Évolution du marché : PET (CN 390761) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour le polyéthylène téréphtalate (PET) sous formes primaires (code NC 390761) sur la période 2015-2025. Les données disponibles s'étendent de 2017 à 2025. L'analyse met en lumière les tendances majeures en termes de volumes, de valeur, de partenaires commerciaux et de vulnérabilités du marché, en se basant exclusivement sur les données communiquées.
1. Une dépendance aux importations structurellement élevée malgré une production intérieure en expansion
L'UE demeure un importateur net de PET, avec des importations qui ont connu une forte croissance sur la période, tirée par la demande des industries de l'emballage et de l'agroalimentaire. Cette dépendance s'accompagne d'une concentration géographique accrue des fournisseurs, tandis que la production intra-européenne augmente de manière significative.
1.1. Croissance marquée des importations en volume et en valeur
Entre la première et la dernière période disponible, les importations de PET dans l'UE ont fortement progressé, tant en volume qu'en valeur. Leur quantité est passée de 851 510 tonnes à 1 382 728 tonnes, soit une hausse de 62,4%. En valeur, elles ont augmenté de 795 796 387 € à 1 340 310 175 € (+68,4%). Cette dynamique a été plus prononcée que celle des exportations, dont la valeur a cru de 40,8% sur la même période.
| Indicateur | Première période (2017) | Dernière période (2025) | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Valeur des importations (€) | 795 796 387 | 1 340 310 175 | +68,4 |
| Volume des importations (t) | 851 510 | 1 382 728 | +62,4 |
| Valeur des exportations (€) | 211 609 504 | 298 042 497 | +40,8 |
| Volume des exportations (t) | 208 667 | 245 243 | +17,5 |
Source : Vue d'ensemble du commerce
1.2. Une dépendance nette aux importations en légère réduction
Malgré la hausse des importations en valeur absolue, le taux de dépendance nette aux importations (part des importations nettes dans la consommation apparente) a connu une tendance baissière globale. Il est passé de 33,1% à 29,9% entre la première et la dernière période, avec un point bas à 11,4%. Cette évolution suggère que la croissance de la production intérieure a permis de limiter l'augmentation du besoin en approvisionnement extérieur.
Source : Dépendance nette aux importations
1.3. Une production européenne qui gagne en importance
Les données de production européenne (disponibles) montrent une hausse remarquable des volumes. La production en quantité est passée de 938 886 tonnes à 2 084 963 tonnes (+122,1%). En valeur, elle a progressé de 1 026 276 305 € à 2 221 674 613 € (+116,5%). Cette croissance a contribué à contenir la dépendance nette, mais n'a pas été suffisante pour combbler entièrement la demande, d'où le maintien d'un déficit commercial structurel (solde négatif de -1 042 267 678 € en 2025).
Source : Volumes de production
2. Une dynamique commerciale marquée par des chocs de prix et une volatilité accrue
Le marché du PET a été sujet à des épisodes de forte volatilité, notamment des pics de prix importants et des ruptures d'approvisionnement. Ces événements ont mis en lumière la sensibilité du secteur aux fluctuations des coûts des matières premières et aux perturbations logistiques.
2.1. Des pics de prix importants en 2022
L'année 2022 se distingue par des événements de prix anormaux sur les importations en provenance de plusieurs partenaires. Un choc de prix majeur a été détecté pour les importations en provenance de Corée du Sud, avec une augmentation de prix de 78,7% autour de 2022, représentant 13,8% de la valeur totale des importations. Un choc similaire, mais d'une ampleur moindre, a touché les importations d'Indonésie (+88,6%). Ces pics reflètent probablement la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières pétrochimiques à l'échelle mondiale.
| Événement de choc | Partenaire | Type | Période centrale | Variation (%) |
|---|---|---|---|---|
| Prix | Corée du Sud | Importations | 2022 | +78,7 |
| Prix | Indonésie | Importations | 2022 | +88,6 |
| Offre | Inde | Importations | 2024 | -98,5 |
Source : Événements de choc d'approvisionnement
2.2. Une volatilité élevée sur les flux avec certains partenaires
Le coefficient de variation des flux de valeur sur la période met en évidence des relations commerciales instables avec plusieurs partenaires importants. Pour les importations, les flux en provenance du Viêt Nam (CV = 0,91), du Mexique (CV = 1,24) et de l'Inde (CV = 0,75) sont particulièrement volatils. Côté exportations, les flux vers l'Algérie (CV = 1,09) et l'Argentine (CV = 1,66) montrent une instabilité marquée. À l'inverse, les échanges avec le Royaume-Uni, premier partenaire à l'exportation, sont relativement stables (CV = 0,06).
