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Évolution du marché : Mouchoirs et serviettes en papier (CN 481820) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 481820 couvre les mouchoirs, serviettes à démaquiller et essuie-mains en pâte à papier, papier, ouate de cellulose ou nappes de fibres de cellulose. Ce segment s'inscrit dans la grande famille des papiers et cartons et ouvrages en pâte de cellulose (NC 48), et se décline en trois sous-positions : les mouchoirs et serviettes à démaquiller (48182010), les essuie-mains en rouleaux de largeur ≤ 36 cm (48182091) et les essuie-mains hors rouleaux (48182099).

Sur la période 2015–2025, l'Union européenne a consolidé sa position d'exportateur net sur ce marché, tout en connaissant une hausse significative des prix unitaires, une réorientation géographique de ses flux commerciaux et un choc d'inflation majeur autour de 2022. Ce rapport propose une lecture structurée de ces dynamiques, en s'appuyant sur les données de commerce extra-UE.


1. Une valeur commerciale en progression portée par l'inflation des prix, malgré l'érosion des volumes exportés

Les exportations maintiennent une valeur élevée en dépit d'un recul physique des volumes

Entre 2015 et 2025, la valeur des exportations extra-UE de produits 481820 est passée de 485,4 M€ à 562,9 M€, soit une hausse de 16,0 %. Sur la même période, le volume exporté a diminué de 276 050 t à 248 093 t (−10,1 %). Ce décalage s'explique par une forte inflation des prix moyens à l'exportation, passés de 1 758 €/t à 2 269 €/t (+29,0 %). L'UE a donc exporté moins de papier-tissu, mais à un prix unitaire significativement plus élevé.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations — valeur 485,4 M€ 562,9 M€ +16,0 %
Exportations — volume 276 050 t 248 093 t −10,1 %
Prix moyen à l'exportation 1 758 €/t 2 269 €/t +29,0 %

Source : Vue d'ensemble du commerce

Les importations progressent à la fois en volume et en valeur

Du côté des importations, la hausse a été plus marquée. La valeur est passée de 133,8 M€ à 209,3 M€ (+56,5 %), tandis que le volume a augmenté de 64 749 t à 91 399 t (+41,2 %). Le prix moyen à l'importation a également grimpé, de 2 066 €/t à 2 290 €/t (+10,8 %), mais dans une moindre mesure qu'à l'exportation. Les importations ont donc crû à la fois en quantité et en prix, ce qui reflète une demande intérieure soutenue et l'émergence de nouveaux fournisseurs.

Indicateur 2015 2025 Variation
Importations — valeur 133,8 M€ 209,3 M€ +56,5 %
Importations — volume 64 749 t 91 399 t +41,2 %
Prix moyen à l'importation 2 066 €/t 2 290 €/t +10,8 %

La balance commerciale reste excédentaire, mais le rythme de progression s'essouffle

Malgré la forte croissance des importations, l'UE conserve un excédent commercial substantiel sur ce segment : 351,6 M€ en 2015, 353,6 M€ en 2025. La stabilité apparente masque cependant des fluctuations intermédiaires — l'excédent ayant culminé à 436,1 M€ avant de se contracter. La dépendance nette aux importations, négative sur toute la période (passant de −4,3 % à −7,5 %), confirme que l'UE demeure un exportateur net, avec un renforcement relatif de cette position.


2. Réorientation géographique : consolidation des partenaires proches et recul stratégique de certains marchés

Le Royaume-Uni reste le partenaire dominant des deux côtés de la Manche

Le Royaume-Uni demeure, de loin, le premier partenaire commercial de l'UE sur ce segment. À l'exportation, il absorbe 185,8 M€ en 2025 (en progression de 7,2 % depuis 2015), soit près d'un tiers de la valeur totale exportée. À l'importation, le Royaume-Uni fournit 88,0 M€ (+19,3 %), consolidant ainsi la place de premier fournisseur extra-UE. La volatilité des flux avec le Royaume-Uni reste modérée (CV = 0,09 à l'exportation), ce qui reflète la stabilité structurelle de cette relation commerciale, y compris dans le contexte post-Brexit.

La Suisse et la Norvège consolident leur rôle de marchés d'exportation de proximité

La Suisse est devenue le deuxième débouché à l'exportation de l'UE, avec une valeur passée de 88,0 M€ à 129,4 M€ (+47,1 %). La Norvège, troisième partenaire, progresse de 77,6 M€ à 87,5 M€ (+12,7 %). Ces deux marchés, caractérisés par leur proximité géographique et leur pouvoir d'achat élevé, présentent une volatilité particulièrement faible (CV respectifs de 0,04 et 0,07 à l'exportation), ce qui en fait des partenaires fiables pour les exportateurs européens.

