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Évolution du marché : Silencieux et tuyaux d'échappement (CN 87089235) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour les silencieux et tuyaux d'échappement (code nomenclature combinée 87089235) sur la période 2015–2025. Ce produit, classé dans la catégorie des parties et accessoires de véhicules automobiles, constitue un segment important de l'industrie automobile européenne. L'analyse révèle un marché en profonde transformation : si l'UE demeure un exportateur net, son avantage se réduit significativement, tiré par la montée des importations en provenance de pays tiers — en particulier de la région balkanique et de Chine — et par une recomposition géographique des flux commerciaux marquée par le Brexit, la guerre en Ukraine et la montée en puissance de certains partenaires émergents.

Données source : Vue d'ensemble du commerce EU pour CN 87089235


1. Une érosion progressive de l'excédent commercial européen

1.1. Un solde commercial en forte dégradation

L'Union européenne, traditionnellement excédentaire sur ce segment, a vu son avantage se réduire de manière spectaculaire. Le solde commercial est passé de 261,9 millions EUR en 2015 à seulement 90,5 millions EUR en 2025, soit une baisse de 65,4 % sur la période. Le minimum historique a été atteint à 68,7 millions EUR, signalant un affaiblissement structurel de la position commerciale européenne.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (M EUR) 472,2 467,1 -1,1 %
Importations (M EUR) 210,2 376,5 +79,1 %
Solde commercial (M EUR) 261,9 90,5 -65,4 %

Voir l'évolution du commerce EU

1.2. Une divergence entre volumes et valeurs

L'un des traits marquants de cette période est la divergence entre l'évolution des volumes et celle des valeurs. Les exportations ont vu leur quantité chuter de 29,4 % (de 39 457 à 27 846 tonnes), tandis que leur valeur est restée quasi stable (-1,1 %). Cela traduit une hausse du prix unitaire à l'exportation de 40,2 % (de 11 966 à 16 772 EUR/tonne), suggérant que l'UE se spécialise dans des produits à plus forte valeur ajoutée ou que l'inflation a affecté les prix de manière significative.

Côté importations, la hausse est plus homogène : +36,0 % en volume et +31,7 % en prix unitaire, indiquant une croissance à la fois quantitative et qualitative des approvisionnements extérieurs.

Flux Volume (t) 2015 Volume (t) 2025 Prix (EUR/t) 2015 Prix (EUR/t) 2025
Exportations 39 457 27 846 11 966 16 772
Importations 21 331 29 019 9 856 12 975

1.3. Une dépendance nette aux importations en hausse

L'indicateur de dépendance nette aux importations est passé de -3,6 % à -1,1 % (+69,5 %). Bien que l'UE reste structurellement exportatrice nette sur ce produit, la trajectoire converge clairement vers l'équilibre. La valeur minimale de -9,3 % (enregistrée en 2020, année de crise Covid-19) confirme la volatilité conjoncturelle, mais la tendance de fond indique un rétrécissement de l'avantage européen.


2. Une reconfiguration géographique des partenaires commerciaux

2.1. L'explosion des importations balkaniques : Serbie et Bosnie-Herzégovine

Le phénomène le plus spectaculaire de la période est la montée fulgurante de la Serbie comme fournisseur de l'UE. Les importations en provenance de Serbie sont passées de 2,0 millions EUR à 111,2 millions EUR, soit une progression de 5 511 %. Ce bond a transformé la Serbie en principal fournisseur de l'UE sur ce segment, dépassant le Royaume-Uni et la Turquie. De manière symétrique, la Bosnie-Herzégovine a également progressé fortement (+193,5 %, passant de 8,2 à 24,1 millions EUR).

Cette dynamique s'explique vraisemblablement par les accords d'association et de libre-échange entre l'UE et les pays des Balkans occidentaux, combinés à une stratégie de relocalisation (nearshoring) de la part de constructeurs automobiles européens cherchant des sites de production à faible coût au sein de la sphère européenne élargie.

