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Évolution du marché : Monnaies (CN 711890) — 2015–2025

Introduction

Le code nomenclature combinée 711890 couvre les monnaies, y compris celles ayant cours légal, à l'exclusion des médailles, des bijoux en pièces de monnaies, des pièces de collection à valeur numismatique, ainsi que des déchets et débris. Ce produit se situe au sein du chapitre 71 relatif aux métaux précieux et ouvrages en ces matières. La période 2015–2025 a été marquée par des transformations profondes du commerce européen de monnaies, tant en termes de volumes que de valeur, avec des réorientations géographiques significatives et une intensification remarquable des échanges avec le reste du monde. Le présent rapport examine les dynamiques principales observées au cours de cette décennie, en s'appuyant sur les données d'aperçu général du Trade Dashboard de l'Union européenne.


I. Une insertion commerciale européenne en pleine mutation

L'Union européenne, d'exportateur net à importateur net de monnaies

L'une des évolutions les plus frappantes de la période réside dans le retournement de la position commerciale de l'UE. En 2015, la balance commerciale de l'UE en matière de monnaies avec le reste du monde s'établissait à −935,7 millions d'euros, indiquant déjà un déficit. Cependant, l'indicateur de dépendance nette aux importations révèle un basculement structurel : il est passé de −30,6 % à +25,1 %, signifiant que l'UE est passée du statut d'exportateur net à celui d'importateur net au cours de la période. Ce basculement traduit une reconfiguration profonde de la dynamique commerciale, probablement liée à la conjonction de la hausse de la demande intérieure et de l'essor des flux entrants, notamment en provenance du Royaume-Uni post-Brexit.

Des volumes en hausse mais des prix qui s'envolent

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Valeur des importations (Mds €) 1,39 2,79 +101,2 %
Quantité importée (t) 291,7 499,9 +71,4 %
Prix moyen à l'importation (€/t) 4 748 001 5 570 507 +17,3 %
Valeur des exportations (Mds €) 0,45 1,27 +182,4 %
Quantité exportée (t) 450,8 840,2 +86,4 %
Prix moyen à l'exportation (€/t) 994 850 1 510 005 +51,8 %

Les exportations ont connu une croissance de valeur (+182,4 %) nettement supérieure à celle des importations (+101,2 %), portée par une hausse significative des prix moyens à l'exportation (+51,8 % contre +17,3 % à l'importation). Toutefois, cette accélération des exportations n'a pas suffi à combler le déficit structurel, dont le montant s'est établi à −1,52 milliard d'euros en 2025. Le prix moyen à l'exportation par unité supplémentaire a progressé de 118,8 % (de 0,997 à 2,182 €/unité supplémentaire), suggérant une valorisation croissante des monnaies exportées.

Une ouverture commerciale en forte croissance

L'intensité commerciale est passée de 38,2 % à 89,2 % (+133,4 %), tandis que la propension à exporter a bondi de 32,6 % à 77,2 % (+137,0 %). Ces chiffres indiquent que le marché européen des monnaies s'est profondément internationalisé, avec une part croissante de la production et de la consommation qui transitent par le commerce extérieur. Cette dynamique peut refléter à la fois une spécialisation accrue des producteurs européens et une demande étrangère soutenue pour les monnaies libellées en euros.


II. Une réorientation géographique spectaculaire des partenaires

L'émergence du Royaume-Uni comme partenaire majeur

La transformation la plus notable dans la répartition par partenaires concerne le Royaume-Uni. Passant de 11,1 millions d'euros d'importations en 2015 à 488,8 millions d'euros en 2025, soit une progression de 4 289,6 %, le Royaume-Uni est devenu le quatrième fournisseur de l'UE en monnaies. Cette évolution spectaculaire est très probablement directement liée au Brexit : le retrait du Royaume-Uni de l'UE le 31 janvier 2020 a transformé des flux intra-UE en flux extra-UE, mécaniquement comptabilisés dans les statistiques du commerce extérieur européen. Ce phénomène illustre comment un événement institutionnel peut redessiner en profondeur les statistiques commerciales d'un secteur.

Les fournisseurs traditionnels restent dominants

Malgré l'irruption du Royaume-Uni, les partenaires historiques conservent une position centrale :

Partenaire Import. 2015 (M€) Import. 2025 (M€) Variation (%)
Canada 287,5 511,4 +77,8 %
Australie 235,5 647,6 +174,9 %
Afrique du Sud 537,8 470,1 −12,6 %
Suisse 54,3 79,4 +46,3 %
États-Unis 200,1 400,2 +100,0 %
Royaume-Uni 11,1 488,8 +4 289,6 %

L'Australie (+174,9 %) et les États-Unis (+100,0 %) ont connu les plus fortes hausses parmi les partenaires traditionnels. L'Afrique du Sud, historiquement le premier fournisseur de l'UE (avec 537,8 M€ en 2015, probablement lié à la production de Krugerrand et autres pièces en or), a connu un déclin relatif (−12,6 %), avec des fluctuations importantes au cours de la période (pic à 1,31 milliard d'euros).

