Évolution du marché : Pressoirs (CN 8435) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport analyse l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne (UE) pour la nomenclature combinée 8435, qui couvre les presses, pressoirs, fouloirs et machines analogues pour la fabrication du vin, du cidre et des jus de fruits, ainsi que leurs parties, sur la période 2015-2025. Les données révèlent une trajectoire marquée par une détérioration de la balance commerciale excédentaire de l'UE, une concentration accrue des approvisionnements et une intensification des échanges, malgré une production intérieure en progression. L'analyse s'appuie exclusivement sur les données détaillées fournies.
1. Un excédent commercial structurel en érosion, tiré par la montée des importations
L'UE demeure un exportateur net de pressoirs sur toute la période, mais cet avantage commercial se réduit significativement entre 2015 et 2025. Cette tendance s'explique principalement par une croissance vigoureuse des importations qui surpasse celle des exportations.
1.1. Une contraction des exportations et une valeur stagnante
La valeur des exportations de l'UE vers le reste du monde a reculé de 109,5 millions d'euros en 2015 à 104,1 millions d'euros en 2025, soit une baisse de 5%. Cette dynamique est plus marquée en volume, avec une contraction de 8,6% (de 6 340 à 5 792 tonnes). La valeur maximale a été atteinte en 2022 (136,6 M€), avant de connaître une correction. Le prix moyen à l'exportation a connu une légère hausse (+3,8%), indiquant un possible déplacement vers des produits à plus haute valeur ajoutée.
| Indicateur (Exportations UE) | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Valeur (M€) | 109,5 | 104,1 | -5,0 % |
| Volume (k tonnes) | 6,34 | 5,79 | -8,6 % |
| Prix moyen (€/t) | 17 278 | 17 932 | +3,8 % |
1.2. Une forte dynamique d'importations, dopée par la Suisse et la Pologne
À l'inverse, les importations de l'UE ont connu une expansion remarquable, passant de 22,9 M€ à 34,5 M€ (+50,6%). Leur volume a progressé de manière similaire (+50,2%). Le prix moyen des importations est resté stable (+0,3%). Cette croissance a été alimentée par des partenaires clés : la Suisse, qui est devenue le premier fournisseur (17,0 M€ en 2025, contre 9,0 M€ en 2015, +88,1%), et la Pologne, dont les exportations vers le reste de l'UE ont bondi de manière spectaculaire (de 0,2 M€ à 12,2 M€), suggérant une intensification des échanges intra-industriels.
| Indicateur (Importations UE) | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Valeur (M€) | 22,9 | 34,5 | +50,6 % |
| Volume (k tonnes) | 1,80 | 2,71 | +50,2 % |
| Prix moyen (€/t) | 12 729 | 12 766 | +0,3 % |
1.3. Un solde excédentaire qui se dégrade
Le solde commercial de l'UE, bien que restant positif, s'est détérioré de 86,6 M€ en 2015 à 69,5 M€ en 2025, soit une baisse de 19,7%. Il a atteint son point le plus bas en 2025 et son point le plus haut en 2022 (116,1 M€). Cette évolution confirme un affaiblissement relatif de la position compétitive de l'UE sur ce segment, les importations progressant plus vite que les exportations.
Pour une vue d'ensemble des flux.
2. Une spécialisation productive affirmée mais une concentration géographique croissante des échanges
La structure du marché révèle une spécialisation claire de certains États membres dans la production de pressoirs, mais aussi une tendance à la concentration des flux d'importations, potentiellement source de vulnérabilité.
