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Évolution du marché : Papier d'écriture et impression (CN 480256) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour les papiers et cartons non couchés destinés à l'écriture, l'impression ou d'autres fins graphiques (code NC 480256) sur la période 2015-2025. Voir l'aperçu du produit sur le tableau de bord. L'Union européenne est traditionnellement un acteur majeur sur ce marché, mais la décennie étudiée a été marquée par des bouleversements significatifs, influencés par la numérisation, les crises sanitaires et géopolitiques, ainsi que des changements structurels dans la production et les échanges.

1. Un déclin marqué des exportations de l'UE malgré une hausse des prix unitaires

Les exportations de l'UE vers le reste du monde ont connu une contraction sévère tant en volume qu'en valeur, révélant une perte de compétitivité ou un recul de la demande externe.

1.1. Une chute dramatique des volumes exportés

Le volume total des exportations de l'UE a chuté de manière spectaculaire au cours de la période. En tonnes, il est passé de 1 019 881 t en 2015 à 559 862 t en 2025, soit une baisse de -45,1%. Le point le plus bas a été atteint en 2022 avec 523 193 t. Cette tendance est généralisée sur les deux segments de produits : le format A4 (48025620) a vu ses exportations passer de 731 413 t à 418 061 t (-42,8%), tandis que les autres formats (48025680) ont baissé de 288 468 t à 141 802 t (-50,9%). Consulter les détails par partenaire.

Indicateur (Exportations UE) 2015 2025 Variation
Volume total (tonnes) 1 019 881 559 862 -45,1%
Valeur totale (M€) 824,6 534,7 -35,2%
Prix moyen (€/t) 808,6 955,0 +18,1%

1.2. Une résilience de la valeur tirée par la hausse des prix

Malgré l'effondrement des volumes, la valeur des exportations n'a reculé que de -35,2%, passant de 824,6 M€ à 534,7 M€. Cette différence s'explique par une hausse substantielle des prix unitaires moyens, qui sont passés de 809 €/t à 955 €/t (+18,1%). Cette hausse des prix est encore plus prononcée en 2022 (pic à 1 213 €/t), reflétant probablement l'inflation des coûts des matières premières (pâte à papier) et de l'énergie survenue après la pandémie et le début de la crise en Ukraine. Voir l'évolution des prix.

1.3. Une concentration des partenaires d'exportation et un recul des marchés traditionnels

Les principaux partenaires historiques de l'UE ont vu leurs importations en provenance de l'UE se réduire fortement. Le Royaume-Uni, premier partenaire, a importé -44,1% de valeur en moins sur la période. Les exportations vers les États-Unis ont chuté de -63,4%. Le cas de la Russie est le plus extrême, avec un effondrement de -98,8% en valeur, passant de 39,4 M€ à 0,5 M€, très probablement lié aux sanctions économiques imposées à partir de 2022. Seuls quelques marchés comme l'Ukraine (+56,8%) ou le Maroc (+20,9%) ont connu une progression. Analyser la concentration des exportations.

2. Une réorientation et une croissance des importations de l'UE

Face au déclin de ses exportations, l'UE a modifié sa politique d'importation, augmentant ses achats à l'étranger et diversifiant sensiblement ses sources d'approvisionnement.

2.1. Une hausse globale des importations en valeur

Alors que les exportations baissaient, les importations de l'UE ont suivi une trajectoire opposée. Leur valeur a augmenté de 40,0%, passant de 182,0 M€ en 2015 à 254,8 M€ en 2025, avec un pic à 325,5 M€ en 2022. Le volume importé a progressé plus modestement (+13,1%), indiquant là aussi une forte inflation des prix (+23,8%). Cette dynamique a conduit à une détérioration rapide du solde commercial de l'UE pour ce produit.

2.2. Une réorientation spectaculaire des sources d'approvisionnement

La structure des partenaires d'importation a été profondément remodelée. Les fournisseurs traditionnels (Brésil, États-Unis, Canada) ont vu leur part fluctuer ou diminuer, tandis que de nouveaux acteurs ont émergé avec force.

