Évolution du marché : Matières végétales pour vannerie (CN 1401) — 2015–2025
Introduction
Ce rapport examine l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne (UE) pour le code douanier 1401, qui couvre les matières végétales principalement utilisées en vannerie et sparterie, telles que les bambous, rotins, roseaux, joncs, osiers, raphia et pailles de céréales. La période analysée s'étend de 2015 à 2025, sur la base de données annuelles excluant les périodes incomplètes. L'analyse se concentre sur les dynamiques des importations et exportations de l'UE avec les pays tiers, en identifiant les tendances structurelles, les principaux partenaires commerciaux et les événements marquants.
1. Une croissance vigoureuse des importations et des exportations, mais un déficit commercial persistant
Sur la période 2015-2025, le commerce extérieur de l'UE pour les matières végétales de vannerie a connu une expansion significative. Les importations en valeur ont augmenté de 64,2 M€ en 2015 à 91,2 M€ en 2025, soit une hausse de 42,1 %. Les exportations ont connu une croissance encore plus prononcée, passant de 5,4 M€ à 10,0 M€ (+85,8 %). Malgré cela, l'UE reste structurellement déficitaire : le déficit commercial s'est creusé de -58,8 M€ en 2015 à -81,2 M€ en 2025, une détérioration de 38,1 %.
1.1. Une hausse des volumes plus forte que celle des valeurs, reflétant une pression sur les prix
L'augmentation du commerce est principalement tirée par les volumes. Les importations en quantité ont progressé de 77 732 tonnes à 113 781 tonnes (+46,4 %), tandis que les exportations ont presque doublé (+112,7 %), passant de 2 769 à 5 888 tonnes. Cette dynamique volume a été supérieure à celle des valeurs, indiquant une baisse des prix moyens. Le prix moyen à l'import a reculé de 826 à 801 €/t (-3,0 %), et celui à l'export de 1 940 à 1 696 €/t (-12,6 %). Cela suggère une possible compétition sur les prix ou un changement dans la composition des flux (Vue d'ensemble du commerce).
1.2. Le poids dominant des importations justifie un examen de la concentration des sources d'approvisionnement
La forte augmentation des importations masque une volatilité inter-annuelle, avec un pic à 126,5 M€ en 2022. L'analyse de la concentration des approvisionnements, mesurée par l'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI), révèle un marché relativement concentré. L'HHI des importations (en valeur) est resté élevé, passant de 6 238 à 6 422 sur la période (+2,9 %). Cette concentration est principalement due au poids de la Chine. À l'export, le marché est plus fragmenté, mais la concentration a augmenté de 30,9 % (HHI passant de 1 478 à 1 935), indiquant une certaine polarisation (Indice de concentration HHI).
2. Une géographie commerciale marquée par la domination chinoise et la montée de partenaires émergents
La Chine demeure le partenaire incontournable du commerce de l'UE pour ces produits, mais d'autres fournisseurs gagnent des parts de marché, et les destinations à l'export se diversifient.
2.1. La Chine : un fournisseur dominant mais des prix volatils
La Chine représente l'essentiel des importations de l'UE. En 2025, les importations en provenance de Chine ont atteint 72,8 M€, soit une hausse de 44,3 % par rapport à 2015, et représentant près de 80 % de la valeur totale des importations. Les volumes en provenance de Chine ont également fortement progressé. Cependant, les prix des importations chinoises ont été marqués par une forte volatilité, avec un choc prix majeur détecté en 2021 (anomalie de 20,8, décalage de +44,9 %), coïncidant avec les perturbations post-pandémiques (Partenaires principaux à l'import).
2.2. L'émergence de nouveaux fournisseurs et la diversification relative des importations
Plusieurs partenaires ont connu des hausses marquées. Les importations en provenance d'Égypte ont bondi de 362,9 % en valeur, passant de 0,2 M€ à 0,9 M€. La Turquie a augmenté ses ventes à l'UE de 150,9 % (de 0,8 M€ à 1,9 M€), et l'Ukraine de 80,4 %. Le Royaume-Uni, devenu un pays tiers après le Brexit, a également accru ses exportations vers l'UE de 112,5 %, à 1,2 M€. Cette dynamique, bien que sur des volumes plus modestes que la Chine, indique une diversification partielle des sources d'approvisionnement.