Partenaire d'importation 2015 (M EUR) 2025 (M EUR) Variation
Serbie 2,0 111,2 +5 511 %
Turquie 33,9 65,0 +91,6 %
Royaume-Uni 83,7 57,3 -31,5 %
Chine 13,5 31,7 +134,7 %
Bosnie-Herzégovine 8,2 24,1 +193,5 %
Ukraine 0,8 10,8 +1 288 %
États-Unis 17,5 15,0 -14,1 %

Voir les partenaires d'importation par valeur

2.2. Le Brexit et ses effets sur le commerce avec le Royaume-Uni

Le Royaume-Uni reste un partenaire commercial majeur dans les deux sens, mais avec une trajectoire descendante. À l'importation, le flux a baissé de 31,5 % (de 83,7 à 57,3 millions EUR), avec un point bas à 46,0 millions EUR. À l'exportation, la baisse est plus modérée (-12,0 %, de 178,7 à 157,3 millions EUR), le Royaume-Uni demeurant de loin le premier client de l'UE avec une part de 33,7 % des exportations totales en 2025.

Le coefficient de variation (CV) des importations britanniques est de 0,28, reflétant une volatilité modérée. Le choc de prix détecté en 2021 (abnormalité de 3,4, décalage de -42,2 %) coïncide avec la mise en œuvre effective du Brexit, suggérant un ajustement des prix lié aux nouvelles barrières tarifaires et non-tarifaires.

2.3. Le déclin des exportations vers la Russie et la montée du Brésil

Les exportations vers la Fédération de Russie se sont effondrées de 93,8 %, passant de 24,4 millions EUR à seulement 1,5 million EUR. Ce effondrement, qui s'est accéléré après 2022 en lien avec les sanctions économiques, est l'une des ruptures les plus nettes de la période.

En contrepartie, le Brésil est devenu une destination de premier plan : +335,2 % (de 10,8 à 47,2 millions EUR), avec un pic à 67,9 millions EUR. Le Mexique a également progressé (+25,8 %). En revanche, les exportations vers la Chine ont reculé de 56,1 % (de 49,5 à 21,7 millions EUR), traduisant peut-être la montée en puissance de la production domestique chinoise de pièces d'échappement.

Partenaire d'exportation 2015 (M EUR) 2025 (M EUR) Variation
Royaume-Uni 178,7 157,3 -12,0 %
Brésil 10,8 47,2 +335,2 %
États-Unis 57,5 42,8 -25,7 %
Turquie 31,4 33,9 +7,9 %
Chine 49,5 21,7 -56,1 %
Mexique 16,6 20,8 +25,8 %
Féd. de Russie 24,4 1,5 -93,8 %

Voir les partenaires d'exportation par valeur

2.4. Un chocs de prix détecté : le cas serbe en 2020

L'analyse de volatilité et des chocs d'approvisionnement révèle un événement remarquable : un choc de prix sur les importations serbes en 2020, avec une abnormalité de 307,9 et un décalage de prix de +163,4 %, représentant alors 14,4 % de la valeur totale des importations. Ce pic peut refléter une concentration exceptionnelle de commandes ou des ajustements tarifaires liés à la crise sanitaire.

La Serbie présente le coefficient de variation le plus élevé parmi les principaux partenaires d'importation (1,12), signalant une volatilité importante qui contraste avec la relative stabilité de la Turquie (CV = 0,11) et des États-Unis (CV = 0,27).


3. Une concentration en baisse et une intégration commerciale croissante

3.1. Diversification des flux : baisse de l'indice HHI

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) mesure la concentration des échanges. Tant à l'importation qu'à l'exportation, cet indice a diminué, signalant une diversification des partenaires commerciaux.

Indice HHI 2015 2025 Variation
Importations (valeur) 2 108 1 590 -24,6 %
Importations (volume) 1 697 1 555 -8,4 %
Exportations (valeur) 1 817 1 465 -19,4 %
Exportations (volume) 1 997 1 520 -23,9 %

À l'importation, cette diversification est principalement due à l'irruption de nouveaux fournisseurs (Serbie, Ukraine, Bosnie-Herzégovine), qui ont réduit la part relative du Royaume-Uni et de la Turquie. À l'exportation, la perte de la Russie et la montée du Brésil ont contribué à un rééquilibrage similaire.

