Évolution du marché : Pompes pour liquides volumétriques rotatives, à moteur (sauf pompes à dispositif mesureur ou conçues pour en comporter des n° 841311 ou 841319, sauf pompes à carburant, à huile ou à liquide de refroidissement pour moteurs à allumage par étincelles ou par compression) (CN 841360) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport examine l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le code douanier 841360, qui couvre les pompes volumétriques rotatives à moteur — une catégorie résidive comprenant notamment les pompes à engrenages, à palettes, à vis hélicoïdales ainsi que les agrégats hydrauliques. Sur la période 2015–2025, le marché européen de ces équipements a connu une croissance de la valeur commerciale, masquant des dynamiques structurelles profondes : un décalage entre prix et volumes, une montée en puissance de la dépendance aux importations, et une recomposition géopolitique majeure. Voir l'aperçu général sur le tableau de bord.
1. Une expansion commerciale tirée par la valorisation plutôt que par les volumes
Les exportations progressent en valeur mais stagnent en quantité
Entre 2015 et 2025, la valeur des exportations de l'UE vers les pays tiers a augmenté de 49,2 %, passant de 972,7 M€ à 1 451,0 M€. En revanche, le volume exporté a diminué de 6,7 %, passant de 35 216 à 32 866 tonnes. Cette divergence traduit une hausse moyenne du prix unitaire à l'exportation de 59,8 %, de 27 617 €/t à 44 135 €/t.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Valeur exportations (M€) | 972,7 | 1 451,0 | +49,2 |
| Volume exportations (t) | 35 216 | 32 866 | −6,7 |
| Prix moyen export. (€/t) | 27 617 | 44 135 | +59,8 |
| Valeur importations (M€) | 347,3 | 628,0 | +80,8 |
| Volume importations (t) | 16 050 | 17 997 | +12,1 |
| Prix moyen import. (€/t) | 21 620 | 34 883 | +61,3 |
Sources : Aperçu général — échanges.
La production européenne confirme un glissement vers le haut de gamme
Les données de production de l'UE (PRODCOM) montrent une dynamique similaire. La production en volume a diminué de 12,2 % sur la période (de 24,3 M unités en 2003 à 21,3 M en 2024), tandis que la valeur de production a progressé de 57,8 % (de 1 516 M€ à 2 392 M€). Le prix moyen de production a ainsi presque doublé, passant de 62,5 €/unité en 2003 à 112,4 €/unité en 2024, ce qui confirme un positionnement de l'industrie européenne vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Voir les volumes de production.
Le déficit commercial se creuse progressivement
Le solde commercial, resté excédentaire tout au long de la période, s'est néanmoins légèrement érodé en termes relatifs. La dépendance nette aux importations s'est accentuée, passant de −38,1 % en 2015 à −44,2 % en 2025 (valeur négative = excédent). En parallèle, l'intensité commerciale — rapport entre le commerce total (imports + exports) et la production — a fortement augmenté, passant de 46,0 % à 67,2 %, ce qui traduit une intégration croissante de la filière européenne dans les échanges mondiaux. Voir la dépendance aux importations.
2. Une recomposition géopolitique des partenaires commerciaux
L'effondrement des échanges avec la Russie : le choc majeur de la période
L'événement le plus spectaculaire de la décennie est l'effondrement quasi total des exportations vers la Fédération de Russie. Ce partenaire, qui absorbait 43,3 M€ d'exportations en 2015 (soit 4,4 % du total) et atteignait un pic de 71,2 M€ en 2019, est tombé à seulement 252 752 € en 2025 — une chute de 99,4 %. L'analyse des chocs identifie un effondrement brutal dès 2022 (−65,5 % en un an), suivi d'une quasi-disparition des flux. En termes de volume, les exportations sont passées de 1 439 tonnes en 2015 à 1 tonne en 2025. Ce choc, d'une amplitude statistique de 3,3 écarts-types, correspond à une réorientation politique et réglementaire liée aux sanctions internationales. Voir les chocs d'approvisionnement.
| Partenaire | Exports 2015 (M€) | Exports 2025 (M€) | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 220,4 | 346,2 | +57,1 |
| Chine | 120,5 | 179,7 | +49,1 |
| Royaume-Uni | 84,0 | 131,0 | +56,1 |
| Turquie | 34,3 | 56,6 | +65,3 |
| Brésil | 24,4 | 48,1 | +96,9 |
| Suisse | 37,1 | 70,8 | +90,7 |
| Russie | 43,3 | 0,3 | −99,4 |
Source : Partenaires principaux.
