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Évolution du marché : Butane commercial (CN 27111397) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution des échanges extérieurs de l'Union européenne pour le code NC 27111397 — Butanes, liquéfiés, d'une pureté ≤ 90 % (sauf destinés à subir une transformation chimique) — sur la période 2015–2025. Ce produit, classé dans la catégorie des gaz de pétrole et hydrocarbures gazeux, constitue un segment clé du commerce européen d'énergie. Les données portent sur les échanges entre l'UE et les pays tiers (hors intra-UE) en valeur (EUR), en volume (tonnes) et en prix unitaire (EUR/t). Elles révèlent un marché marqué par une dépendance structurelle aux importations, une recomposition géographique profonde des partenaires et une volatilité accrue, amplifiée par les crises énergétiques récentes.

Vue d'ensemble du marché sur le tableau de bord


1. Un déficit commercial structurel, temporairement gommé par la crise énergétique de 2022

1.1. Une croissance tirée par les prix plus que par les volumes

Sur l'ensemble de la période, les importations de l'UE ont progressé de 45,2 % en valeur (de 486,0 M€ à 705,6 M€) et de 16,2 % en volume (de 1 222 469 t à 1 420 812 t). Les exportations ont suivi une trajectoire comparable : +42,7 % en valeur (de 325,9 M€ à 464,9 M€) et +22,0 % en volume (de 830 949 t à 1 013 722 t). L'écart entre la progression de la valeur et celle du volume traduit une hausse significative des prix unitaires : +24,9 % à l'importation (de 398 à 497 EUR/t) et +16,9 % à l'exportation (de 392 à 459 EUR/t). Le marché du butane commercial européen est donc un marché où la dynamique de valeur est largement pilotée par les fluctuations de prix, davantage que par des expansions volumétriques.

Indicateur 2015 2025 Variation
Importations — valeur (M€) 486,0 705,6 +45,2 %
Importations — volume (kt) 1 222 1 421 +16,2 %
Importations — prix (EUR/t) 398 497 +24,9 %
Exportations — valeur (M€) 325,9 464,9 +42,7 %
Exportations — volume (kt) 831 1 014 +22,0 %
Exportations — prix (EUR/t) 392 459 +16,9 %

1.2. Un solde déficitaire qui s'est creusé malgré un retournement exceptionnel

L'UE affiche un déficit commercial quasi permanent sur ce segment. Le solde est passé de −160,1 M€ en 2015 à −240,7 M€ en 2025, soit une détérioration de 50,3 %. Toutefois, les données révèlent un épisode remarquable : le solde a atteint un maximum de +122,2 M€ au cours de la période, signe que l'UE est brièvement devenue exportatrice nette. Ce retournement s'explique vraisemblablement par la crise énergétique de 2022, au cours de laquelle les prix à l'exportation ont atteint 697 EUR/t — soit un pic largement supérieur au maximum d'importation de 747 EUR/t — tandis que les volumes importés se sont contractés (minimum observé à 769 889 t, pour une valeur minimale de 322,1 M€). À l'inverse, le déficit le plus profond (−307,1 M€) coïncide avec un retour des importations à des niveaux élevés.

Solde commercial Valeur
Début de période (2015) −160,1 M€
Maximum observé +122,2 M€
Minimum observé −307,1 M€
Fin de période (2025) −240,7 M€

Évolution du commerce par flux


2. Une réorientation profonde des partenaires d'approvisionnement

2.1. Le déclin des fournisseurs traditionnels d'Europe de l'Est et d'Asie centrale

Les partenaires historiques de l'UE sur le segment du butane ont vu leur part se réduire fortement. Les importations en provenance de Russie ont chuté de 70,6 %, passant de 42,7 M€ à 12,5 M€, reflétant les sanctions et les choix de diversification liés au conflit russo-ukrainien. Celles en provenance du Kazakhstan ont connu un recul encore plus brutal (−83,0 %), de 61,0 M€ à 10,4 M€. La volatilité de ces deux partenaires était déjà élevée avant le choc (coefficient de variation de 0,52 pour la Russie et de 1,12 pour le Kazakhstan), suggérant des flux historiquement irréguliers.

2.2. La montée en puissance de fournisseurs atlantiques et méditerranéens

En contrepartie, l'UE a massivement diversifié ses sources d'approvisionnement :

  • Les États-Unis sont passés de 6,9 M€ à 90,7 M€, soit une augmentation de 1 217,6 %, devenant le troisième fournisseur de l'UE. Cette progression traduit l'essor de l'exportation de GNL et de GPL américains vers l'Europe, accéléré par la crise énergétique.
  • L'Algérie a connu une progression de 375,2 % (de 15,1 M€ à 71,6 M€), consolidant son rôle de fournisseur méditerranéen.
  • Trinité-et-Tobago a presque quadruplé ses livraisons (+219,6 %, de 4,7 M€ à 14,9 M€).

Les partenaires historiques Norvège et Royaume-Uni demeurent les deux premiers fournisseurs, avec des valeurs respectives de 214,9 M€ (+45,4 %) et 260,9 M€ (+49,0 %). Leur position dominante est confirmée par une volatilité relativement contenue (CV de 0,31 et 0,35), ce qui en fait des partenaires de flux réguliers.

