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Évolution du marché : Lait et crème de lait, en poudre, en granulés ou sous d'autres formes solides, d'une teneur en poids de matières grasses > 1,5%, sans addition de sucre ou d'autres édulcorants (CN 040221) — 2015–2025

Introduction

Le code douanier 040221 couvre le lait et la crème de lait, en poudre, en granulés ou sous d'autres formes solides, à teneur en matières grasses supérieure à 1,5 % et sans addition de sucre ou d'édulcorants. Ce produit, communément désigné sous le nom de lait en poudre entier (LPE), constitue l'un des segments les plus importants du commerce laitier mondial, tant par son volume que par sa valeur stratégique pour l'industrie agroalimentaire. Il se décompose en quatre sous-produits distingués par leur teneur en graisses et leur conditionnement (≤ ou > 2,5 kg) : CN 04022111, 04022118, 04022191 et 04022199.

L'Union européenne se positionne comme l'un des plus grands producteurs et exportateurs mondiaux de ce produit, avec une production annuelle oscillant entre 761 000 et 990 000 tonnes sur la période étudiée. Les Pays-Bas, la Belgique, la France, le Danemark et l'Irlande concentrent l'essentiel de la capacité productive et affichent les scores de spécialisation les plus élevés au sein de l'UE.

La période 2015–2025 se caractérise par trois dynamiques majeures : une contraction sévère des volumes échangés, masquée par une hausse marquée des prix ; une réorientation géographique profonde des flux commerciaux ; et un choc de prix majeur en 2022 qui a accéléré des tendances structurelles déjà à l'œuvre. Le présent rapport analyse ces trois dimensions à la lumière des données disponibles.

1. L'effet ciseaux : des volumes en chute libre, des prix en forte hausse

Les volumes d'exportation ont été divisés par deux entre 2015 et 2025

L'évolution la plus frappante du marché réside dans l'effondrement des volumes échangés. Les exportations de l'UE vers les pays tiers sont passées de 350 300 tonnes en 2015 à 171 014 tonnes en 2025, soit une diminution de 51,2 %. Le point bas a été atteint en 2025, après un déclin pratiquement ininterrompu depuis le pic de 387 925 tonnes enregistré en 2017. L'année 2020 a marqué une légère reprise (333 025 tonnes), probablement liée à des mouvements de stockage et de réapprovisionnement durant la pandémie de Covid-19, avant que la tendance baissière ne reprenne de manière accélérée.

Les importations ont suivi une trajectoire analogue, passant de 37 959 tonnes à 17 400 tonnes (- 54,2 %), avec un point bas exceptionnel de 10 155 tonnes en 2021, année marquée par les perturbations post-Covid et les effets du Brexit sur les chaînes d'approvisionnement en provenance du Royaume-Uni.

Indicateur 2015 2017 2022 2025 Évol. 2015–2025
Exportations — valeur (M€) 1 062 1 281 1 104 816 - 23,1 %
Exportations — volume (kt) 350 388 225 171 - 51,2 %
Prix à l'exportation (€/t) 3 032 3 302 4 906 4 774 + 57,5 %
Importations — valeur (M€) 89,5 75,1 79,6 71,2 - 20,4 %
Importations — volume (kt) 38,0 27,9 19,6 17,4 - 54,2 %
Prix à l'importation (€/t) 2 357 2 697 4 057 4 093 + 73,7 %
Solde commercial (M€) 973 1 206 1 025 745 - 23,4 %

[Source : Vue d'ensemble du commerce extérieur]

Le solde commercial, demeuré massivement excédentaire tout au long de la période (entre 745 M€ et 1 206 M€), a néanmoins reculé de 23,4 %, reflétant l'érosion progressive de la capacité exportatrice de l'UE en volume.

L'augmentation des prix unitaires a contenu l'érosion de la valeur commerciale

Si les volumes ont été divisés par deux, les prix unitaires ont en revanche presque doublé. Les prix à l'exportation sont passés de 3 032 €/t en 2015 à 4 774 €/t en 2025 (+ 57,5 %), avec un pic exceptionnel à 4 906 €/t en 2022. Les prix à l'importation ont connu une trajectoire encore plus marquée, passant de 2 357 €/t à 4 093 €/t (+ 73,7 %), atteignant leur niveau maximum en 2025.