La montée en puissance de la Chine et de l'Inde comme fournisseurs
Du côté des importations, la Chine a presque triplé ses livraisons à l'UE, passant de 37,0 M€ à 94,2 M€ (+154,8 %), tandis que l'Inde a connu la plus forte progression relative (+212,7 %, de 4,6 M€ à 14,5 M€). Les États-Unis restent le premier fournisseur avec 216,7 M€ en 2025, en hausse de 93,8 %, mais cette croissance est inférieure à celle de la Chine en rythme relatif. Le Japon, traditionnel fournisseur de haute technologie, a vu ses exportations vers l'UE reculer de 18,9 %, suggérant une perte de parts de marché au profit de concurrents asiatiques à moindre coût.
Un déplacement du centre de gravité des importations intra-européennes
Au sein de l'UE, l'Allemagne reste de loin le premier importateur et exportateur, avec respectivement 228,7 M€ (imports) et 663,7 M€ (exports) en 2025. Cependant, la Pologne a connu une progression spectaculaire de ses importations (+353 %, de 9,0 M€ à 40,9 M€), devenant le cinquième importateur de l'UE. Ce dynamisme reflète l'intégration industrielle de l'Europe centrale dans les chaînes de valeur européennes de la mécanique. L'Italie s'est affirmée comme le deuxième exportateur (225,7 M€, +113 %), dépassant désormais nettement la France (127,9 M€, +104 %). Voir les principaux États membres rapporteurs.
3. Des prix sous tension et une volatilité accrue sur certains marchés
Un choc de prix significatif sur les importations en provenance du Royaume-Uni
L'analyse des anomalies de prix révèle un événement marquant en 2021 sur les importations en provenance du Royaume-Uni. Le prix moyen a bondi de 105,2 % par rapport à la baseline 2019–2020, passant de 14 783 €/t à 30 334 €/t, tout en connaissant une contraction du volume de 36,8 %. Ce choc, d'une amplitude de 6,4 écarts-types, survient dans un contexte de mise en œuvre des accords commerciaux post-Brexit et de perturbations des chaînes d'approvisionnement liées à la pandémie. Les prix n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant : en 2025, le prix moyen des importations britanniques atteint 66 866 €/t, soit plus de quatre fois le niveau de 2020. Voir la volatilité.
Les échanges avec certains partenaires restent fortement volatils
Plusieurs partenaires affichent des coefficients de variation très élevés sur la période, indiquant des flux instables. Les exportations vers le Maroc présentent un CV de 0,81, et celles vers la Russie de 0,72 — confirmant l'instabilité structurelle de ce dernier marché. Du côté des importations, la Serbie (CV = 0,87) et l'Ukraine (CV = 0,53) figurent parmi les sources les plus volatiles. À l'inverse, les principaux partenaires — États-Unis, Suisse, Royaume-Uni — affichent des CV entre 0,13 et 0,15, témoignant de relations commerciales plus stables et matures.
La structure des segments de produits confirme la montée en gamme
L'analyse des sous-catégories CN8 révèle que les pompes à engrenages (84136031) constituent le premier segment à l'exportation, avec 448,7 M€ en 2025, devant les pompes rotatives diverses (84136080, 329,8 M€) et les agrégats hydrauliques (84136020, 175,3 M€). Côté importations, les pompes rotatives diverses (84136080) dominent à 217,3 M€, suivies des pompes à engrenages (120,0 M€). La forte croissance des imports de pompes à engrenages non oléohydrauliques (84136039, +143 %) suggère une concurrence croissante sur ce segment en particulier. Comparer les segments de produits.
Conclusion
Le marché européen des pompes volumétriques rotatives à moteur (CN 841360) affiche sur la période 2015–2025 une apparente bonne santé commerciale, avec une valeur d'exportations en hausse de 49 % et un excédent commercial maintenu autour de 823 M€. Toutefois, cette performance repose essentiellement sur une appréciation des prix (+60 %) plus que sur une progression des volumes, qui ont légèrement reculé. Trois dynamiques majeures structurent cette évolution : (1) la recomposition géopolitique provoquée par l'effondrement des échanges avec la Russie, qui a supprimé un débouché historique de près de 70 M€ ; (2) la montée en puissance des fournisseurs chinois et indiens, qui accentue la dépendance de l'UE aux importations ; et (3) la forte augmentation de l'intensité commerciale (67 % du PIB sectoriel), signe d'une spécialisation et d'une intégration mondiales croissantes de la filière. L'Allemagne conserve sa position dominante (46 % de la production et 60 % des exportations de l'UE), mais la montée de l'Italie et la dynamique d'importation de la Pologne révèlent un renouvellement progressif des équilibres intra-européens.