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Évolution du marché : Soins capillaires (CN 330590) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 330590 couvre les préparations capillaires hors shampooings, laques et produits de défrisage/ondulation permanents — une catégorie qui englobe notamment les après-shampooings, masques, soins, sérums et lotions capillaires. Sur la période 2015–2025, l'Union européenne a consolidé sa position de puissance exportatrice nette sur ce segment, avec un excédent commercial passé de 1,08 milliard € à 1,58 milliard €. Ce rapport analyse les dynamiques à l'œuvre en s'appuyant sur les données douanières disponibles sur le tableau de bord.


1. Une croissance vigoureuse tirée par les prix plutôt que par les volumes

1.1 L'excédent commercial de l'UE s'étoffe nettement

Sur l'ensemble de la période, les exportations de l'UE (hors intracommunautaires) sont passées de 1,47 milliard € à 2,33 milliards €, soit une hausse de +58,2 %. Les importations, parties d'une base plus modeste (389 M€), ont progressé encore plus vite (+91,0 %), atteignant 743 M€ en 2025. Néanmoins, l'écart structurel en faveur des exportations s'est creusé : l'excédent est passé de 1,08 milliard € à 1,58 milliard € (+46,4 %). L'UE demeure donc un fournisseur net majeur pour le reste du monde sur ce segment.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (valeur, M€) 1 470 2 325 +58,2 %
Importations (valeur, M€) 389 743 +91,0 %
Solde (M€) 1 081 1 583 +46,4 %

Source : Aperçu général

1.2 L'inflation des prix unitaires, moteur principal de la croissance en valeur

La hausse des échanges en valeur masque un contraste frappant avec les volumes. Les exportations en quantité n'ont progressé que de +7,7 % (de 283 708 t à 305 653 t), tandis que le prix unitaire moyen à l'exportation a bondi de +46,8 % (de 5 181 €/t à 7 606 €/t). Le même phénomène s'observe à l'importation : +32,4 % en volume, mais +44,2 % en prix (de 7 781 €/t à 11 222 €/t). L'essentiel de la croissance en valeur est donc imputable à une revalorisation des prix — probablement liée à l'inflation des matières premières cosmétiques, à des segmentations vers le haut de gamme et à des effets de change — plutôt qu'à une augmentation sensible des tonnages échangés.

Flux Volume (Δ) Prix unitaire (Δ)
Exportations +7,7 % +46,8 %
Importations +32,4 % +44,2 %

Source : Aperçu général

1.3 Une production intra-européenne relativement stable

La valeur de la production de l'UE (données Prodcom, code 20.42.17.00) n'a augmenté que de +2,1 % sur la période (de 2,73 milliards € à 2,78 milliards €). Ce quasi-plateau de la production contraste avec la forte progression des exportations, ce qui suggère que les industriels européens ont réorienté une part croissante de leur production vers les marchés tiers, ou bien que les prix de production ont moins augmenté que les prix des flux transfrontaliers.

Source : Production


2. Une géographie commerciale en pleine recomposition

2.1 Le Royaume-Uni, partenaire incontournable mais désormais éclipsé par la poussée des marchés émergents

Le Royaume-Uni reste le premier client (400 M€, +48,2 %) et le premier fournisseur (194 M€, +33,1 %) de l'UE en 2025, ce qui s'explique par la proximité géographique et l'intégration historique des chaînes de valeur. Toutefois, les dynamiques les plus spectaculaires se situent ailleurs :

  • À l'exportation, l'Ukraine (+221,1 %), les Émirats arabes unis (+72,4 %), l'Australie (+74,4 %) et la Turquie (+69,2 %) affichent les taux de croissance les plus remarquables. L'Ukraine est passée de 30 M€ à 96 M€, un bond qui reflète probablement un accès préférentiel renforcé et une demande locale croissante.
  • À l'importation, les hausses les plus spectaculaires proviennent du Brésil (+539,5 %, de 4,8 M€ à 30,8 M€), de Turquie (+484,4 %, de 7,6 M€ à 44,4 M€) et de Chine (+404,8 %, de 8,3 M€ à 41,9 M€). Ces trois pays, auparavant marginaux, représentent désormais un approvisionnement significatif.
Partenaire (importations UE) 2015 (M€) 2025 (M€) Δ
Royaume-Uni 146 194 +33,1 %
États-Unis 136 248 +83,1 %
Turquie 7,6 44 +484,4 %
Chine 8,3 42 +404,8 %
Brésil 4,8 31 +539,5 %
Suisse 23 36 +57,6 %
Israël 13 26 +99,1 %

Source : Partenaires commerciaux

2.2 Une concentration des importations en baisse, signal d'une diversification de l'offre

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations en valeur a reculé de 2 707 à 1 995 (–26,3 %), et celui en volume a chuté encore davantage (de 2 609 à 1 425, soit –45,4 %). Ce mouvement de diversification est sain du point de vue de la résilience : l'UE dépend moins de fournisseurs dominants et s'approvisionne auprès d'un nombre croissant de pays tiers. Le HHI des exportations, déjà faible (de 720 à 668), confirme que l'UE écoute ses produits capillaires sur un large éventail de marchés sans dépendre excessivement d'un seul client.

