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Évolution du marché : Glandes et organes (CN 300190) — 2015–2025

Introduction

La nomenclature CN 300190 couvre un ensemble de produits pharmaceutiques d'origine biologique — glandes et organes à usage opothérapiques desséchés, héparine et ses sels, ainsi que d'autres substances d'origine humaine ou animale préparées à des fins thérapeutiques ou prophylactiques. Ce code, de nature résiduelle (« n.d.a. »), regroupe des sous-produits distincts dont les dynamiques commerciales diffèrent sensiblement : l'héparine (CN 30019091) domine largement la valeur des échanges, tandis que les substances d'origine animale hors héparine (CN 30019098) l'emportent en volume, et les substances d'origine humaine (CN 30019020) occupent une position intermédiaire.

La période 2015–2025 est marquée par un recul prononcé de l'ensemble des flux commerciaux de l'UE avec le reste du monde, tant en valeur qu'en volume. Les importations ont subi une contraction plus forte que les exportations, ce qui a mécaniquement amélioré le solde commercial de l'Union. Ce rapport propose une analyse structurée de ces dynamiques en trois axes : l'ampleur et les déterminants de la contraction commerciale, la place centrale de l'héparine et la volatilité des prix qui lui est associée, et enfin la reconfiguration des partenaires commerciaux couplée à la montée en puissance de la production européenne.

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1. Une contraction généralisée des échanges avec une amélioration asymétrique du solde

1.1. Les importations ont reculé de manière plus prononcée que les exportations

Entre 2015 et 2025, les échanges de l'UE en CN 300190 avec le reste du monde ont connu un déclin marqué dans les deux sens. Les exportations sont passées de 536 M€ à 341 M€ (−36,3 %), tandis que les importations ont chuté de 1 003 M€ à 599 M€ (−40,3 %). En volume, l'écart est encore plus spectaculaire : les exportations ont perdu 37,1 % de leur quantité (de 361 à 227 tonnes), mais les importations se sont effondrées de 80,5 % (de 3 572 à 695 tonnes).

Indicateur 2015 2025 Variation (%)
Valeur des exportations (M€) 536,0 341,4 −36,3 %
Volume des exportations (t) 361,5 227,5 −37,1 %
Valeur des importations (M€) 1 002,8 599,1 −40,3 %
Volume des importations (t) 3 572,0 695,2 −80,5 %
Prix moyen export (€/t) 1 480 009 1 494 902 +1,0 %
Prix moyen import (€/t) 280 470 860 884 +206,9 %

Source : Vue d'ensemble des échanges

1.2. L'érosion massive des volumes importés reflète un changement structurel

Le recul de 80,5 % du volume importé contraste avec la relative stabilité des prix à l'export (+1,0 %). Cette asymétrie indique que la contraction des importations n'est pas principalement un effet prix, mais bien un phénomène de réduction des quantités physiques achetées à l'étranger. Le prix moyen des importations a connu une hausse de 206,9 %, suggérant que les volumes achetés se concentrent désormais sur des produits à plus forte valeur unitaire. Ce mouvement est en grande partie imputable à l'effondrement des importations de substances animales hors héparine (CN 30019098), dont le volume est passé de 2 856 à 240 tonnes entre 2015 et 2025.

1.3. Le déficit commercial s'est significativement réduit

Le solde commercial de l'UE, structurellement déficitaire sur ce produit, s'est amélioré de 44,8 %, passant de −467 M€ en 2015 à −258 M€ en 2025. Le creux du déficit a été atteint à −682 M€ (probablement autour de 2019), avant que la contraction plus rapide des importations ne tire le solde vers le haut. Parallèlement, le taux de dépendance nette aux importations a diminué de 16,2 % à 13,9 %, tandis que la propension à exporter est passée de 11,3 % à 13,9 %, ce qui indique une repositionnement progressif de l'UE vers davantage d'autonomie et une plus grande ouverture à l'export sur ce segment.