Partenaire (export.) 2015 2025 Variation CV
Royaume-Uni 173,3 M€ 185,8 M€ +7,2 % 0,09
Suisse 88,0 M€ 129,4 M€ +47,1 % 0,04
Norvège 77,6 M€ 87,5 M€ +12,7 % 0,07
Maroc 15,1 M€ 19,1 M€ +26,8 % 0,12
Russie 23,2 M€ 2,6 M−88,6 % 0,69
Émirats arabes unis 12,3 M€ 4,3 M€ −64,8 % 0,42
Israël 7,4 M€ 5,9 M€ −20,4 % 0,27

Source : Partenaires principaux à l'exportation

L'effondrement des exportations vers la Russie marque un basculement géopolitique

La chute des exportations vers la Russie — de 23,2 M€ à 2,6 M€ (−88,6 %) — constitue le mouvement le plus spectaculaire de la période. Ce déclin, amorcé avant 2022 mais accéléré par les sanctions économiques, s'est accompagné d'une très forte volatilité (CV = 0,69). Les chocs détectés confirment une rupture structurelle sur ce partenariat. De manière analogue, les exportations vers les Émirats arabes unis (−64,8 %) et Israël (−20,4 %) ont reculé, ce qui traduit une concentration accrue des débouchés européens sur les marchés de proximité.

Les importations se diversifient fortement, avec l'émergence des Balkans et de la Turquie

Le côté importations connaît une transformation encore plus marquée. La Serbie passe de 2,1 M€ à 17,1 M€ (+701,5 %), la Bosnie-Herzégovine de 3,7 M€ à 16,6 M€ (+354,8 %), l'Ukraine de 2,5 M€ à 12,6 M€ (+403,9 %) et la Turquie de 9,3 M€ à 18,8 M€ (+102,4 %). Ces quatre partenaires représentent désormais à eux seuls une part significative des approvisionnements européens, là où ils étaient marginaux en 2015.

Partenaire (import.) 2015 2025 Variation CV
Royaume-Uni 73,8 M€ 88,0 M€ +19,3 % 0,34
Suisse 19,5 M€ 13,5 M€ −31,0 % 0,47
Turquie 9,3 M€ 18,8 M€ +102,4 % 0,23
Ukraine 2,5 M€ 12,6 M€ +403,9 % 0,35
Bosnie-Herzégovine 3,7 M€ 16,6 M€ +354,8 % 0,46
Norvège 6,8 M€ 7,4 M€ +8,6 % 0,09
Serbie 2,1 M€ 17,1 M€ +701,5 % 0,67

Source : Partenaires principaux à l'importation

L'indice de concentration HHI des importations, mesuré en valeur, a baissé de 3 387 à 2 159 (−36,2 %), confirmant une diversification significative des sources d'approvisionnement. À l'exportation, le HHI est resté stable (environ 1 920), indiquant une répartition inchangée des débouchés malgré les réorientations géographiques.

Au sein de l'UE, l'Irelande et les pays d'Europe de l'Est renforcent leur poids à l'importation

Du côté des États membres importateurs, l'Irlande progresse de 48,0 M€ à 72,9 M€ (+51,9 %), la Croatie de 3,7 M€ à 12,8 M€ (+248,4 %) et la Bulgarie de 2,2 M€ à 11,0 M€ (+393,9 %). À l'exportation, l'Allemagne (119,1 M€ → 146,0 M€, +22,6 %) et l'Italie (120,2 M€ → 135,3 M€, +12,6 %) restent les principaux exportateurs de l'UE, suivis de la Suède et de la Pologne (cette dernière progressant de 18,7 M€ à 32,5 M€, +73,8 %).


3. Une base productive robuste mise à l'épreuve par le choc inflationniste de 2022

La production intra-UE a connu une forte croissance structurelle

La production européenne de produits 481820 a connu une expansion remarquable : le volume est passé de 1 840 024 t à 2 619 553 t (+42,4 %), tandis que la valeur a bondi de 3 232 M€ à 5 702 M€ (+76,4 %). Le doublement de la valeur de production, bien supérieur à la hausse des volumes, témoigne d'une inflation des prix de sortie considérable, alimentée notamment par la hausse des coûts énergétiques et de la matière première.

Indicateur 2015 2025 Variation
Production — volume 1 840 024 t 2 619 553 t +42,4 %
Production — valeur 3 232 M€ 5 702 M€ +76,4 %

L'Italie (RCA = 2,54) et la Pologne (RCA = 2,11) se distinguent comme les États membres les plus spécialisés dans ce segment, tandis que le Portugal affiche le ratio de spécialisation ajusté le plus élevé (RSCA = 0,57). À l'inverse, l'Irlande (RCA = 0,0006) et le Luxembourg (RCA = 0,05) sont structurellement importateurs nets.