Diversification des destinations d'exportation

Côté exportations, les États-Unis demeurent le premier client de l'UE (334,9 M€ en 2025, +126,5 %), suivis de la Suisse (276,7 M€, +106,9 %). Cependant, plusieurs marchés émergents affichent des taux de croissance spectaculaires :

Destination Export. 2015 (M€) Export. 2025 (M€) Variation (%)
Costa Rica 0,09 1,98 +2 156 296 %
Moldavie 0,03 2,51 +9 772 %
Macédoine du Nord 0,03 0,90 +2 725 %
Azerbaïdjan 0,28 1,32 +370 %
Israël 0,78 6,08 +683 %

Bien que ces marchés restent de taille modeste en valeur absolue, leur croissance exponentielle témoigne d'une stratégie de diversification géographique des exportateurs européens.

Une concentration du marché en déclin

L'indice de concentration HHI a diminué tant pour les importations (de 2 460 à 1 748, −28,9 %) que pour les exportations (de 2 341 à 1 721, −26,5 %). Cette baisse confirme une diversification progressive des flux commerciaux, avec une moindre dépendance vis-à-vis d'un nombre restreint de partenaires. L'UE s'est tournée vers un plus grand nombre de sources d'approvisionnement et de marchés de destination.


III. Une production européenne en restructuration et des marchés à forte volatilité

Une production en volume en forte baisse, en valeur en hausse

Les données de production européenne révèlent un paradoxe saisissant : la quantité produite dans l'UE est passée de 43,6 millions de kilogrammes à 20 millions de kilogrammes (−54,1 %), tandis que la valeur de la production a bondi de 765,7 millions d'euros à 1,5 milliard d'euros (+95,9 %). Cela signifie que la valeur unitaire de la production a été multipliée par près de 3,4, ce qui suggère un basculement vers des monnaies de plus grande valeur (pièces de collection commémoratives, pièces en métaux précieux) au détriment des monnaies courantes de moindre valeur unitaire.

Une spécialisation géographique au sein de l'UE

Les indices de spécialisation révèlent une forte hétérogénéité au sein de l'UE :

État membre RSCA RCA Part production
Estonie 0,927 26,25 8,9 %
Autriche 0,823 10,33 34,1 %
Luxembourg 0,515 3,12 1,0 %
Belgique 0,296 1,84 15,6 %
Allemagne 0,287 1,80 38,2 %

L'Estonie et l'Autriche affichent les indices de spécialisation les plus élevés. L'Estonie, avec un RCA de 26,25, est massivement spécialisée dans ce produit malgré une part de production modeste (8,9 %), suggérant une forte orientation exportatrice. L'Autriche (34,1 % de la production) et l'Allemagne (38,2 %) sont les principaux producteurs, cette dernière dominant également les flux d'exportations extra-UE avec 746,6 M€ en 2025 (+313,5 % par rapport à 2015).

Une volatilité marquée et des chocs ponctuels

L'analyse de la volatilité met en évidence des coefficients de variation élevés pour plusieurs partenaires. À l'importation, la Turquie (CV = 2,65), le Royaume-Uni (CV = 1,14) et la Nouvelle-Zélande (CV = 1,36) présentent les fluctuations les plus marquées. À l'exportation, la Macédoine du Nord (CV = 2,39), la Moldavie (CV = 1,78) et l'Arménie (CV = 1,55) sont les plus instables.

Plusieurs chocs significatifs ont été détectés :

Choc Partenaire Type Flux Année Décalage (%)
1 Hong Kong Prix Exportations 2020 +772,2 %
2 États-Unis Prix Importations 2022 +119,0 %
3 Israël Prix Exportations 2019 +464,0 %

Le choc de prix à l'exportation vers Hong Kong en 2020 (anomalie de 105,6, décalage de 772,2 %) coïncide avec la crise sanitaire mondiale et les perturbations des chaînes logistiques, qui ont pu conduire à des réacheminements ou à une modification de la composition des flux. Le choc aux importations en provenance des États-Unis en 2022 (anomalie de 22,5, +119 %) s'inscrit dans le contexte de la forte volatilité des marchés monétaires et financiers qui a suivi la crise énergétique liée au conflit russo-ukrainien.


Conclusion

Le marché européen des monnaies (CN 711890) a connu, sur la période 2015–2025, une triple transformation : un basculement de la position commerciale nette, une réorientation géographique majeure des flux, et une restructuration profonde de la production. L'UE est passée de statut d'exportateur net à importateur net, tandis que le Royaume-Uni est devenu un partenaire commercial de premier plan à la suite du Brexit. La production européenne a vu son volume diminuer de moitié tout en doublant sa valeur, témoignant d'un glissement vers des monnaies à haute valeur ajoutée. Enfin, la diversification des partenaires commerciaux et la baisse de la concentration du marché suggèrent une plus grande résilience structurelle, malgré une volatilité persistante sur certains corridors commerciaux et des chocs de prix liés à des événements géopolitiques ou sanitaires ponctuels. Ces dynamiques pourraient s'intensifier dans les années à venir, notamment sous l'effet des évolutions numériques (euro numérique) et des incertitudes géopolitiques.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

Si vous avez besoin de conseils sur la politique commerciale européenne, ou de représentation pour vos intérêts à Bruxelles, merci de me contacter à support@tradedashboard.eu. Vous trouverez mon CV à cette adresse.