2.1. L'Italie et l'Espagne, piliers de l'exportation européenne
En 2025, l'Italie et l'Espagne dominaient les exportations de l'UE, représentant respectivement 27,6% et 22,0% du total. La France et l'Allemagne suivaient, mais l'Allemagne a connu une baisse significative de ses exportations (-33,3% entre 2015 et 2025). Au niveau de la spécialisation, la Slovénie, l'Italie et l'Espagne affichent les indices de spécialisation (RCA) les plus élevés, confirmant leur avantage comparatif dans ce secteur.
| Pays (Exportations) | Part en 2025 (%) | Évolution 2015-2025 |
|---|---|---|
| Italie | 27,6 % | -20,4 % |
| Espagne | 22,0 % | +34,1 % |
| France | 15,6 % | -19,8 % |
| Allemagne | 11,5 % | -33,3 % |
2.2. Une concentration accrue des fournisseurs d'importations
L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations, mesurant la concentration, a augmenté de 25,4% pour la valeur et de 37,9% pour le volume entre 2015 et 2025. Cela signifie que les importations proviennent d'un nombre plus restreint de partenaires dominants. La Suisse, avec une part passée de 39% à 49% des importations de l'UE, en est le principal responsable. Cette concentration accrue expose l'UE à des risques d'approvisionnement plus élevés.
2.3. Une production intérieure en progression mais volatile
La production de l'UE (exprimée en nombre de pièces) a augmenté de 32 000 à 52 000 unités (+62,5%) sur la période, et sa valeur est passée de 296 M€ à 320 M€ (+8%). Cependant, ces chiffres masquent une forte volatilité interannuelle (le volume a atteint un pic à près de 96 000 pièces en 2018), suggérant des cycles d'investissement marqués dans la filière viticole et cidricole.
Pour l'analyse de la concentration et de la spécialisation.
3. Une intégration commerciale plus poussée, mais sujette à des chocs de prix ponctuels
L'analyse des indicateurs de vulnérabilité et de volatilité montre que le marché des pressoirs au sein de l'UE s'est davantage intégré au commerce mondial, tout en restant exposé à des événements spécifiques.
3.1. Une intensité et une propension commerciales en hausse
L'intensité commerciale (rapport du commerce extérieur à la production) de l'UE pour ce produit a augmenté de 33,1% à 42,7%. De même, la propension à exporter (part des exportations dans la production) est passée de 30,0% à 37,4%. Ces deux indicateurs en progression montrent que le secteur est de plus en plus dépendant et intégré aux marchés internationaux, tant pour ses débouchés que pour son approvisionnement.
3.2. Des chocs de prix limités mais significatifs sur certaines destinations
L'analyse a identifié des événements de prix anormaux (chocs). Le plus notable concerne les exportations vers la Chine en 2018, avec une hausse de prix de 22,6% considérée comme très anormale (score d'anomalie de 429,1). D'autres chocs, comme une hausse de 263% vers l'Iran en 2020 ou une baisse de 40% vers l'Argentine en 2022, bien que portant sur de plus faibles parts de marché, illustrent la volatilité possible sur des destinations spécifiques.
3.3. Une dépendance nette aux importations stable malgré les fluctuations
L'indicateur de dépendance nette aux importations (calculé comme (Importations - Exportations)/Production) est resté négatif tout au long de la période, confirmant le statut d'exportateur net de l'UE. Il a oscillé entre -24,8% et -59,8%, avec une valeur en 2025 (-39,6%) inférieure à celle de 2015 (-34,2%), indiquant une dépendance relative aux importations qui s'est légèrement creusée.
Pour les indicateurs de vulnérabilité.
Conclusion
Entre 2015 et 2025, le marché européen des pressoirs pour la vinification a traversé une phase de transition. Si l'UE conserve un excédent commercial grâce à une production solide et à la force de ses exportateurs historiques (Italie, Espagne), sa position s'est fragilisée. La croissance soutenue des importations, concentrée principalement sur la Suisse, a érodé cet avantage et accru la dépendance commerciale. Parallèlement, le secteur s'est davantage intégré aux échanges mondiaux (hausse de l'intensité commerciale), ce qui offre des opportunités mais aussi une exposition accrue à la volatilité des prix sur certaines routes commerciales. L'avenir de ce segment dépendra de la capacité des producteurs européens à innover et à maintenir leur compétitivité face à des fournisseurs de plus en plus présents, tout en gérant une structure commerciale géographiquement plus concentrée.