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Évolution du marché : Slips et caleçons en coton (CN 610711) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code douanier 610711slips et caleçons, en bonneterie, de coton, pour hommes ou garçonnets — sur la période 2015–2025. Au cours de cette décennie, le marché européen a connu une transformation structurelle profonde : l'UE s'est massivement désindustrialisée dans ce segment textile tout en renforçant sa dépendance aux importations en provenance d'Asie du Sud. Les dynamiques observées révèlent des mouvements de prix, des reconfigurations géographiques et des chocs d'approvisionnement qui ont durablement remodelé l'architecture commerciale de ce produit.


I. Une désindustrialisation accélérée et une dépendance aux importations en forte croissance

L'effondrement de la production européenne

La production de slips et caleçons en coton au sein de l'UE s'est effondrée sur la période. En volume (pièces), elle est passée de 189 000 000 pièces à 29 984 000 pièces, soit une chute de -84,1 %. En valeur, le déclin est tout aussi spectaculaire, passant de 455 490 000 € à 139 749 000 € (–69,3 %). Ces chiffres traduisent une contraction quasi totale de l'appareil productif européen dans ce segment.

Une dépendance nette aux importations qui atteint un niveau critique

Le taux de dépendance nette aux importations est passé de 39,4 % en 2015 à 87,6 % en 2025, soit une progression de +122,2 %. Ce taux mesure la part des importations nettes dans la consommation apparente ; un niveau de 87,6 % indique que la quasi-totalité de la demande européenne est désormais satisfaite par des fournisseurs extérieurs. Ce glissement est le corollaire direct de la désindustrialisation décrite ci-dessus.

Une intensification du commerce avec le reste du monde

L'UE affiche désormais un taux d'intensité commerciale de 104,8 % (contre 58,6 % en 2015), ce qui signifie que les échanges totaux dépassent la valeur ajoutée domestique. Parallèlement, la propension à exporter a bondi de 22,4 % à 146,1 % (+552,0 %), ce qui reflète l'émergence d'un modèle où des États-membres se positionnent davantage comme des plateformes de redistribution et de réexportation plutôt que comme des lieux de production.


II. Une recomposition géographique des échanges : domination chinoise, montée de l'Asie du Sud et diversification des exportations

Les importations : la Chine demeure leader mais le Bangladesh gagne en importance

Les principaux partenaires à l'importation ont connu des trajectoires contrastées :

Partenaire Importations 2015 (€) Importations 2025 (€) Variation (%)
Chine 254 656 000 343 705 000 +35,0 %
Bangladesh 109 406 000 357 098 000 +226,4 %
Inde 49 689 000 56 170 000 +13,0 %
Pakistan 22 357 000 50 341 000 +125,2 %
Sri Lanka 62 834 000 94 377 000 +50,2 %
Turquie 20 086 000 33 841 000 +68,5 %
Albanie 17 937 000 18 053 000 +0,7 %

Le Bangladesh est devenu le premier fournisseur de l'UE en 2025, devançant la Chine, avec une croissance de +226,4 % sur la période. Le Pakistan a également plus que doublé ses exportations vers l'UE (+125,2 %). La croissance chinoise, bien que significative (+35,0 %), apparaît relativement modeste comparée à ces dynamiques, suggérant un transfert partiel de la production vers l'Asie du Sud. L'Albanie, fournisseur de proximité, affiche quant à lui une stagnation quasi totale (+0,7 %).

En volume physique (tonnes), les importations totales ont augmenté de 82,8 % (de 44 518 à 81 383 tonnes), tandis que le prix unitaire moyen à l'import a reculé de 15 665 €/t à 13 173 €/t (–15,9 %). En termes de prix par pièce, il est resté relativement stable (de 1,30 € à 1,35 €), ce qui indique que les fournisseurs asiatiques maintiennent une stratégie de prix bas.

Les exportations : un mouvement de déconcentration géographique

Les principaux partenaires à l'exportation révèlent une recomposition notable :

Partenaire Exportations 2015 (€) Exportations 2025 (€) Variation (%)
Royaume-Uni 71 183 000 49 888 000 –29,9 %
Suisse 15 104 000 40 944 000 +171,1 %
Turquie 1 830 000 15 878 000 +767,5 %
Norvège 2 207 000 10 295 000 +366,4 %
Albanie 8 515 000 9 077 000 +6,6 %
Féd. de Russie 9 777 000 15 198 000 +55,4 %
Maroc 1 891 000 3 221 000 +70,4 %

Le Royaume-Uni reste le premier client de l'UE mais a perdu près d'un tiers de ses achats (–29,9 %), effet probable du Brexit. En revanche, la Suisse (+171,1 %), la Turquie (+767,5 %) et la Norvège (+366,4 %) ont connu des hausses spectaculaires. La concentration des exportations (HHI) a chuté de 3 362 à 1 411 (–58,0 %), confirmant une forte diversification géographique des débouchés à l'export.

