le déclin des fournisseurs traditionnels (Maurice –79 %, Serbie –88 %) et la montée de nouveaux partenaires (Colombie +133 %, Israël +106 %) ont durablement modifié la carte des échanges, tandis que la perte progressive du marché britannique (–53 %) redistribue les flux exportateurs.
-
Une mutation structurelle de l'industrie — la production européenne, stable en volume mais très volatile en valeur, reste dominée par la France et l'Allemagne (55 % du total). La Pologne est devenue la deuxième puissance exportatrice de l'UE (+350 % en dix ans), et la concentration des échanges a fortement diminué (HHI export –57 %), signe d'une diversification des marchés de débouché.
À l'horizon 2025, l'UE retrouve une position excédentaire confortable (+582 M€), portée par des prix encore supérieurs à leur moyenne historique. Toutefois, les incertitudes demeurent : la pérennité des mesures commerciales en faveur de l'Ukraine, l'évolution des cours mondiaux du sucre et la capacité de l'industrie européenne à maintenir sa compétitivité face à des producteurs structurellement moins coûteux constituent autant de facteurs de vigilance pour les années à venir.