2. L'héparine au cœur du marché : domination structurelle et forte volatilité des prix

2.1. L'héparine domine la valeur des échanges, avec des trajectoires prix distinctes

La ventilation par sous-produit révèle que l'héparine et ses sels (CN 30019091) représentent la quasi-totalité de la valeur des importations et une part prépondérante des exportations. En 2025, l'héparine pèse 523 M€ sur 599 M€ d'importations totales (87 %) et 257 M€ sur 341 M€ d'exportations (75 %). En revanche, les volumes d'héparine importés sont restés relativement stables autour de 318 tonnes en 2025, contre 325 tonnes en 2015, alors que les volumes d'exportation ont chuté de 285 à 86 tonnes.

Sous-produit Import volume 2015 (t) Import volume 2025 (t) Δ Import valeur 2015 (M€) Import valeur 2025 (M€)
Héparine (30019091) 324,8 318,3 −2,0 % 924,0 523,3
Substances animales hors héparine (30019098) 2 855,9 240,5 −91,6 % 36,4 46,8
Substances humaines (30019020) 391,3 136,4 −65,2 % 42,4 29,0

Source : Comparaison par segment de produit

2.2. L'effondrement des volumes d'importation de substances animales non-héparine constitue le fait marquant

La chute de 91,6 % du volume importé de substances d'origine animale hors héparine (CN 30019098), de 2 856 à 240 tonnes, est le mouvement le plus spectaculaire de la période. Ce recul massif explique à lui seul la majeure partie de la contraction du volume total des importations. Néanmoins, en valeur, ce segment est passé de 36 M€ à 47 M€, ce qui signifie que le prix unitaire a été multiplié par près de 13 (de 12 595 €/t à 194 113 €/t). Cette évolution suggère un changement radical de la composition des produits importés sous ce code, avec une substitution progressive vers des extraits à plus forte valeur ajoutée.

2.3. Les prix de l'héparine ont connu un pic spectaculaire autour de la pandémie de Covid-19

L'héparine, anticoagulant naturel extrait principalement de muqueuses porcines, a connu une volatilité de prix exceptionnelle. À l'export, le prix moyen de l'héparine est passé de 1,36 M€/t en 2015 à un sommet de 7,71 M€/t en 2020 — soit une multiplication par 5,7 — avant de refluer à 2,99 M€/t en 2025. À l'import, le pic a été atteint en 2021 à 3,83 M€/t. Ce pic de 2020–2021 coïncide avec la pandémie de Covid-19, au cours de laquelle l'héparine a été massivement utilisée dans le traitement des patients hospitalisés (prévention des thromboses), combinée à des tensions d'approvisionnement en provenance de Chine, principal fournisseur mondial de muqueuses porcines.

Année Prix export héparine (€/t) Prix import héparine (€/t)
2015 1 359 076 2 844 987
2019 4 669 360 3 401 831
2020 7 714 444 3 102 742
2021 4 897 093 3 825 261
2022 4 326 529 3 650 455
2025 2 989 577 1 643 852

Source : Comparaison par segment de produit

2.4. Des chocs de prix ponctuels sur des partenaires secondaires

L'analyse de volatilité et des chocs d'approvisionnement révèle plusieurs événements significatifs. Le plus notable est un choc de prix à l'import en provenance du Brésil en 2019, avec un décalage de +1 015 % et une part de valeur de 8,3 %, ce qui peut s'expliquer par des variations ponctuelles de la composition des importations (vers des produits à plus forte valeur unitaire). Du côté des exportations, un choc de prix vers l'Égypte en 2023 (+1 902 % de décalage) et vers la Biélorussie en 2022 (+717 %) sont détectés, bien que ces flux restent marginaux en valeur (0,3 % et 0,1 % respectivement).


3. Reconfiguration géographique et montée en puissance de la production européenne

3.1. Singapour demeure le premier partenaire, tandis que la Chine monte en puissance à l'export

La géographie des échanges a connu des mutations notables. À l'import, Singapour reste le premier fournisseur de l'UE avec 277 M€ en 2025, en repli cependant de 44,7 % par rapport à son niveau de 2015 (501 M€). La Chine, second fournisseur, a vu ses exportations vers l'UE diminuer de 35,8 % (de 188 à 121 M€). Les importations en provenance du Royaume-Uni ont connu le recul le plus brutal (−82,7 %), s'effondrant de 15 M€ à 2,6 M€, ce qui peut s'expliquer partiellement par les conséquences du Brexit sur les flux intra-européens comptabilisés comme extra-UE.