2.3. Des exportations de l'UE concentrées vers le Royaume-Uni et la Suisse
Les exportations de l'UE sont dirigées vers un nombre limité de marchés. Le Royaume-Uni est de loin le premier client, avec des exportations passant de 1,0 M€ à 3,7 M€ (+250,6 %), représentant plus d'un tiers de la valeur exportée en 2025. La Suisse (1,1 M€) et l'Argentine (1,9 M€) sont les autres destinations principales. En revanche, les flux vers la Biélorussie (-91,6 %) et l'Algérie (-51,8 %) se sont effondrés, probablement en raison de contextes géopolitiques ou économiques spécifiques (Partenaires principaux à l'export).
3. Des sous-produits aux dynamiques contrastées et une volatilité liée aux chocs exogènes
Le code 1401 agrège des produits aux caractéristiques distinctes : les bambous (140110), les rotins (140120) et un groupe hétérogène d'autres matières (140190). Leurs trajectoires commerciales diffèrent, et le marché a été ponctué par des chocs de prix.
3.1. Le bambou (140110), pilier des importations, et le groupe diversifié (140190)
En importation, les bambous représentent le volume le plus important (62 817 tonnes en 2025) et la valeur la plus élevée (49,3 M€). Le prix moyen du bambou à l'import a été relativement stable, autour de 780-800 €/t en 2025, après un pic à 1 266 €/t en 2022. Le groupe « autres matières » (140190) a vu ses importations en valeur progresser de 17,1 M€ à 34,4 M€ (+101 %), avec une hausse significative des prix moyens à l'import (de 619 à 684 €/t). À l'export, c'est le groupe 140190 qui domine les volumes et les valeurs, suivi des bambous (Détail par sous-produit).
3.2. Le rotin (140120), un produit de niche à forte valeur ajoutée et à prix élevé
Le rotin (140120) se distingue par des volumes d'importation faibles (680 tonnes en 2025) mais des prix très élevés (11 077 €/t en 2025). Les exportations de rotin de l'UE, bien que minimes en volume (86 tonnes), ont vu leur valeur exploser : elle a été multipliée par 4,5, passant de 0,3 M€ à 1,5 M€ sur la période, avec une augmentation spectaculaire du prix moyen à l'export (de 8 878 à 17 950 €/t). Cela pourrait refléter une spécialisation de l'UE dans des produits de rotin transformés ou de haute qualité.
3.3. Des chocs de prix et une volatilité marquée, notamment sur les échanges avec la Russie et la Biélorussie
L'analyse de la volatilité a révélé plusieurs chocs de prix significatifs. Le plus marquant a concerné les exportations vers la Russie en 2022 (anomalie de 30,4, décalage de +50,6 %), coïncidant avec le début du conflit en Ukraine et les perturbations des chaînes logistiques. Un choc prix a également été détecté sur les exportations vers la Biélorussie en 2021. La volatilité (coefficient de variation) est particulièrement élevée pour les échanges avec le Royaume-Uni (1,67 pour les importations en provenance du Royaume-Uni) et avec la Turquie (0,92 pour les exportations vers la Turquie), soulignant une instabilité sur certains corridors (Volatilité et chocs).
Conclusion
Entre 2015 et 2025, le marché de l'UE pour les matières végétales de vannerie (CN 1401) a été caractérisé par une forte croissance des volumes échangés, tant à l'import qu'à l'export. Cependant, cette expansion s'est accompagnée d'une pression sur les prix et d'un creusement du déficit commercial, qui reste dominé par des importations massives en provenance de Chine. Le marché présente une concentration élevée à l'import et montre des signes de volatilité, avec des chocs de prix liés à des événements géopolitiques (conflit en Ukraine, Brexit) ou à des perturbations logistiques. La structure du commerce révèle des dynamiques distinctes par sous-produit : les bambous demeurent le produit de base en volume, tandis que le rotin représente une niche à haute valeur ajoutée. Pour l'avenir, la dépendance vis-à-vis de la Chine, la volatilité des prix et l'évolution des relations commerciales avec le Royaume-Uni et les pays d'Europe de l'Est resteront des points de vigilance pour les acteurs de ce marché.