Source : Indice de volatilité
2.3. Le repli marqué des importations en provenance d'Inde
Un événement majeur de la période est l'effondrement quasi-total des importations en provenance d'Inde à partir de 2024. Leur valeur s'est effondrée de 145 884 361 € à 2 772 435 € (-98,1%). Cet événement, qualifié de choc d'approvisionnement, a forcé les importateurs européens à réorienter rapidement leur sourcing, contribuant à la hausse des importations depuis d'autres origines comme l'Égypte et la Turquie.
3. Une réorientation des flux commerciaux et des positions nationales hétérogènes
La structure des échanges a connu des mutations profondes. La hiérarchie des partenaires s'est redessinée, avec l'émergence de nouveaux fournisseurs et la consolidation de certains exportateurs intra-européens. La concentration des échanges a évolué différemment à l'import et à l'export.
3.1. Montée en puissance de la Turquie et de l'Égypte, déclin de l'Inde et de la Corée du Sud
Le classement des principaux partenaires d'importation a été bouleversé. La Turquie est devenue le premier fournisseur, avec une valeur multipliée par 3,3 pour atteindre 403 473 498 €. L'Égypte a connu une progression spectaculaire (+7 379%). À l'opposé, l'Inde et la Corée du Sud ont vu leur part fondre, cette dernière chutant de 179 à 41 millions d'euros. Côté exportations, le Royaume-Uni demeure le premier débouché, mais les volumes vers l'Afrique du Sud et les États-Unis ont connu des hausses notables.
| Partenaire (Importations) | Valeur 2017 (€) | Valeur 2025 (€) | Variation (%) |
|---|---|---|---|
| Turquie | 122 466 730 | 403 473 498 | +229,5 |
| Égypte | 3 158 679 | 236 248 796 | +7 379,4 |
| Viêt Nam | 5 289 852 | 323 781 484 | +6 020,8 |
| Inde | 145 884 361 | 2 772 435 | -98,1 |
| Corée du Sud | 178 987 011 | 40 759 205 | -77,2 |
Source : Principaux partenaires par valeur
3.2. Rôles distincts des États membres : importateurs du Sud-Est et exportateurs du Nord et de l'Est
L'analyse des États membres révèle une spécialisation géographique. À l'importation, l'Italie (417 M€), la Belgique (248 M€) et l'Espagne (82 M€) sont les principaux pôles de réception, concentrant la demande des industries plastiques. À l'exportation, la Lituanie (90 M€) domine, suivie des Pays-Bas (66 M€) et de l'Allemagne (29 M€). Cette structure suggère une logique de hub : certains pays (Belgique, Pays-Bas) jouent un rôle d'intermédiaire, important pour ré-exporter.
Source : Principaux États membres par valeur
3.3. Une concentration des importations à la hausse, des exportations plus diversifiées
L'indice de concentration HHI (Herfindahl-Hirschman) indique une tendance opposée selon le flux. Pour les importations, l'HHI a augmenté de 1 372 à 1 869 (+36,2%), signifiant que les sources d'approvisionnement se sont concentrées sur un nombre réduit de partenaires (Turquie, Viêt Nam, Égypte). À l'exportation, l'HHI a diminué de 3 764 à 3 274 (-13,0%), indiquant une légère diversification des débouchés vers des marchés comme l'Afrique du Sud et les États-Unis, au détriment d'une concentration excessive sur le Royaume-Uni.
Source : Indice de concentration HHI
Conclusion
Le marché européen du PET (CN 390761) sur la période 2017-2025 est caractérisé par une forte croissance des échanges, sous l'impulsion d'une demande intérieure soutenue. Malgré une augmentation notable de la production européenne, l'UE reste structurellement dépendante des importations, avec un déficit commercial qui s'est creusé. Les flux ont été marqués par une volatilité accrue, illustrée par des chocs de prix en 2022 et une réorientation brutale des sources d'approvisionnement suite au repli des exportations indiennes en 2024. Cette période a vu la montée en puissance de fournisseurs comme la Turquie et l'Égypte, tandis que la concentration des importations s'est accrue. Côté exportation, l'UE a diversifié quelque peu ses débouchés. Ces dynamiques soulignent la sensibilité du secteur aux chocs exogènes et l'importance des stratégies de sécurisation des approvisionnements pour l'industrie européenne.