Évolution du marché : Biscuits sucrés (CN 19053199) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour les biscuits additionnés d'édulcorants (code NC 19053199) sur la période 2015-2025. L'analyse se concentre sur les échanges avec les pays hors UE. Les données révèlent une transformation majeure du secteur, caractérisée par une forte croissance des exportations de l'UE, une montée en gamme marquée et une consolidation de son statut de puissance exportatrice nette. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte de production intérieure robuste et de diversification des partenaires commerciaux.
Une dynamique d'exportation dominante et une intégration commerciale accrue
L'UE a considérablement renforcé sa position sur le marché mondial des biscuits sans chocolat à teneur réduite en matières grasses laitières. La période 2015-2025 se distingue par une croissance explosive des exportations et une intégration plus poussée dans les échanges mondiaux, transformant l'UE en un acteur majeur et autonome.
Une performance exceptionnelle des exportations européennes
La valeur des exportations de l'UE vers le monde a presque doublé sur la période, passant de 447 millions d'euros à 853 millions d'euros, soit une hausse de 90,8% (Aperçu du commerce). Cette croissance a été tirée par une augmentation des volumes exportés (+32,5%) mais surtout par une forte hausse des prix moyens (+44,0%), indiquant une montée en gamme ou une inflation des coûts transmise aux acheteurs. Les importations ont progressé plus modérément (+48,9% en valeur), creusant ainsi le solde commercial positif de l'UE, qui est passé de 307 millions à 645 millions d'euros.
Le Royaume-Uni, pilier du commerce avec l'UE
Le Royaume-Uni demeure de loin le principal partenaire de l'UE, à la fois comme destination et comme source d'approvisionnement. Il a absorbé 234 millions d'euros d'exportations européennes en 2025, soit une part dominante du total, avec une croissance de 75,7% sur la période (Partenaires principaux par valeur). En sens inverse, le Royaume-Uni reste le premier fournisseur de l'UE, avec 84 millions d'euros d'importations en 2025, bien que sa part relative ait pu diminuer au profit d'autres fournisseurs.
Une intégration commerciale en forte progression
Plusieurs indicateurs confirment l'ouverture et l'orientation export du secteur. La propension à exporter (part de la production exportée) a bondi de 9,3% à 24,0%, tandis que l'intensité commerciale (rapport du commerce à la production) est passée de 11,8% à 27,7%. Corrélativement, la dépendance nette aux importations (reliance nette aux importations) est devenue négative et s'est accentuée, passant de -6,8% à -23,5%, confirmant que l'UE est structurellement exportatrice nette de ce produit.
Une géographie des échanges en recomposition et des chocs sectoriels
Au-delà du pilier britannique, la structure des échanges s'est diversifiée et a subi des perturbations notables. L'élargissement des débouchés s'accompagne d'une volatilité accrue et de l'apparition de chocs de prix liés à des événements géopolitiques ou économiques.
Diversification des marchés d'exportation et des sources d'importation
Si le Royaume-Uni et les États-Unis (+108,6% en valeur) restent les principaux moteurs des exportations européennes, d'autres marchés ont enregistré des hausses spectaculaires : les ventes vers le Canada ont quasiment doublé (+90,3%), celles vers l'Australie ont progressé de 83,7% et celles vers la Suisse de 78,5% (Partenaires principaux par valeur). Du côté des importations, la concentration sur le Royaume-Uni s'est atténuée. Des fournisseurs comme l'Ukraine (+490,8%), la Turquie (+53,2%) et la Serbie (+232,6%) ont vu leur part augmenter significativement, contribuant à la baisse de l'indice de concentration HHI des importations (Concentration HHI).
Une volatilité marquée et des chocs de prix identifiés
L'analyse de la volatilité révèle des comportements très différents selon les partenaires. Les échanges avec l'Ukraine (CV de 0,34) ou la Bosnie-Herzégovine (CV de 0,22) pour les importations, et avec la Turquie (CV de 0,55) ou le Maroc (CV de 0,65) pour les exportations, ont été particulièrement instables (Volatilité). Deux événements marquants ont été détectés : un choc de prix à l'exportation vers la Turquie en 2022 (anomalie de 5,1, hausse de 60,7%) et un autre vers l'Ukraine en 2023 (anomalie de 4,7, hausse de 20,2%) (Événements de choc). Ces pics peuvent être liés à des disruptions logistiques (conflit en Ukraine) ou à des chocs de coûts spécifiques.