À l'export, Singapour demeure de loin la première destination (200 M€, −46,5 %), suivi du Royaume-Uni (21 M€) et de la Suisse (14 M€). La Chine apparaît toutefois comme le partenaire à la plus forte dynamique de croissance : les exportations vers la Chine sont passées de 2,4 M€ à 9,1 M€ (+285 %), reflétant l'ouverture croissante de ce marché aux produits pharmaceutiques biologiques européens. La Turquie (+83,6 %) affiche également une trajectoire ascendante, avec 10 M€ en 2025.

Partenaire (export) 2015 (M€) 2025 (M€) Δ (%)
Singapour 372,7 199,5 −46,5 %
Chine 2,4 9,1 +285,1 %
Turquie 5,5 10,1 +83,6 %
États-Unis 48,4 24,7 −49,0 %

Source : Principaux partenaires par valeur

3.2. La France a perdu sa position dominante au profit d'une diversification intra-européenne

Au sein de l'UE, la France était en 2015 le premier importateur (582 M€) et le premier exportateur (416 M€) de ce produit. En 2025, elle a perdu 84 % de ses importations (93 M€) et 48 % de ses exportations (215 M€). En parallèle, la Hongrie a accru ses importations de 57,5 % (de 125 à 196 M€), et l'Italie a presque doublé les siennes (+85,9 %, de 39 à 72 M€). À l'export, l'Allemagne (+35,8 %) et les Pays-Bas (+38,0 %) ont gagné des parts, suggérant une réorganisation des chaînes de valeur au sein de l'Union, avec un transfert de la position de hub de la France vers d'autres États membres.

État membre (import) 2015 (M€) 2025 (M€) Δ (%)
France 582,4 93,2 −84,0 %
Hongrie 124,6 196,2 +57,5 %
Italie 38,8 72,2 +85,9 %
Allemagne 48,4 48,5 +0,2 %

Source : Principaux États membres par valeur

3.3. La production européenne a connu une expansion remarquable

Les données de production de l'UE en CN 300190 montrent une croissance spectaculaire de la valeur produite : celle-ci est passée de 674 M€ à 2,8 milliards d'euros (+315,6 %), avec un maximum observé à 3,3 milliards d'euros au cours de la période. Cette expansion, nettement supérieure à la croissance des échanges, indique un renforcement significatif de la base productive européenne, vraisemblablement alimenté par l'augmentation de la demande intérieure pour des produits à base d'héparine et de substances biologiques, ainsi que par des investissements dans la capacité de production locale, en partie motivés par les enseignements des crises d'approvisionnement de 2020–2021.

3.4. L'indice de concentration des échanges se desserre progressivement

L'indice de concentration HHI des importations en valeur a diminué de 3 569 à 3 193 (−10,5 %), et celui des exportations de 4 977 à 3 571 (−28,2 %). Ces niveaux restent élevés — indiquant un marché où quelques partenaires dominent — mais la tendance baissière traduit une diversification progressive des sources d'approvisionnement et des débouchés. En 2025, la spécialisation la plus forte est détenue par les Pays-Bas, la Suède et l'Espagne (RSCA > 0,5), tandis que des pays comme la Hongrie et l'Estonie affichent un désavantage comparatif très marqué sur ce segment, concentrant leurs importations plutôt que leur production.


Conclusion

Le marché de la CN 300190 sur la période 2015–2025 se caractérise par trois dynamiques convergentes : un repli global des volumes échangés, une dépendance persistante mais en voie de réduction vis-à-vis des importations d'héparine, et une montée en puissance de la production européenne qui accompagne une diversification des partenaires commerciaux. L'épisode de la pandémie de Covid-19 apparaît comme un tournant, ayant révélé les vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement en héparine tout en catalysant une restructuration des flux et un renforcement des capacités de production au sein de l'UE. Le déficit commercial, quoique encore substantiel (258 M€ en 2025), s'est significativement réduit, et le taux de dépendance nette aux importations de 13,9 % en fin de période témoigne d'un marché en voie de rééquilibrage. L'avenir de ce segment dépendra de la capacité de l'UE à maintenir cette dynamique d'autonomisation, dans un contexte de demande mondiale croissante pour les produits anticoagulants et thérapeutiques d'origine biologique.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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