Source : Concentration HHI

2.3 Des chocs de prix ponctuels sur certains corridors

L'analyse de volatilité a détecté des événements de choc significatifs :

  • En 2019, un choc de prix à l'exportation vers la Chine (anomalie de 11,9σ, hausse de +54,6 %) ;
  • En 2022, des chocs à l'exportation vers le Mexique (anomalie de 11,3σ, +25,6 %) et les États-Unis (anomalie de 3,7σ, +20,4 %).

Ces pics ponctuels peuvent refléter des effets de composition (montée en gamme des produits exportés), des ruptures d'approvisionnement locales ou des ajustements tarifaires. Les États-Unis, avec 18 % de la valeur exportée, constituent le corridor le plus sensible en termes d'impact systémique.

Source : Chocs d'approvisionnement


3. L'Italie, moteur d'un secteur européen de plus en plus orienté vers l'exportation

3.1 Quatre États membres concentrent l'essentiel des exportations

En 2025, quatre pays — l'Italie (585 M€), l'Allemagne (447 M€), l'Espagne (317 M€) et la France (259 M€) — représentent à eux seuls la majeure partie des exportations extra-européennes de l'UE. L'Italie a plus que doublé ses ventes à l'export (+106,4 %), confirmant son rôle de leader européen sur les soins capillaires. L'Allemagne progresse de manière plus modérée (+31,7 %), tandis que la France (+67,1 %) et l'Espagne (+62,8 %) affichent des rythmes soutenus. En revanche, la Belgique recule (–17,9 %), perdant son rang au profit de la Pologne, qui atteint 141 M€ (+48,0 %).

État membre (exportations) 2015 (M€) 2025 (M€) Δ
Italie 283 585 +106,4 %
Allemagne 340 447 +31,7 %
Espagne 195 317 +62,8 %
France 155 259 +67,1 %
Pays-Bas 83 168 +101,7 %
Pologne 95 141 +48,0 %
Belgique 128 105 –17,9 %

Source : États membres

3.2 L'Italie et la Slovénie se distinguent par leur spécialisation

Selon l'indice RCA (Revealed Comparative Advantage) corrigé (RSCA), l'Italie (RCA = 1,82) et la Slovénie (RCA = 4,47) se démarquent nettement. La Slovénie, malgré une part modeste dans le commerce total de l'UE, consacre une fraction disproportionnée de ses exportations aux soins capillaires (4,5 % de ses exportations totales). À l'inverse, des pays comme l'Irlande (RCA = 0,06) ou Malte (RCA = 0,01) sont structurellement importateurs nets de ces produits.

Source : Spécialisation

3.3 L'UE intensifie massivement sa propension à l'exporter

La propension à exporter a bondi de 24,8 % à 80,7 % (+225 %), tandis que l'intensité commerciale globale est passée de 31,1 % à 84,7 % (+172 %). Le taux de dépendance nette aux importations est passé de –18,6 % à –121,1 %, ce qui traduit une position de plus en plus excédentaire. Concrètement, l'UE exporte aujourd'hui plus du double de ce qu'elle importe sur ce segment, un ratio qui s'est considérablement renforcé au fil de la décennie.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des soins capillaires (CN 330590) a connu une dynamique marquée par trois tendances : une croissance en valeur portée principalement par l'inflation des prix unitaires plutôt que par l'augmentation des volumes ; une recomposition géographique des échanges avec l'émergence de partenaires comme la Turquie, la Chine et le Brésil à l'import, et l'Ukraine et les Émirats arabes unis à l'export ; et enfin une concentration accrue de la production et de l'exportation au sein d'un petit nombre d'États membres, l'Italie en tête. L'Union européenne s'est ainsi imposée comme un exportateur net structurel sur ce segment, avec un excédent croissant et une diversification géographique qui renforcent sa résilience. Le principal risque à surveiller reste la sensibilité aux chocs de prix ponctuels sur les corridors majeurs, en particulier vers les États-Unis.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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