Influence des facteurs géopolitiques et économiques sur les flux
L'augmentation massive des importations en provenance d'Ukraine (+490,8%) coïncide avec la période post-2022 et pourrait refléter une reconfiguration des chaînes d'approvisionnement à la suite du conflit, cherchant des alternatives ou bénéficiant de mesures commerciales préférentielles. La forte croissance des importations depuis les pays des Balkans (Serbie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine du Nord) peut être interprétée comme le résultat de l'approfondissement des accords commerciaux et de l'intégration économique de la région dans le marché unique européen.
Un secteur productif robuste et spécialisé au sein de l'Union
La performance commerciale de l'UE repose sur une base industrielle solide et diversifiée. La production a connu une croissance soutenue, et la spécialisation des États membres dans ce segment a évolué, bien que la domination des grands pays producteurs se soit consolidée.
Une production européenne en croissance régulière
La production de biscuits de ce type dans l'UE a augmenté de manière constante, passant d'environ 1,27 milliard de kilogrammes en 2015 à 1,76 milliard de kilogrammes en 2025, soit une hausse de 38,3% (Volume de production). La valeur de cette production a encore plus progressé (+78,8%), ce qui suggère une inflation des prix des intrants ou une production orientée vers des segments à plus forte valeur ajoutée. Cette croissance sous-jacente est le fondement de la capacité d'exportation de l'UE.
Spécialisation et concentration de la production intra-UE
La spécialisation de l'UE dans ce produit est élevée, comme en témoigne l'indice RCA normalisé (RSCA). Les pays les plus spécialisés sont la Lettonie (RSCA de 0,65), la Croatie (0,46), la Pologne (0,30), la Belgique (0,27) et l'Italie (0,24) (Pays les plus spécialisés). À l'inverse, des pays comme Chypre, Malte ou l'Irelande sont très peu spécialisés. Toutefois, en termes de poids dans la production et les exportations totales de l'UE, ce sont les grands États membres (Belgique, Pays-Bas, Italie, Espagne) qui dominent, confirmant la concentration géographique de l'industrie.
Positionnement des principaux États membres exportateurs
La Belgique a connu une croissance phénoménale de ses exportations (+231,9%), dépassant désormais les Pays-Bas pour devenir le premier exportateur de l'UE avec 191 millions d'euros en 2025. L'Italie (+125,0%) et l'Espagne (+131,2%) ont également fortement progressé, dépassant la France et l'Allemagne (Principaux exportateurs de l'UE). Du côté des importations, la Belgique a vu son rôle de plaque tournante se réduire (-44,0%), tandis que les Pays-Bas (+357,6%) et surtout la France (+137,7%) ont accru considérablement leurs achats hors UE.
Conclusion
Sur la période 2015-2025, le marché européen des biscuits sans chocolat à teneur réduite en matières grasses laitières a connu une transformation profonde. L'UE a renforcé sa position de puissance exportatrice nette, grâce à une production en forte croissance et une orientation stratégique vers l'international. La croissance s'est appuyée sur une montée en gamme des prix, une diversification réussie des marchés d'exportation au-delà du Royaume-Uni, et une intégration plus poussée des fournisseurs balkaniques et ukrainien.
Cette période a également été marquée par une augmentation de la volatilité et l'émergence de chocs de prix liés aux crises géopolitiques, testant la résilience des chaînes d'approvisionnement. La dynamique interne de l'UE montre une concentration de la production dans un nombre limité d'États membres, avec une spécialisation variable. L'avenir de ce secteur semblera lié à sa capacité à maintenir sa compétitivité prix et qualité sur des marchés internationaux concurrentiels, tout en gérant les risques associés à une dépendance accrue vis-à-vis de partenaires situés dans des zones géopolitiques sensibles.