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Évolution du marché : Polymères acryliques, sous formes primaires (à l'excl. du poly[méthacrylate de méthyle]) (CN 390690) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 390690 couvre un ensemble de polymères acryliques sous formes primaires, à l'exclusion du polyméthacrylate de méthyle (PMMA, classé sous le 390610). Ce produit résiduel regroupe divers copolymères et spécialités acryliques utilisés dans les revêtements, les adhésifs, les épaississants textiles et de nombreuses applications industrielles. Sur la période 2015–2025, le commerce extérieur de l'Union européenne avec le reste du monde pour ce produit a connu des mutations profondes, marquées par la hausse des prix unitaires, une reconfiguration géopolitique des partenaires (notamment l'effondrement des échanges avec la Russie à partir de 2022) et une amélioration de l'autonomie productive européenne. Le présent rapport, fondé sur les données disponibles pour la fenêtre 2015–2025 (fréquence annuelle, périodes incomplètes exclues), propose une analyse structurée en trois axes.


I. Une production en forte croissance, des volumes à l'export en repli et une inflation des prix unitaires

Cette première section examine la trajectoire globale du commerce extérieur de l'UE en valeur, en volume et en prix, et met en évidence un découplage entre l'expansion de la production européenne et la dynamique des exportations.

La valeur des échanges commerciaux reste orientée à la hausse malgré des fluctuations conjoncturelles

Entre 2015 et 2025, la valeur des exportations de l'UE vers le reste du monde a progressé de 5,8 %, passant de 1 898 M€ à 2 008 M€, avec un pic à 2 669 M€ en 2022. Les importations ont crû plus nettement, de 34,4 % (de 732 M€ à 983 M€), avec un maximum à 1 271 M€ également en 2022 (vue d'ensemble du commerce). La balance commerciale demeure structurellement excédentaire, passant de 1 167 M€ en 2015 à 1 025 M€ en 2025 (−12,1 %). Le creux de la balance a été atteint en 2023, à 941 M€, avant un rebond partiel en 2024–2025.

Indicateur 2015 2019 2022 (pic) 2025 Var. 2015→2025
Exportations (M€) 1 898 2 209 2 669 2 008 +5,8 %
Importations (M€) 732 890 1 271 983 +34,4 %
Balance (M€) 1 167 1 319 1 398 1 025 −12,1 %

Les volumes d'exportation reculent tandis que les importations augmentent

Le volume exporté a diminué de 15,1 % sur la période, passant de 905 376 tonnes à 768 608 tonnes, avec un minimum à 750 670 tonnes en 2023. À l'inverse, les importations en volume ont progressé de 32,6 % (de 331 682 à 439 648 tonnes), culminant à 494 589 tonnes en 2021 (vue d'ensemble du commerce). Ce mouvement, qui pourrait suggérer un recul de la compétitivité, est en réalité largement compensé par la croissance du marché intérieur européen.

La production européenne a presque doublé, absorbant la croissance de la demande

Selon les données Prodcom, la production intra-UE de polymères acryliques (hors PMMA) a connu une expansion remarquable sur la période. La quantité produite est passée d'environ 2,3 milliards d'unités de mesure en 2015 (après retraitement des données arrondies) à 3,8 milliards en 2024, soit une progression d'environ 67 %. La valeur de la production a suivi une trajectoire similaire (+63 %, de 3,2 Mds€ à 5,3 Mds€) (volumes de production). Le pic de production a été atteint en 2021 (4,1 milliards d'unités), année marquée par une forte reprise de la demande industrielle post-Covid. Ce découplage entre production croissante et volumes d'exportation en repli indique que l'essentiel de la production supplémentaire a été absorbé par la demande intérieure européenne.

L'inflation des prix à l'exportation s'accélère à partir de 2021

Les prix unitaires à l'exportation ont augmenté de 24,6 % sur la période, passant de 2 097 €/t en 2015 à 2 613 €/t en 2025. L'essentiel de cette hausse est concentré sur la période 2021–2022, avec un pic à 2 848 €/t en 2022, année de la crise énergétique européenne. Les prix à l'importation ont connu une trajectoire plus modérée (+1,4 %, de 2 206 à 2 236 €/t), avec un maximum plus élevé à 2 713 €/t en 2022. L'écart de prix (prime à l'exportation) est passé d'un léger déficit en 2015 (−109 €/t) à un excédent de 377 €/t en 2025, suggérant un positionnement vers le haut de gamme des exportations européennes ou une dégradation relative de la compétitivité-prix des fournisseurs extra-européens. Les prix de production ont suivi une trajectoire comparable, avec un pic à 1 519 €/t en 2021–2022, avant de se replier à 1 394 €/t en 2024.


