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Évolution du marché : Machines pour le travail de la pierre et du verre (CN 846490) — 2015–2025

Introduction

Le code CN 846490 couvre les machines-outils pour le travail de la pierre, du béton, de l'amiante-ciment ou de matières minérales similaires, ainsi que les machines pour le travail à froid du verre (à l'exclusion des machines à scier, à meuler ou à polir, des machines pour emploi à la main et des machines pour le travail des disques à semi-conducteur). Ce secteur, qui s'inscrit dans le chapitre 84 de la nomenclature combinée, comprend notamment les presses à injecter, les machines de formage, d'enroulement ou d'extrusion pour ces matériaux.

Sur la période 2015–2025, le commerce extérieur de l'Union européenne dans ce segment a connu des mutations profondes. Les exportations ont sensiblement décliné en valeur et surtout en volume, tandis que les importations ont presque doublé. L'Italie, moteur historique des exportations européennes, a vu sa part s'éroder. La Chine, quant à elle, s'est imposée comme le fournisseur dominant de l'UE. Ce rapport examine ces dynamiques à travers trois axes : la contraction du solde excédentaire européen, les mutations de la structure des partenaires commerciaux, et les évolutions de la production et de la compétitivité intra-UE.


I. Une érosion marquée du solde commercial excédentaire de l'UE

La chute des exportations en volume dépasse celle en valeur

Entre 2015 et 2025, les exportations de l'UE vers le reste du monde ont reculé de 36,4 % en valeur (de 406,7 M€ à 258,5 M€) mais surtout de 69,8 % en volume (de 42 127 tonnes à 12 717 tonnes). Ce dernier chiffre révèle une contraction massive des flux physiques, qui ne se retrouve qu'atténuée dans les valeurs monétaires grâce à un doublement du prix unitaire moyen exporté : de 9 655 €/t à 20 328 €/t (+110,6 %). L'UE exporte donc des machines toujours plus sophistiquées et onéreuses, mais en quantités nettement moindres.

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur exportations 406,7 M€ 258,5 M€ −36,4 %
Volume exportations 42 127 t 12 717 t −69,8 %
Prix moyen exportations 9 655 €/t 20 328 €/t +110,6 %

Source : Vue d'ensemble du commerce

Les importations progressent en volume et en valeur, avec une baisse des prix

À l'inverse, les importations de l'UE en provenance de pays tiers ont augmenté de 57,1 % en valeur (de 35,4 M€ à 55,6 M€) et de 126,3 % en volume (de 4 973 tonnes à 11 252 tonnes). Le prix moyen importé a toutefois baissé de 30,6 % (de 7 117 €/t à 4 940 €/t), ce qui traduit l'arrivée massive de machines à prix plus compétitif, principalement en provenance d'Asie.

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur importations 35,4 M€ 55,6 M€ +57,1 %
Volume importations 4 973 t 11 252 t +126,3 %
Prix moyen importations 7 117 €/t 4 940 €/t −30,6 %

Le solde excédentaire s'est réduit de près de moitié

Le solde commercial de l'UE est passé de 371,3 M€ à 202,9 M€, soit un recul de 45,4 %. L'Union européenne reste excédentaire, mais la trajectoire est clairement baissière. La dépendance nette aux importations, qui mesurait −93 % en 2015 (fort excédent), est passée à −29 % en 2025, indiquant un rééquilibrage significatif.

L'intensité commerciale et la propension à exporter ont été divisées par deux

La propension à exporter de l'UE (exportations rapportées à la production) est passée de 56,1 % à 26,6 % (−52,5 %). De même, l'intensité commerciale (commerce total rapporté à la production et à la consommation) a reculé de 59,3 % à 29,4 % (−50,4 %). Ces indicateurs suggèrent que l'industrie européenne de ce segment se concentre de plus en plus sur le marché intérieur, au détriment de sa présence à l'export.


II. La Chine, pivot croissant des importations de l'UE

La Chine domine et consolide sa position de premier fournisseur

La part de la Chine dans les importations de l'UE a bondi de 15,0 M€ à 35,7 M€, soit une progression de 138,5 %. En 2025, la Chine représente à elle seule près des deux tiers (64 %) de la valeur totale des importations de l'UE dans ce segment. Sa volatilité reste relativement faible (coefficient de variation de 0,20), ce qui témoigne d'une progression régulière et structurelle.

La Turquie, l'Inde et le Royaume-Uni ont également accru leurs parts

La Turquie a connu la plus forte croissance relative : de 1,2 M€ à 5,3 M€ (+323 %), consolidant sa position de troisième fournisseur. L'Inde a triplé ses livraisons à l'UE (de 0,3 M€ à 0,8 M€, +220 %), tandis que le Royaume-Uni, désormais hors UE, a vu ses ventes à l'Union passer de 1,2 M€ à 3,1 M€ (+164 %). Ces évolutions reflètent à la fois la montée en gamme des équipementiers turcs et indiens et les effets du Brexit sur les flux commerciaux désormais comptabilisés comme importations extra-UE.