3.2. Une intégration commerciale qui s'intensifie

Les indicateurs d'autonomie commerciale confirment la tendance à une ouverture accrue du marché européen :

Indicateur 2015 2025 Variation
Intensité commerciale (%) 11,9 17,4 +45,5 %
Propension à l'exportation (%) 8,0 10,0 +25,3 %

L'intensité commerciale, qui mesure le poids du commerce extérieur rapporté à la production, a progressé de 11,9 % à 17,4 %, indiquant que le marché européen s'est davantage intégré dans les chaînes de valeur mondiales. La propension à l'exportation a suivi une trajectoire similaire, passant de 8,0 % à 10,0 %.

3.3. Une production européenne en transformation

La production européenne de silencieux et tuyaux d'échappement a connu une évolution contrastée :

Indicateur de production 2015 2025 Variation
Volume (millions kg) 1 332 1 227 -7,9 %
Valeur (milliards EUR) 4,7 9,5 +103 %

La baisse des volumes de production (-7,9 %) alors que la valeur a plus que doublé (+103 %) traduit une montée en gamme significative. Le prix moyen de la production est passé d'environ 3,5 EUR/kg à 7,7 EUR/kg, soit un doublement qui reflète probablement la transition vers des systèmes d'échappement plus complexes (catalyseurs, filtres à particules, systèmes pour véhicules hybrides et électriques).

3.4. Spécialisation intra-européenne : des pays leaders et des retardataires

La carte de spécialisation au sein de l'UE révèle une géographie industrielle marquée :

Pays les plus spécialisés (RSCA > 0,4) :

Pays RSCA RCA Part prod. EU
Tchéquie 0,756 7,20 34,6 %
Pologne 0,562 3,57 23,7 %
Lettonie 0,533 3,28 1,1 %
Slovénie 0,479 2,84 2,9 %
Autriche 0,413 2,41 7,9 %

La Tchéquie et la Pologne dominent clairement la production, avec une part combinée de 58,3 % de la production européenne et des indices de spécialisation élevés. Cela reflète l'implantation de fournisseurs automobiles dans l'Europe centrale, en lien avec les chaînes de production des grands constructeurs allemands.

Pays les moins spécialisés (RSCA < -0,88) :

Pays RSCA RCA
Malte -0,999 0,0003
Irlande -0,979 0,011
Bulgarie -0,937 0,033
Luxembourg -0,907 0,049
Pays-Bas -0,888 0,059

Les Pays-Bas se distinguent par un RSCA très négatif (-0,888) malgré une part importante dans le commerce extérieur de l'UE (0,6 % de production mais 14,5 % du commerce total), ce qui indique un rôle de plaque tournante logistique (entrepôt) plutôt que de production.

Voir les rapports les plus/moins spécialisés


Conclusion

Le marché européen des silencieux et tuyaux d'échappement (CN 87089235) traverse une décennie de mutations profondes. Trois dynamiques principales structurent cette évolution :

  1. Un rééquilibrage commercial : l'excédent européen se réduit (-65,4 %), porté par la hausse des importations (+79,1 %) plus rapide que la stabilité des exportations. L'UE reste exportatrice nette, mais l'écart se referme.

  2. Une reconfiguration géopolitique des partenaires : l'ascension de la Serbie (+5 511 %), le déclin de la Russie (-93,8 %), l'impact du Brexit sur les échanges avec le Royaume-Uni et la montée du Brésil comme destination d'exportation illustrent comment les facteurs géopolitiques et institutionnels redessinent la carte des flux commerciaux.

  3. Une transformation structurelle de l'industrie : la production européenne perd en volume (-7,9 %) mais double en valeur (+103 %), signe d'une montée en gamme liée à l'évolution technologique des systèmes d'échappement. La concentration géographique de la production en Europe centrale (Tchéquie, Pologne) s'affirme, tandis que l'intégration commerciale globale s'intensifie (intensité commerciale +45,5 %).

À l'horizon, la transition vers l'électromobilité constitue le principal facteur d'incertitude pour ce segment. La demande de systèmes d'échappement classiques devrait décroître, mais la complexification des systèmes hybrides et les exigences environnementales renforcées pourraient soutenir temporairement la valeur de ce marché européen en pleine redéfinition.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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