Cette hausse des prix, qui reflète à la fois l'inflation des coûts de production (aliments du bétail, énergie), la tension sur l'offre mondiale et la dynamique des cours internationaux des produits laitiers, a permis de stabiliser partiellement la valeur des échanges. Ainsi, la valeur des exportations n'a reculé que de 23,1 % alors que les volumes ont chuté de 51,2 % : le prix a compensé près de la moitié de l'érosion volumique.

L'écart entre les prix d'exportation et d'importation s'est par ailleurs resserré : le prix moyen à l'export était supérieur de 29 % à celui à l'import en 2015 (3 032 contre 2 357 €/t), et de seulement 17 % en 2025 (4 774 contre 4 093 €/t). Ce rétrécissement de l'écart pourrait refléter une convergence des marchés ou une pression concurrentielle accrue sur les prix d'exportation européens.

Le segment des poudres à haute teneur en graisses (> 27 %) se distingue par sa résilience

L'analyse segment par segment révèle des dynamiques fortement contrastées. Le code 040221 regroupe quatre sous-produits distingués par leur teneur en matières grasses et leur conditionnement :

Segment Description Export 2015 (M€) Export 2025 (M€) Part 2015 Part 2025 Évol.
04022118 Graisse 1,5–27 %, > 2,5 kg 348 262 32,8 % 32,1 % - 24,7 %
04022199 Graisse > 27 %, > 2,5 kg 303 306 28,5 % 37,5 % + 1,0 %
04022191 Graisse > 27 %, ≤ 2,5 kg 330 212 31,1 % 25,9 % - 35,8 %
04022111 Graisse 1,5–27 %, ≤ 2,5 kg 81 37 7,6 % 4,5 % - 54,3 %

[Source : Ventilation par sous-produit]

Le segment 04022199 (lait en poudre à plus de 27 % de graisses, conditionnement bulk) se distingue nettement : c'est le seul segment à avoir maintenu sa valeur d'exportation (de 303 M€ à 306 M€) malgré une division par 1,7 de ses volumes (de 115 000 à 69 000 tonnes). Son prix unitaire a bondi de 2 632 à 4 456 €/t (+ 69 %). Ce segment représente désormais 37,5 % de la valeur totale des exportations (contre 28,5 % en 2015), consolidant sa position de cœur du commerce extérieur européen de poudre de lait, porté par la demande des industries chocolatières et agroalimentaires des pays importateurs.

À l'inverse, le segment 04022111 (graisse modérée, petit conditionnement) a vu sa valeur chuter de 81 M€ à 37 M€ (- 54 %), illustrant la pression sur les produits à moindre valeur ajoutée et la marginalisation des formats de détail dans le commerce international.

2. Un basculement géographique des échanges vers le Moyen-Orient et l'Asie

Les marchés africains déclinent au profit des pays du Golfe persique

La géographie des exportations européennes de LPE a subi une transformation radicale entre 2015 et 2025. Les marchés africains traditionnels, qui constituaient des débouchés majeurs, ont connu des reculs spectaculaires, tandis que les pays du Golfe persique ont consolidé leur position dominante :

Partenaire Export 2015 (M€) Export 2022 (M€) Export 2025 (M€) Évol. 2015–2025
Oman 134 197 180 + 33,7 %
Koweït 52 90 84 + 60,9 %
Algérie 88 31 8,9 - 89,9 %
Nigeria 78 14 8,6 - 88,9 %

[Source : Principaux partenaires à l'exportation]

L'Oman s'est imposé comme le premier débouché de l'UE pour ce produit, avec 180 M€ en 2025. Ce pays du Golfe sert fréquemment de hub logistique et de plateforme de réexportation vers l'ensemble du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud. Sa position est remarquablement stable : les volumes exportés vers Oman n'ont varié que dans une fourchette de 39 000 à 57 000 tonnes sur toute la période, avec un coefficient de variation de seulement 0,11, ce qui en fait le partenaire le plus prévisible du commerce européen de LPE. Le Koweït a également progressé fortement (52 M€ → 84 M€, + 60,9 %).

En revanche, l'Algérie a vu ses importations en provenance de l'UE s'effondrer de 88 M€ à 8,9 M€ (- 89,9 %), et le Nigeria de 78 M€ à 8,6 M€ (- 88,9 %). Ces deux pays, qui représentaient ensemble 166 M€ d'exportations en 2015 (15,6 % du total), n'en comptent plus que 17,5 M€ en 2025 (2,1 %). Ce déclin peut s'expliquer par le développement de la production laitière locale dans ces pays, des restrictions à l'importation visant à protéger les filières nationales, ou un détournement vers des fournisseurs concurrents (Nouvelle-Zélande, pays du Golfe, Asie du Sud-Est).