Les fournisseurs traditionnels (Suisse, Japon, États-Unis) reculent

À l'inverse, la Suisse (de 5,1 M€ à 3,0 M€, −41 %), le Japon (de 3,3 M€ à 2,3 M€, −30 %) et les États-Unis (de 2,5 M€ à 1,1 M€, −57 %) ont tous perdu du terrain. Ces fournisseurs historiques, autrefois positionnés sur des segments de haute technologie, cèdent progressivement face à la concurrence asiatique.

Fournisseur 2015 2025 Variation
Chine 15,0 M€ 35,7 M€ +138,5 %
Turquie 1,2 M€ 5,3 M€ +323,3 %
Royaume-Uni 1,2 M€ 3,1 M€ +163,9 %
Suisse 5,1 M€ 3,0 M€ −40,6 %
Japon 3,3 M€ 2,3 M€ −30,2 %
États-Unis 2,5 M€ 1,1 M€ −57,0 %

Source : Principaux partenaires

La concentration des importations s'est fortement accrue

L'indice HHI des importations en valeur est passé de 2 423 à 4 322 (+78 %), confirmant que les sources d'approvisionnement de l'UE se sont nettement concentrées autour de la Chine. Cette dépendance croissante à un seul fournisseur expose l'UE à des risques géopolitiques et logistiques accrus.


III. L'Italie, épicentre européen en mutation

L'Italie demeure le premier exportateur de l'UE, mais sa domination s'effrite

L'Italie a exporté pour 148,3 M€ de machines CN 846490 en 2025, contre 306,3 M€ en 2015, soit un déclin de 51,6 %. Elle reste néanmoins de loin le premier exportateur de l'UE, loin devant l'Allemagne (44,0 M€) et l'Espagne (25,1 M€). L'Italie possède un indice de spécialisation (RCA) de 6,29, nettement supérieur à celui de l'Autriche (3,43) ou de l'Espagne (1,81), ce qui confirme la position dominante de l'industrie italienne dans ce créneau.

Pays Exportations 2015 Exportations 2025 Variation RCA (2025)
Italie 306,3 M€ 148,3 M€ −51,6 % 6,29
Allemagne 25,4 M€ 44,0 M€ +73,3 %
Espagne 34,8 M€ 25,1 M€ −27,8 % 1,81
Autriche 19,0 M€ 16,7 M€ −12,2 % 3,43
Suède 4,8 M€ 9,9 M€ +105,7 % 0,82

Source : Principaux exportateurs intra-UE

L'Allemagne et la Suède tirent leur épingle du jeu

Face au déclin italien, deux pays ont renforcé leur présence à l'export. L'Allemagne a accru ses exportations de 73 % (de 25,4 M€ à 44,0 M€), tandis que la Suède a plus que doublé les siennes (+106 %, de 4,8 M€ à 9,9 M€). Ces gains partiels n'ont cependant pas suffi à compenser le recul italien, dont le poids dans les exportations totales de l'UE reste prépondérant.

La production intra-UE a explosé, portée par la demande intérieure

La production européenne a connu une croissance spectaculaire : le nombre de pièces produites a été multiplié par 4,6 (de 304 113 à 1 407 000 unités), tandis que la valeur de production a doublé (de 527,8 M€ à 1 075,9 M€, +104 %). Cette dynamique s'explique par la combinaison de la reprise post-crise de la construction dans plusieurs pays européens et de la nécessité de moderniser les équipements industriels. Toutefois, l'écart entre la multiplication par 4,6 des volumes et le simple doublement des valeurs suggère une production de plus en plus orientée vers des séries de machines à moindre valeur unitaire.

Les flux exportateurs vers les marchés émergents sont devenus plus volatils

Les principaux marchés de destination de l'UE ont connu des trajectoires contrastées. L'Algérie a chuté de 96 % (de 32,1 M€ à 1,2 M€), l'Égypte de 55 % et l'Inde de 54 %. Seuls les États-Unis ont maintenu et accru leurs achats à l'UE (+24 %, de 53,9 M€ à 66,6 M€), confirmant leur statut de premier client extra-UE. Les chocs de prix détectés en Égypte (2022) et au Brésil (2023) illustrent la fragilité des flux vers les marchés émergents.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché européen des machines pour le travail de la pierre et du verre (CN 846490) a connu une transformation structurelle. L'Union européenne reste excédentaire (202,9 M€ en 2025), mais son avantage s'est considérablement érodé : les exportations ont chuté de 36 % en valeur et de 70 % en volume, tandis que les importations ont bondi de 57 % en valeur et de 126 % en volume.

Ce rééquilibrage est porté principalement par la montée en puissance de la Chine, qui représente désormais près des deux tiers des importations de l'UE et a vu ses livraisons augmenter de 139 %. Parallèlement, la production intra-UE a plus que doublé en valeur et quadruplé en volume, mais cette croissance profite davantage au marché intérieur qu'à l'export — la propension à exporter a été divisée par deux.

L'Italie demeure le cœur industriel européen du secteur, avec un indice de spécialisation (RCA) de 6,29, mais son déclin exportateur (−52 %) pose des questions sur la compétitivité de l'industrie européenne face à des équipementiers asiatiques de plus en plus présents. L'augmentation de la concentration des importations (HHI +78 %) autour de la Chine constitue un risque stratégique croissant pour l'autonomie industrielle européenne dans ce segment.

Généré le 2026-08-09. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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