Évolution du marché : Plaques et feuilles en plastique (CN 39219090) — 2015–2025
Introduction
Le code NC 39219090 couvre les plaques, feuilles, pellicules, bandes et lames en matières plastiques renforcées, stratifiées ou associées à d'autres matières, non travaillées ou simplement ouvrées en surface. Ce produit intermédiaire trouve des débouchés dans de nombreux secteurs — construction, automobile, emballage technique, électronique — et constitue un indicateur pertinent de la vitalité industrielle européenne. Sur la période 2015–2025, l'Union européenne a connu une trajectoire de croissance soutenue tant en volume qu'en valeur, avec un creusement notable de son excédent commercial vis-à-vis du reste du monde. Le présent rapport s'appuie sur les données de l'aperçu général du commerce pour décrire et interpréter les dynamiques majeures de ce marché sur une décennie.
1. Une décennie de croissance ininterrompue qui renforce la position excédentaire de l'UE
Des exportations qui progressent plus vite que les importations
Entre 2015 et 2025, les exportations de l'UE (hors intra-communautaires) sont passées de 633,5 M€ à 916,6 M€, soit une hausse de +44,7 %. Sur la même période, les importations ont cru de 553,1 M€ à 713,0 M€ (+28,9 %). L'écart de dynamisme entre ces deux flux a mécaniquement renforcé l'excédent commercial de l'UE, qui est passé de 80,4 M€ à 203,6 M€ — une progression de +153,3 % en dix ans, avec un pic à 273,0 M€ en 2022.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Exportations (M€) | 633,5 | 916,6 | +44,7 % |
| Importations (M€) | 553,1 | 713,0 | +28,9 % |
| Solde (M€) | 80,4 | 203,6 | +153,3 % |
Source : Aperçu général du commerce
La hausse des prix amplifie la dynamique en valeur
La croissance en valeur dépasse nettement celle des volumes. Les exportations ont progressé de 142 240 t à 169 381 t en quantité (+19,1 %), mais de +44,7 % en valeur. L'écart s'explique par une appréciation significative des prix à l'exportation, passés de 4 454 €/t à 5 411 €/t (+21,5 %). Côté importations, la hausse des prix est plus modérée (+13,4 %, de 3 985 à 4 520 €/t). Ce différentiel de prix reflète vraisemblablement la nature plus haut de gamme ou plus spécialisée des productions européennes exportées par rapport aux importations.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Exportations (t) | 142 240 | 169 381 | +19,1 % |
| Prix export (€/t) | 4 454 | 5 411 | +21,5 % |
| Importations (t) | 138 796 | 157 754 | +13,7 % |
| Prix import (€/t) | 3 985 | 4 520 | +13,4 % |
Source : Aperçu général du commerce
L'UE confirme sa position de net exportateur
L'indicateur de dépendance nette aux importations reste négatif tout au long de la période, oscillant entre −2,6 % et −8,2 %, ce qui signifie que l'UE exporte systématiquement davantage qu'elle n'importe. En 2025, cette dépendance s'établit à −7,9 %, contre −6,5 % en 2015, confirmant un léger renforcement de l'autonomie. Parallèlement, l'intensité commerciale (rapport commerce/production) passe de 25,6 % à 36,7 % (+43,6 %) et la propension à l'exportation de 17,3 % à 25,3 % (+46,8 %), ce qui traduit une intégration croissante du secteur dans les échanges mondiaux.
Source : Dépendance nette aux importations · Intensité commerciale · Propension à l'exportation
2. Rééquilibrage géographique des approvisionnements et percée des marchés transatlantiques et asiatiques
Le recul de la Suisse au profit de la Chine dans les importations
La structure géographique des importations de l'UE a considérablement évolué. La Suisse, premier fournisseur en 2015 avec 221,5 M€, a vu ses livraisons reculer de 33,8 % pour s'établir à 146,7 M€ en 2025. À l'inverse, la Chine a plus que doublé sa part, passant de 72,2 M€ à 156,6 M€ (+116,7 %). En 2025, la Chine est désormais pratiquement au niveau de la Suisse. Les États-Unis ont également connu une progression remarquable (+74,0 %, de 56,2 à 97,8 M€), devenant le troisième fournisseur extra-UE.
| Partenaire (importations) | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Suisse | 221,5 | 146,7 | −33,8 % |
| Chine | 72,2 | 156,6 | +116,7 % |
| États-Unis | 56,2 | 97,8 | +74,0 % |
| Royaume-Uni | 58,6 | 79,1 | +35,0 % |
| Turquie | 26,9 | 33,1 | +23,2 % |
| Inde | 16,6 | 24,6 | +48,3 % |
| Corée du Sud | 28,5 | 28,3 | −0,8 % |
Source : Principaux partenaires
Les États-Unis, moteur de la croissance des exportations européennes
Côté exportations, le Royaume-Uni demeure le premier client de l'UE (160,4 M€ en 2025, +2,0 %), mais c'est sur le marché américain que la progression est la plus spectaculaire : les ventes y ont été multipliées par 2,3, passant de 61,5 M€ à 140,1 M€ (+127,7 %). L'Inde (+111,7 %), la Norvège (+50,6 %) et la Suisse (+53,8 %) ont également contribué à la diversification des débouchés. Ces dynamiques s'inscrivent dans le contexte de tensions commerciales sino-américaines qui ont pu rediriger certains flux vers l'UE.
| Partenaire (exportations) | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | 157,2 | 160,4 | +2,0 % |
| États-Unis | 61,5 | 140,1 | +127,7 % |
| Suisse | 63,8 | 98,1 | +53,8 % |
| Norvège | 30,3 | 45,7 | +50,6 % |
| Chine | 28,5 | 38,6 | +35,4 % |
| Turquie | 24,2 | 30,5 | +26,0 % |
| Inde | 9,8 | 20,8 | +111,7 % |
Source : Principaux partenaires
Une concentration des échanges en baisse, signe de diversification
L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) mesurant la concentration des importations en valeur a chuté de 2 069 à 1 322 (−36,1 %), signe que les approvisionnements de l'UE se sont nettement diversifiés. Côté exportations, le HHI est passé de 939 à 827 (−11,9 %), indiquant une dispersion modérée mais réelle des débouchés. Cette réduction de la concentration réduit les risques de dépendance excessive vis-à-vis d'un partenaire unique.