La Chine et le Royaume-Uni consolident leur rôle de partenaires stratégiques

Deux marchés ont enregistré des progressions notables sur la période, bien que suivant des trajectoires distinctes :

Partenaire Export 2015 (M€) Pic observé (M€) Export 2025 (M€) Évol. 2015–2025
Chine 32 124 (2022) 62 + 92,3 %
Royaume-Uni 39 78 (2019) 71 + 80,7 %

La Chine est devenue un partenaire de premier plan, avec des exportations européennes culminant à 124 M€ en 2022 (en pleine crise des prix) avant de se stabiliser autour de 62 M€ en 2025. La croissance de la demande chinoise, alimentée par l'essor de l'industrie laitière transformée et la reconstitution des stocks stratégiques, a constitué un moteur important pour les exportateurs européens. Toutefois, la volatilité des flux vers la Chine (coefficient de variation de 0,29 sur les volumes) souligne la sensibilité de ce marché aux décisions d'importation gouvernementales et aux variations de la demande intérieure.

Le Royaume-Uni a vu ses importations en provenance de l'UE passer de 39 M€ à 71 M€ (+ 80,7 %). Cette progression, qui s'est accélérée après le Brexit (2020), pourrait refléter un réapprovisionnement depuis l'UE à la suite de la perturbation initiale des chaînes d'approvisionnement liée à la sortie du marché unique, ainsi qu'une dépendance structurelle de l'industrie agroalimentaire britannique vis-à-vis de la poudre de lait européenne.

Le marché des importations européennes se diversifie avec l'essor de la Nouvelle-Zélande et de l'Ukraine

Du côté des importations, la transformation est tout aussi remarquable. Le Royaume-Uni, qui dominait massivement les importations européennes de LPE avec 89 % de la valeur en 2015 (79,7 M€ sur 89,5 M€), a vu sa part s'éroder considérablement :

Partenaire Import 2015 (M€) Import 2021 (M€) Import 2025 (M€) Part 2015 Part 2025
Royaume-Uni 79,7 28,3 31,5 89,1 % 44,2 %
Nouvelle-Zélande 8,9 3,1 35,0 9,9 % 49,1 %
Ukraine ≈ 0 1,1 2,7 ≈ 0 % 3,8 %

[Source : Principaux partenaires à l'importation]

La Nouvelle-Zélande a connu une progression spectaculaire : de 8,9 M€ en 2015 à 35,0 M€ en 2025 (+ 295 %), dépassant pour la première fois le Royaume-Uni comme premier fournisseur de l'UE. L'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange UE–Nouvelle-Zélande (2024) et la compétitivité structurelle des producteurs néo-zélandais, dominés par la coopérative Fonterra, expliquent en grande partie cette dynamique.

Par ailleurs, l'Ukraine est apparue comme un fournisseur inédit, passant de flux quasi nuls (6,4 € en 2015) à 2,7 M€ en 2025, ce qui en fait le troisième fournisseur de l'UE. L'approfondissement de l'association commerciale UE-Ukraine et le développement du secteur laitier ukrainien avant le conflit de 2022 ont contribué à cette émergence.

La diversification des sources d'importation se traduit par une baisse spectaculaire de l'indice de concentration HHI, passé de 8 027 à 4 390 (- 45,3 %), témoignant d'un marché d'approvisionnement devenu nettement moins dépendant d'un fournisseur unique.

[Source : Indice de concentration HHI]

3. Un secteur productif européen en restructuration accélérée depuis 2022

Le pic de prix de 2022 a engendré des chocs asymétriques sur les marchés d'exportation

L'année 2022 constitue un tournant majeur dans la période étudiée. Les prix à l'exportation ont atteint un niveau record de 4 906 €/t, soit une hausse de 38 % par rapport à 2021 (3 552 €/t). Ce pic, qui s'inscrit dans le contexte plus large de l'envolée des prix de l'énergie et des matières premières agricoles consécutive à la guerre en Ukraine, a provoqué des chocs de prix détectés sur de nombreux marchés d'exportation :

Marché Hausse de prix au choc Anomalie statistique Part de valeur
Koweït + 51,9 % 630,3 8,1 %
Mauritanie + 55,8 % 225,3 1,1 %
Angola + 39,6 % 173,2 2,5 %
Cuba + 67,0 % 39,7 2,1 %

[Source : Chocs de prix détectés]

Plusieurs marchés africains et caraïbes ont été particulièrement touchés. À Cuba, les volumes exportés se sont effondrés de 2 711 tonnes (2021) à 129 tonnes (2022), tandis que le prix unitaire bondissait de 2 819 à 4 765 €/t (+ 67 %). L'Angola a connu une trajectoire similaire, avec des volumes divisés par 1,5 et des prix en hausse de 40 %.