Partenaire (Importations UE) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation
Indonésie 40,5 169,4 +318,0%
Thaïlande 3,0 18,5 +510,1%
Brésil 57,2 28,0 -51,0%
États-Unis 18,1 0,4 -97,7%
Canada 0,7 5,9 +784,8%
Royaume-Uni 12,8 2,9 -77,5%

L'Indonésie est devenue le premier fournisseur hors UE, multipliant par plus de quatre ses ventes vers le bloc. La Thaïlande a également connu une progression fulgurante. Cette réorientation suggère un basculement de l'approvisionnement vers l'Asie du Sud-Est, possiblement pour des raisons de coûts. Voir les principaux partenaires d'importation.

2.3. Une concentration accrue des importations et un choc de 2022

La concentration des importations (mesurée par l'indice HHI) a plus que doublé, passant de 1 835 à 4 632, indiquant une dépendance croissante envers un nombre restreint de partenaires, principalement l'Indonésie. L'année 2022 a été marquée par un choc de prix majeur sur les importations indonésiennes, avec une hausse anormale de 59,2% et une part de valeur atteignant 58,4% des importations cette année-là. Cet épisode met en lumière la vulnérabilité de la chaîne d'approvisionnement européenne face aux tensions sur le marché mondial. Examiner les chocs identifiés.

3. Une contraction de la production intérieure et un glissement vers l'autosuffisance

La dynamique commerciale s'inscrit dans un contexte de déclin de la production industrielle de l'UE, entraînant une réduction de son excédent structurel.

3.1. Une baisse prononcée de la production européenne

Les données de production (PRODCOM) confirment une désindustrialisation dans ce secteur. La production quantitative de l'UE est passée de 5 013 802 t à 3 098 684 t (-38,2%). La valeur produite a baissé de 23,3%, passant sous la barre des 3,8 Mds€. Ce recul est plus marqué que celui des exportations, suggérant que l'UE a dû compenser par des importations pour couvrir sa demande intérieure résiduelle. Consulter les volumes de production.

3.2. De net exportateur net à une position plus équilibrée

La conséquence directe de la baisse des exportations et de la hausse des importations est l'érosion du solde commercial excédentaire de l'UE. Le solde positif est passé de 642,6 M€ en 2015 à 279,9 M€ en 2025, une contraction de -56,4%. L'indicateur de dépendance nette aux importations, bien que restant négatif (indiquant un excédent), a vu sa valeur absolue diminuer, passant de -15,0% à -27,6%. La tendance est claire : l'UE est passée d'une position de net exportateur à celle d'un acteur beaucoup plus équilibré, avec une production en déclin et un marché intérieur partiellement approvisionné par des importations croissantes. Suivre l'indicateur de dépendance.

3.3. Une spécialisation commerciale préservée au sein de l'UE

Malgré le déclin global, certains États membres conservent un avantage comparatif révélé (RCA) élevé pour ce produit. En 2025, le Portugal (RCA de 19,5), la Slovaquie (8,1) et la Suède (4,2) restent des exportateurs très spécialisés au sein de l'UE. À l'inverse, des pays comme l'Irelande (RCA de 0,001) ou le Danemark (0,01) n'ont aucune spécialisation dans ce secteur. Cela suggère que la production et l'exportation se concentrent géographiquement au sein du marché unique, même si le poids global de l'UE sur la scène mondiale a diminué. Voir les indices de spécialisation.

Conclusion

La période 2015-2025 a été transformative pour le marché du papier d'écriture et d'impression (CN 480256) de l'Union européenne. Le constat central est celui d'un repositionnement structurel : l'UE est passée d'un puissant exportateur net à un marché plus équilibré, voire déficitaire vis-à-vis de certains partenaires. Ce changement est le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs :

  1. Le déclin de la demande d'exportation sur ses marchés traditionnels (Royaume-Uni, États-Unis).
  2. L'effondrement des échanges avec la Russie à la suite des sanctions.
  3. Une réorientation massive des importations vers des fournisseurs asiatiques (Indonésie, Thaïlande), probablement motivée par des avantages de coût.
  4. Une contraction sévère de la production intérieure au sein de l'UE.

Ce marché est désormais caractérisé par une plus grande volatilité des prix, une concentration accrue des sources d'approvisionnement à l'importation et une spécialisation géographique accrue de la production au sein même de l'UE. Ces dynamiques soulèvent des questions sur la résilience de la chaîne de valeur européenne et sur l'impact à long terme de la transition numérique sur la demande de papier graphique.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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