Source : Concentration HHI
3. Un tissu productif européen dynamique, porté par l'Allemagne et l'Italie, mais marqué par des chocs ponctuels
L'Allemagne et l'Italie, moteurs de la production et des exportations intra-UE
Au sein de l'UE, l'Allemagne domine tant à l'import qu'à l'export. Elle représente 255,1 M€ d'exportations extra-UE en 2025 (+43,6 % par rapport à 2015) et reste le premier importateur (201,7 M€), bien que stable. L'Italie affiche la progression la plus remarquable parmi les exportateurs, avec une hausse de +91,7 % (de 104,1 à 199,5 M€), consolidant sa position de deuxième exportateur européen. La Pologne émerge comme un acteur de plus en plus important à l'import (+113,9 %, de 30,4 à 65,1 M€), reflétant sans doute le développement de son industrie de transformation.
| État membre (exportations) | 2015 (M€) | 2025 (M€) | Variation |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 177,6 | 255,1 | +43,6 % |
| Italie | 104,1 | 199,5 | +91,7 % |
| Espagne | 49,5 | 49,4 | −0,1 % |
| France | 37,9 | 46,4 | +22,3 % |
| Autriche | 28,9 | 45,1 | +55,8 % |
| Pologne | 24,3 | 39,4 | +62,2 % |
| Belgique | 37,2 | 28,2 | −24,3 % |
Source : Principaux États membres
Une production européenne en forte croissance, tirée par la valeur
La production européenne a progressé de 789 millions de kg à 1 milliard de kg (+26,8 %) en volume, mais surtout de 2,19 Mds€ à 3,72 Mds€ en valeur (+69,9 %). Cette accélération de la valeur par rapport au volume confirme la montée en gamme des productions européennes et l'impact de la hausse des prix des matières plastiques au cours de la période. En termes de spécialisation, l'Italie (RSCA : 0,445), le Danemark (0,415) et la Grèce (0,563) se distinguent comme les États membres les plus spécialisés dans ce produit, tandis que les pays d'Europe de l'Est (Slovaquie, Bulgarie, Lettonie) affichent des indices de spécialisation négatifs.
Source : Spécialisation des États membres
Des chocs de prix ponctuels mais significatifs
L'analyse de la volatilité révèle des niveaux variables selon les partenaires. Les exportations vers la Russie (CV : 0,47), le Mexique (0,58), l'Égypte (0,62) et l'Algérie (0,54) présentent la plus forte volatilité, ce qui traduit la sensibilité de ces marchés aux fluctuations de change et aux instabilités géopolitiques. Côté importations, la Norvège (0,49) et le Royaume-Uni (0,38) affichent les coefficients de variation les plus élevés.
Trois événements de choc ont été détectés dans la série :
| Événement | Type | Flux | Période | Anomalie |
|---|---|---|---|---|
| Serbie | Prix | Export | 2022 | 242,9 |
| Corée du Sud | Prix | Import | 2020 | 88,1 |
| Norvège | Prix | Export | 2022 | 58,3 |
Le choc sur les prix à l'exportation vers la Serbie en 2022 (anomalie de 242,9) et vers la Norvège la même année (58,3) coïncident avec la période de forte inflation des coûts énergétiques et des matières premières consécutive à l'invasion russe de l'Ukraine. Le pic de prix observé sur les importations en provenance de Corée du Sud en 2020 (+106,7 % de hausse) pourrait refléter des perturbations liées à la pandémie de Covid-19 et à des ruptures de chaînes d'approvisionnement.
Source : Événements de choc
Conclusion
Sur la période 2015–2025, le marché européen des plaques et feuilles en plastique renforcées ou stratifiées (CN 39219090) a fait preuve d'une dynamique robuste. La croissance des exportations (+44,7 % en valeur), supérieure à celle des importations (+28,9 %), a permis à l'UE de consolider sa position de net exportateur et de doubler son excédent commercial. Trois grandes tendances se dégagent :
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Montée en gamme et en valeur : la hausse des prix moyens, tant à l'export (+21,5 %) qu'à l'import (+13,4 %), témoigne d'une appréciation des cours mondiaux mais aussi d'un positionnement supérieur des productions européennes sur la chaîne de valeur.
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Réorientation géographique des flux : la Chine a remplacé la Suisse comme premier fournisseur potentiel, tandis que les États-Unis sont devenus le deuxième client de l'UE — un basculement qui s'inscrit dans le contexte plus large de la réorganisation des chaînes de valeur mondiales.
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Résilience industrielle malgré des chocs exogènes : le secteur a traversé la pandémie de Covid-19 (2020) et le choc énergétique de 2022 sans rupture structurelle, grâce à un tissu productif diversifié (Allemagne, Italie, Pologne, Autriche) et à une diversification croissante des partenaires commerciaux.
À l'horizon, la poursuite de la transition écologique, les évolutions réglementaires européennes sur les matières plastiques et les tensions géopolitiques continueront de façonner ce marché, pour lequel l'UE dispose d'atouts industriels solides mais devra maintenir sa capacité d'adaptation.