II. Reconfiguration géopolitique des échanges : l'après-Russie et la montée de nouveaux partenaires

La seconde trajectoire majeure de la période est la transformation profonde de la carte des partenaires commerciaux, tant du côté des importations que des exportations.

L'effondrement des exportations vers la Russie constitue le choc structurel le plus marquant de la période

La Russie était en 2015 le quatrième client de l'UE pour les polymères acryliques (142 M€), dépassant même la Chine. Les échanges sont restés dynamiques jusqu'en 2021 (208 M€), avant de s'effondrer à 75 M€ en 2022 puis à pratiquement zéro dès 2023 (1 185 €) (partenaires des exportations). Le coefficient de variation des volumes exportés vers la Russie atteint 0,72, le plus élevé de tous les partenaires, et l'analyse des chocs détecte un événement d'une amplitude exceptionnelle (« abnormalité » de 43,3, décalage de prix de +517 %) centré sur 2023 (chocs de prix). Ce quasi-effacement correspond à l'instauration des sanctions commerciales de l'UE dans le contexte du conflit russo-ukrainien.

La Turquie et la Chine émergent comme des partenaires de plus en plus importants

Du côté des importations, la Turquie a doublé ses ventes à l'UE (+104,8 %, de 47 M€ à 96 M€), avec un pic à 132 M€ en 2022, tandis que la Chine a plus que doublé les siennes (+154,5 %, de 29 M€ à 73 M€). Taïwan a connu la progression la plus spectaculaire en termes relatifs (+182,8 %, de 5 M€ à 15 M€) (partenaires des importations). Du côté des exportations, la Turquie a progressé de 38,5 % (de 133 M€ à 184 M€) et la Chine de 35,5 % (de 147 M€ à 199 M€). L'Accord d'union douanière entre l'UE et la Turquie pour les produits industriels facilite probablement cette montée en puissance. L'Inde et le Brésil se maintiennent comme débouchés stables (respectivement 88 M€ et 77 M€ d'exportations en 2025).

Partenaire clé (importations UE) 2015 (M€) 2022 (pic, M€) 2025 (M€) Var. 2015→2025
États-Unis 207 242 182 −12,1 %
Royaume-Uni 137 259 229 +67,3 %
Japon 141 267 176 +25,0 %
Corée du Sud 109 172 138 +26,5 %
Turquie 47 132 96 +104,8 %
Chine 29 81 73 +154,5 %

Les flux intra-UE se concentrent autour de trois grands pôles producteurs

Au sein de l'UE, trois États membres dominent les exportations vers le reste du monde : l'Allemagne (682 M€ en 2025), la France (406 M€) et la Belgique (274 M€), représentant à eux trois près de 68 % du total. L'Espagne (+48,9 %) et la Suède (+29,7 %) ont connu des progressions notables (principaux États membres exportateurs). En termes d'indices de spécialisation, la France (RSCA de 0,44) et la Belgique (RSCA de 0,40) sont les plus spécialisées dans ce produit au sein de l'UE, tandis que l'Allemagne, premier exportateur en valeur absolue, présente un RSCA plus modeste (0,15) en raison de son poids général dans le commerce (spécialisation).

La concentration des importations se réduit tandis que celle des exportations augmente légèrement

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations a baissé de 1 817 à 1 565 (−13,9 %) entre 2015 et 2025, indiquant une diversification progressive des sources d'approvisionnement, portée par la montée de la Turquie, de la Chine et de Taïwan. À l'inverse, le HHI des exportations a progressé de 637 à 706 (+10,8 %), suggérant une concentration accrue sur les principaux clients (concentration HHI).


III. Amélioration de l'autonomie structurelle, mais vulnérabilités persistantes sur certains canaux d'approvisionnement

Le troisième axe d'analyse porte sur l'évolution de la dépendance extérieure de l'UE et sur les risques identifiés au niveau des fournisseurs.