L'année 2022 constitue un point d'inflexion majeur

L'année 2022 se distingue nettement dans les données. Plusieurs chocs de prix ont été détectés autour de cette période, en lien avec la crise énergétique européenne et les perturbations des chaînes d'approvisionnement :

  • Ukraine (importations) : choc de prix d'une anomalie de 571,6, avec un décalage de +47,9 %, reflétant la désorganisation des capacités de production ukrainiennes.
  • Royaume-Uni (exportations) : anomalie de 102,4 et hausse de prix de +40,0 %, touchant un flux représentant 42,5 % de la valeur exportée.
  • Émirats arabes unis (exportations) : anomalie de 29,3 et hausse de prix de +32,5 %.

Ces chocs se sont traduits par une forte hausse des prix moyens, tant à l'importation qu'à l'exportation, visible dans toutes les sous-positions du code 481820.

Les segments de produits révèlent des trajectoires divergentes

L'analyse par sous-position tarifaire fait apparaître des dynamiques contrastées :

Importations :

Sous-position 2015 (volume) 2025 (volume) 2015 (valeur) 2025 (valeur)
48182010 — Mouchoirs et serviettes à démaquiller 29 983 t 20 494 t 70,0 M€ 58,7 M€
48182091 — Essuie-mains en rouleaux (≤ 36 cm) 20 614 t 43 978 t 33,8 M€ 98,6 M€
48182099 — Essuie-mains (hors rouleaux) 14 152 t 26 867 t 29,9 M€ 51,8 M€

Exportations :

Sous-position 2015 (volume) 2025 (volume) 2015 (valeur) 2025 (valeur)
48182091 — Essuie-mains en rouleaux (≤ 36 cm) 125 377 t 111 202 t 210,2 M€ 247,0 M€
48182099 — Essuie-mains (hors rouleaux) 105 527 t 99 981 t 178,3 M€ 212,1 M€
48182010 — Mouchoirs et serviettes à démaquiller 45 145 t 36 911 t 96,9 M€ 103,9 M€

À l'importation, la part des mouchoirs et serviettes à démaquiller (48182010) a reculé en volume (−31,6 %), après un pic exceptionnel en 2020 (65 003 t, contre 35 770 t en 2019) probablement lié aux achats de panique durant la pandémie de Covid-19. En revanche, les essuie-mains en rouleaux (48182091) ont plus que doublé en volume à l'importation (+113,4 %), signe d'une demande structurelle forte sur ce sous-segment.

À l'exportation, toutes les sous-positions affichent une baisse de volume mais une hausse de valeur, confirmant la dynamique prix observée au niveau agrégé. Les essuie-mains en rouleaux demeurent le segment dominant (47 % de la valeur exportée en 2025).

L'intensité commerciale et la propension à exporter se renforcent

La propension à l'exportation est passée de 7,5 % à 10,4 % (+38,4 %), tandis que l'intensité commerciale globale a augmenté de 10,6 % à 13,5 % (+26,7 %). L'indicateur de propension à l'exportation présente le score de saillance le plus élevé (78,0), ce qui suggère que l'ouverture extérieure du secteur est de plus en plus tirée par la capacité exportatrice de l'UE, plutôt que par une dépendance accrue aux importations.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des mouchoirs, serviettes à démaquiller et essuie-mains (CN 481820) a connu une triple transformation. Premièrement, une inflation structurelle des prix a fait progresser la valeur des échanges bien au-delà des volumes, masquant un recul physique des exportations. Deuxièmement, une réorientation géographique s'est opérée : les marchés lointains (Russie, Émirats arabes unis) ont reculé au profit des partenaires de proximité (Suisse, Norvège, Maroc), tandis que les importations se sont diversifiées vers les Balkans et la Turquie. Troisièmement, la base productive européenne s'est considérablement renforcée (+42 % en volume, +76 % en valeur), consolidant la position d'exportateur net de l'UE.

Le choc de 2022 — crise énergétique, tensions géopolitiques, perturbations logistiques — a agi comme un accélérateur de ces tendances de fond. Si l'excédent commercial est préservé, la forte croissance des importations et la volatilité de certains partenaires (Serbie, Ukraine, Bosnie-Herzégovine) appellent à une vigilance accrue quant à la résilience des approvisionnements et à la compétitivité-prix des producteurs européens dans un environnement de coûts structurellement plus élevés.

Généré le 2026-08-09. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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