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Évolution du marché : Fonte brute non alliée (CN 720110) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne (UE) pour le code douanier 720110 – fontes brutes non alliées contenant en poids ≤ 0,5% de phosphore – sur la période 2015-2025. Ce produit, matière première essentielle pour la sidérurgie, est étudié ici à travers les dynamiques d'importations, d'exportations, la structure des partenaires commerciaux, ainsi que les risques de volatilité et de dépendance. L'objectif est de dégager les tendances majeures qui ont façonné ce marché au cours de la dernière décennie.

1. Tendances générales des échanges commerciaux : des trajectoires divergentes

1.1 Une forte croissance des exportations de l'UE

Entre 2015 et 2025, les exportations de fonte brute (CN 720110) hors UE ont connu une croissance remarquable, aussi bien en valeur qu'en volume. La valeur des exportations a doublé, passant de 17,5 millions d'euros à 35,0 millions d'euros, soit une augmentation de +100,3%. Parallèlement, les quantités exportées ont progressé de +87,6%, passant de 42 877 tonnes à 80 439 tonnes. Cette dynamique indique un renforcement de la compétitivité ou de la spécialisation de l'UE sur ce créneau spécifique de la fonte brute (General Overview).

1.2 Des importations stables en valeur mais en repli en volume

Le comportement des importations presents un contraste frappant. En valeur, les importations de l'UE ont connu une hausse modérée, passant de 864 millions d'euros à 909 millions d'euros (+5,2%). Cependant, en volume, elles ont reculé de près d'un cinquième (-18,1%), passant de 3,04 millions de tonnes à 2,49 millions de tonnes. Cette divergence s'explique entièrement par la forte hausse du prix moyen des importations, qui a augmenté de 28,4% sur la période (de 285 €/t à 366 €/t) (General Overview).

1.3 Un déficit commercial structurel et persistant

Malgré la forte progression des exportations, l'UE reste structurellement déficitaire sur ce produit. Le solde commercial, bien que négatif, s'est légèrement détérioré, passant de -847 millions d'euros en 2015 à -874 millions d'euros en 2025 (-3,2%). Ce déficit persistant souligne la forte dépendance de l'industrie sidérurgique européenne vis-à-vis des approvisionnements extérieurs en fonte brute, nécessaires pour alimenter les fours à arc électrique (General Overview).

2. Structure du marché : reconfiguration géographique et effondrement de la production intérieure

2.1 Une géographie des importations en mutation : déclin russe et montée de nouveaux fournisseurs

La structure des fournisseurs de l'UE a subi une transformation majeure. La Russie, principal fournisseur en 2015 (403 millions d'euros), a vu ses exportations vers l'UE chuter de -39,0% pour atteindre 246 millions d'euros en 2025. À l'inverse, de nouveaux partenaires ont gagné des parts de marché : l'Afrique du Sud (+189,6%), le Canada (+81,6%) et le Brésil (+34,9%). L'Ukraine, second fournisseur, a maintenu un niveau d'échanges stable malgré une grande volatilité (General Overview - Top Partners).

Partenaire Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation 2015-2025
Russie 403,3 246,0 -39,0%
Ukraine 208,2 209,1 +0,4%
Brésil 147,2 198,6 +34,9%
Afrique du Sud 45,8 132,7 +189,6%

2.2 Une concentration des exportations en hausse, portée par la Turquie

À l'export, la concentration des flux a fortement augmenté, comme le montre l'indice HHI qui est passé de 1 799 à 3 878 (+115,5%). Cette évolution est largement tirée par la Turquie, qui est devenue de loin le premier client de l'UE, avec des exportations passant de 5,3 millions d'euros à 20,8 millions d'euros (+289,9%). D'autres marchés comme l'Inde ou Taïwan ont également progressé, tandis que les ventes vers la Chine et les États-Unis se sont effondrées (General Overview - Top Partners).

2.3 Un effondrement de la production intérieure de l'UE

Le changement le plus spectaculaire réside dans l'effondrement de la production de fonte brute au sein de l'UE. La production en volume (exprimée en kg) a chuté de -97,3% entre 2015 et 2025, passant de 29,8 milliards de kg à 0,8 milliard de kg. En valeur, le recul est de -80,4%. Cette chute dramatique explique la dépendance accrue aux importations et la réorientation des échanges vers l'extérieur (Market Structure - Production).

3. Volatilité, chocs et vulnérabilité : une exposition aux risques géopolitiques

3.1 Une volatilité marquée des flux avec certains partenaires

La volatilité des échanges, mesurée par le coefficient de variation, est très hétérogène selon les partenaires. Les flux avec certains pays comme la Serbie (CV import = 0,63), l'Afrique du Sud (0,52) ou l'Ukraine (0,49) sont très instables. À l'export, les relations avec la Chine (CV = 2,62), l'Albanie (1,73) ou le Pakistan (1,01) présentent une volatilité extrême, reflétant des échanges de niche ou ponctuels (Volatility & Shocks).

3.2 Des chocs de prix significatifs sur des marchés clés

L'analyse a identifié des chocs de prix importants. Le plus notable concerne les exportations vers les États-Unis en 2022, avec une augmentation anormale de prix (abnormalité = 133,7) et un bond de +1 813% par rapport à la tendance. Un autre choc significatif s'est produit à l'export vers le Royaume-Uni en 2018. À l'import, un choc de prix a été observé pour la fonte en provenance d'Ukraine en 2021, avec une hausse de prix anormale de +56,3% (Volatility & Shocks - Supply Shocks).

3.3 Une dépendance croissante de l'UE aux importations

En conséquence de l'effondrement de la production locale, la dépendance de l'UE aux importations nettes a fortement augmenté. Le taux de dépendance aux importations nettes est passé de 46,2% à 67,7%, soit une hausse de +46,5%. L'intensité commerciale (part du commerce total dans la production apparente) a également bondi de 47,3% à 71,2%. Ces indicateurs confirment que l'UE est devenue bien plus dépendante du reste du monde pour s'approvisionner en cette matière première critique (Autonomy & Vulnerability).

Conclusion

La période 2015-2025 a été marquée par une reconfiguration profonde du marché de la fonte brute non alliée (CN 720110) pour l'Union européenne. Le constat central est un déclin vertigineux de la production intérieure de l'UE, qui a engendré une dépendance accrue aux importations et un déficit commercial persistant. Face à ce déclin, l'UE a vu ses exportations croître de manière significative, mais sur un volume bien plus modeste, concentré sur quelques marchés comme la Turquie.

Cette période a également été marquée par une reconfiguration des partenaires d'importation, avec un recul de la Russie et la montée en puissance de fournisseurs comme l'Afrique du Sud ou le Brésil. Le marché reste toutefois exposé à des risques de volatilité et de chocs, comme en témoignent les événements récents sur les prix vers les États-Unis ou en provenance d'Ukraine. En résumé, l'UE a troqué une production domestique déclinante contre une plus grande exposition aux dynamiques mondiales, ce qui pose des questions cruciales en termes de sécurité d'approvisionnement pour son industrie sidérurgique.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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