À l'inverse, le HHI des importations est passé de 1 804 à 2 299 (+27,4 %), indiquant un renchérissement de la concentration des fournisseurs — un signal de vulnérabilité accrue de la chaîne d'approvisionnement.

Le rôle pivot de certains États-membres

Les données par États-membres déclarants révèlent une hétérogénéité marquée :

  • Pays-Bas : premiers importateurs (+119,1 %) et premiers exportateurs (+30,4 %), confirmant leur rôle de hub logistique européen.
  • Pologne : importations en hausse de +418,1 % et exportations de +636,2 %, suggérant l'émergence d'une plateforme d'assemblage et de redistribution en Europe centrale.
  • Italie : reste un acteur majeur (2e exportateur, 3e importateur), avec une croissance modérée.
  • Portugal : seul État-membre à afficher un déclin à l'export (–50,2 %), illustrant le recul de la production textile dans la péninsule ibérique.

L'analyse des indices de spécialisation en 2025 montre que le Danemark (RSCA : 0,54) et les Pays-Bas (RSCA : 0,37) se distinguent par leur spécialisation à l'export, tandis que l'Irelande et le Luxembourg sont structurellement déficitaires.


III. Dynamiques de prix, volatilité et chocs d'approvisionnement

Une divergence de trajectoire entre prix à l'import et à l'export

Le prix moyen à la tonne a évolué de manière divergente selon le flux :

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Prix export (€/t) 32 205 41 254 +28,1 %
Prix import (€/t) 15 665 13 173 –15,9 %
Prix export par pièce (€) 2,78 4,86 +75,1 %
Prix import par pièce (€) 1,30 1,35 +3,9 %

Les exportations affichent une forte montée en gamme : le prix à la pièce a progressé de 75,1 %, passant de 2,78 € à 4,86 €. Cela traduit probablement une spécialisation de l'UE sur des produits à plus forte valeur ajoutée (marque, qualité, design). À l'inverse, les importations restent sur un segment prix bas, avec une hausse modeste de 3,9 % à la pièce, ce qui illustre le maintien d'une pression concurrentielle intense sur les fournisseurs low-cost.

Une volatilité inégale selon les partenaires

Les coefficients de variation mettent en évidence des niveaux de volatilité très hétérogènes :

  • À l'import : le Pakistan (CV : 0,84) et le Cambodge (CV : 0,50) affichent les volatilités les plus élevées, tandis que la Chine (CV : 0,17) et l'Albanie (CV : 0,17) sont les plus stables.
  • À l'export : la Turquie (CV : 0,90) et l'Ukraine (CV : 0,59) présentent les plus fortes fluctuations, tandis que l'Albanie (CV : 0,16) et la Russie (CV : 0,16) se distinguent par leur régularité.

Des chocs d'approvisionnement identifiables

L'analyse des chocs détectés révèle trois événements marquants :

  1. Choc de prix des exportations vers la Turquie (2021) : avec un décalage de prix de +159,3 % et une abnormalité de 22,3, cet événement coïncide avec la période post-COVID et les tensions monétaires turques. Il représente 6,1 % de la valeur totale des exportations.
  2. Choc de prix des importations depuis la Chine (2018) : une baisse de –23,1 % (abnormalité : 13,3), concentrée sur le premier fournisseur (40 % des importations). Ce mouvement pourrait refléter les effets des tensions commerciales sino-américaines incitant les producteurs chinois à réorienter leurs flux vers l'UE à prix réduit.
  3. Choc de prix des importations depuis la Turquie (2020) : une baisse de –6,2 % (abnormalité : 5,1), probablement liée à la dépréciation de la livre turque.

Conclusion

La période 2015–2025 a vu le marché européen des slips et caleçons en coton se transformer en profondeur. La production européenne s'est effondrée de plus de 84 % en volume, tandis que la dépendance nette aux importations a atteint 87,6 %. La géographie des échanges s'est reconfigurée : le Bangladesh a supplanté la Chine comme premier fournisseur, tandis que les exportations européennes se sont diversifiées vers la Suisse, la Turquie et la Norvège. L'UE s'est parallèlement positionnée sur le segment premium à l'export (prix à la pièce +75,1 %), tandis qu'elle continue d'importer à prix bas. Cette configuration, bien que reflétant une spécialisation en valeur ajoutée, présente une vulnérabilité structurelle : la concentration des importations progresse et la volatilité de certains fournisseurs clés demeure élevée. Le désengagement productif européen dans ce segment constitue un enjeu de souveraineté industrielle qui dépasse le seul cadre textile.

Généré le 2026-08-09. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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