L'UE renforce significativement son autonomie pour ce segment de polymères

Le taux de dépendance nette aux importations (part des importations nettes dans la production apparente) est passé de −19,8 % en 2015 à −26,8 % en 2025, avec un minimum de −47,7 % en 2022 (dépendance nette). L'UE est demeurée structurellement exportatrice nette sur toute la période, mais la progression de la production intra-UE a renforcé cette position. La propension à l'exportation (exportations rapportées à la production) s'est maintenue autour de 39–42 %, avec un pic à 51,6 % en 2010 et une valeur de 41,2 % en 2025 (propension à l'exportation). L'intensité commerciale (part des échanges totaux dans la production apparente) est restée stable autour de 51 % (intensité commerciale).

Plusieurs canaux d'importation présentent une volatilité élevée, révélant des fragilités

L'analyse de la volatilité des volumes importés (coefficient de variation) fait apparaître des disparités marquées entre les partenaires. La Thaïlande (CV = 0,82), l'Inde (0,73), Taïwan (0,50) et la Chine (0,41) figurent parmi les fournisseurs les plus volatils. À l'opposé, le Royaume-Uni (0,15), la Suisse (0,15) et la Corée du Sud (0,19) offrent des flux plus réguliers (volatilité).

Fournisseur (importations UE) Coeff. de variation Statut
Thaïlande 0,82 Très volatil
Inde 0,73 Très volatil
Taïwan 0,50 Volatil
Chine 0,41 Volatil
Turquie 0,32 Modéré
Canada 0,29 Modéré
États-Unis 0,22 Modéré
Japon 0,20 Modéré
Corée du Sud 0,19 Stable
Royaume-Uni 0,15 Stable
Suisse 0,15 Stable

L'année 2022 concentre les chocs de prix, dont les effets se prolongent

L'année 2022, marquée par la crise énergétique européenne et ses répercussions sur les coûts de la chimie, a généré des chocs de prix simultanés sur de nombreux canaux. Du côté des importations, les prix du Japon ont bondi de 42,8 % par rapport à leur baseline (2 337 €/t contre 1 636 €/t), ceux de Corée du Sud de 59,3 % (1 959 €/t contre 1 230 €/t), et ceux de Turquie de 31,6 % dès 2021 (chocs de prix). Du côté des exportations, des chocs de prix ont été détectés vers les Émirats arabes unis (+42,4 % en 2022), le Maroc (+57,2 %), l'Algérie (+69,9 %) et l'Égypte (+51,1 %). Dans tous ces cas, les prix restent au-dessus de leur baseline en 2024, suggérant un effet structurel de la hausse des coûts de production.

Le segment principal (NC 39069090) domine les échanges et suit les tendances macro

La sous-position 39069090 (polymères acryliques divers, hors PMMA et produits spécifiques) représente l'écrasante majorité du commerce. En 2025, elle concentre 93,3 % des exportations en valeur (1 987 M€ sur 2 008 M€) et 95,2 % des importations (936 M€ sur 983 M€). Les sous-positions spécialisées (39069010, 39069050, 39069060) restent de taille modeste mais présentent des dynamiques distinctes : la sous-position 39069010 (poly[N-« 3-hydroxyimino-1,1-diméthylbutyl »acrylamide]) a vu ses importations en volume passer de 809 à 7 285 tonnes (+800 %), tandis que les importations de 39069060 (copolymère d'acrylate de méthyle/éthylène) se sont repliées de 10 370 à 3 568 tonnes.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché des polymères acryliques (hors PMMA) de l'Union européenne a connu trois dynamiques majeures : (1) une forte expansion de la production intra-UE (+67 % en volume), qui a permis de maintenir un excédent commercial structurel malgré le recul des volumes exportés (−15 %) ; (2) une reconfiguration géopolitique profonde des partenaires, avec l'effacement quasi-total de la Russie comme débouché et la montée en puissance de la Turquie, de la Chine et de Taïwan comme fournisseurs ; (3) une amélioration de l'autonomie productive, traduite par lThe request was rejected because it was considered high risk

Généré le 2026-08-04. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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