Partenaire d'importation 2015 (M€) 2025 (M€) Variation CV
Norvège 147,8 214,9 +45,4 % 0,31
Royaume-Uni 175,1 260,9 +49,0 % 0,35
États-Unis 6,9 90,7 +1 217,6 % 0,68
Algérie 15,1 71,6 +375,2 % 0,64
Russie 42,7 12,5 −70,6 % 0,52
Kazakhstan 61,0 10,4 −83,0 % 1,12
Trinité-et-Tobago 4,7 14,9 +219,6 % 0,29

2.3. Des marchés d'exportation en pleine mutation

Côté exportations, les reconfigurations sont tout aussi marquantes. Le Maroc demeure la première destination (217,0 M€, +67,0 %) avec une volatilité remarquablement faible (CV de 0,16). L'Ukraine est passée de 0,09 M€ à 63,8 M€ (+70 176 %), devenant la quatrième destination : cette progression spectaculaire s'inscrit dans le contexte du soutien européen à la sécurité énergétique ukrainienne. À l'inverse, les exportations vers l'Égypte se sont effondrées (−99,7 %, de 22,7 M€ à 0,07 M€). Le Liban a également reculé (−41,3 %), tandis que la Tunisie a progressé de 89,7 %.

Partenaire d'exportation 2015 (M€) 2025 (M€) Variation CV
Maroc 130,0 217,0 +67,0 % 0,16
Tunisie 16,7 31,7 +89,7 % 0,57
Ukraine 0,09 63,8 +70 176 % 1,10
Liban 50,2 29,5 −41,3 % 0,74
Norvège 8,7 13,3 +51,9 % 0,20
Serbie 11,6 10,0 −14,0 % 0,61
Égypte 22,7 0,07 −99,7 % 0,85

Partenaires d'importation et d'exportation


3. Concentration croissante, chocs de prix et spécialisation inégale au sein de l'UE

3.1. Un marché qui se concentre autour de quelques partenaires clés

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI), qui mesure la concentration des flux commerciaux, indique une tendance à la concentration sur la période :

Indice HHI (valeur) 2015 2025 Variation
Importations 2 478 2 605 +5,1 %
Exportations 2 053 2 523 +22,9 %

La hausse de l'HHI à l'exportation (+22,9 %) est plus prononcée qu'à l'importation (+5,1 %), ce qui suggère que les exportations européennes se sont de plus en plus concentrées vers un nombre restreint de marchés (Maroc, Ukraine en tête). À l'importation, la concentration reste relativement stable mais le niveau élevé de l'HHI (au-dessus de 2 500) confirme une dépendance envers un petit nombre de fournisseurs, principalement norvégiens et britanniques.

Indice de concentration HHI

3.2. Des chocs de prix significatifs, concentrés sur la période 2021–2023

L'analyse de la volatilité met en évidence trois chocs majeurs, tous de nature prix :

Choc Flux Partenaire Année Amplitude du choc Anomalie Part de valeur
1 Exportation Égypte 2023 +389,1 % 8,3 6,8 %
2 Importation Royaume-Uni 2021 +48,6 % 5,9 41,8 %
3 Importation États-Unis 2021 +40,2 % 5,2 11,8 %

Le choc le plus anormal concerne les exportations vers l'Égypte en 2023 (+389,1 %), bien qu'il ne représente qu'une part modeste de la valeur totale. Les deux chocs à l'importation en 2021 — sur le Royaume-Uni (41,8 % de la valeur des importations) et les États-Unis (11,8 %) — sont plus structurants. Ils coïncident avec la reprise post-COVID et le début de la hausse des prix de l'énergie qui a précédé la crise de 2022. Ces chocs de prix ont été absorbés sans rupture d'approvisionnement, mais ils illustrent la vulnérabilité du marché européen aux variations de prix des principaux fournisseurs.

Événements de chocs détectés

3.3. Une spécialisation intra-européenne très inégale

En 2025, la spécialisation à l'exportation varie considérablement d'un État membre à l'autre. La Suède affiche le RSCA le plus élevé (0,75), suivie de la Lituanie (0,65) et de la Grèce (0,61). La Belgique, avec un RSCA de 0,51 et une part de 26,3 % dans les exportations de butane de l'UE, est le principal exportateur en volume. À l'opposé, la Bulgarie (RSCA de −1,00), le Luxembourg (−0,999) et le Portugal (−0,997) n'exportent quasiment pas ce produit.

Du côté des importations, les Pays-Bas dominent avec 358,4 M€ en 2025 (+70,5 % par rapport à 2015), suivis de la Belgique (139,8 M€) et de la France (85,2 M€, +242,3 %). La Pologne, en revanche, a fortement réduit ses importations (−58,7 %, de 74,4 M€ à 30,7 M€), reflétant peut-être un rééquilibrage de son mix énergétique.

Spécialisation des États membres


Conclusion

Le marché européen du butane commercial (CN 27111397) a connu, sur la période 2015–2025, trois dynamiques majeures. Premièrement, l'UE demeure structurellement déficitaire, avec un déficit creusé de 160 à 241 M€, ponctué d'un retournement temporaire en 2022 où l'envolée des prix a momentanément transformé l'UE en exportateur net. Deuxièmement, la géographie commerciale a été profondément reconfigurée : le déclin des fournisseurs russe et kazakh a été compensé par la montée en puissance des États-Unis et de l'Algérie, tandis que les exportations vers l'Ukraine ont littéralement explosé dans le contexte géopolitique post-2022. Troisièmement, le marché affiche une concentration croissante et demeure exposé à des chocs de prix significatifs, notamment liés aux fluctuations des prix de l'énergie globale. Ces tendances suggèrent que le marché du butane commercial européen est entré dans une phase de recomposition durable, marquée par la quête de sécurité d'approvisionnement et la diversification des partenaires, tout en restant soumis à une volatilité de prix structurelle.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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