L'analyse de la volatilité des volumes exportés par partenaire sur la période 2015–2025 révèle des profils très contrastés :

Partenaire d'exportation Coefficient de variation (volumes) Profil de stabilité
Oman 0,11 Très stable
Rép. dominicaine 0,19 Stable
Koweït 0,24 Modéré
Chine 0,29 Modéré
Royaume-Uni 0,35 Modéré
Nigeria 0,55 Volatil
Algérie 0,73 Volatil
Cuba 0,94 Très volatil

Les destinations les plus volatiles (Cuba, Algérie, Nigeria) sont précisément celles qui ont connu les déclins les plus marqués, suggérant que les marchés les plus instables sont aussi les plus vulnérables aux ajustements brusques en cas de choc de prix ou de perturbation de l'offre. À l'inverse, les partenaires du Golfe (Oman, Koweït) et la République dominicaine affichent une stabilité remarquable, ce qui confirme leur rôle de marchés structurants pour les exportateurs européens.

La propension à exporter de l'UE s'effondre alors que la production progresse

Paradoxalement, alors que les volumes exportés ont été divisés par deux, la production européenne de lait en poudre a progressé de manière significative :

Indicateur 2015 2021 (pic) 2024 Évol. 2015–2024
Production — volume (kt) 761 990 857 + 12,5 %
Production — valeur (M€) 1 786 2 894 3 157 + 76,7 %
Prix de production (€/t) 2 347 2 923 3 685 + 57,0 %

[Source : Volumes et valeur de la production]

La production a donc augmenté de 12,5 % en volume (et de 76,7 % en valeur, tirée par la hausse des prix), tandis que les exportations reculaient de 47 % sur la même période. Cette divergence se traduit par un effondrement de la propension à exporter de l'UE, c'est-à-dire la part de la production destinée aux marchés extérieurs :

Indicateur de vulnérabilité 2015 2022 2024 Tendance
Propension à exporter (%) 65,7 29,1 29,2 Fort déclin
Intensité commerciale (%) 54,2 34,2 30,4 Fort déclin
Dépendance nette aux importations (%) - 153,1 - 37,0 - 37,6 Convergence vers zéro

La dépendance nette aux importations, qui mesure le solde commercial rapporté à la production, est passée de - 153 % à - 37,6 %. Concrètement, l'excédent net d'exportations de l'UE représentait 1,5 fois sa production de LPE en 2015 ; il ne représente plus que 0,38 fois cette production en 2024. L'Union européenne consacre désormais une part beaucoup plus importante de sa lait en poudre au marché intérieur — probablement au profit de l'industrie agroalimentaire (chocolaterie, pâtisserie, produits infantiles) — ou à d'autres formes de transformation. Ce changement structurel est probablement irréversible et marque un tournant dans le positionnement de l'UE sur le marché mondial du LPE.

La spécialisation des États membres se renforce autour d'un noyau de pays clés

La production et l'exportation de LPE au sein de l'UE restent concentrées parmi un nombre limité d'États membres. L'analyse des avantages comparatifs révélés symétriques (RSCA) pour 2025 montre une hiérarchie claire :

État membre RSCA RCA Part dans la production UE Part dans les exportations UE
Irlande 0,358 2,114 4,4 % 4,6 %
Belgique 0,328 1,977 16,7 % 4,6 %
Pays-Bas 0,287 1,804 26,2 % 37,3 %
France 0,270 1,740 13,6 % 10,8 %
Danemark 0,120 1,272 2,2 % 12,7 %

[Source : Spécialisation des États membres]

Les Pays-Bas, avec 26,2 % de la production et un RSCA de 0,287, demeurent le cœur du secteur. L'Irlande, malgré une part de production plus modeste (4,4 %), affiche le score de spécialisation le plus élevé (RSCA = 0,358), confirmant son orientation structurelle vers les produits laitiers à forte valeur ajoutée.

Du côté des exportations, l'évolution des parts entre États membres est révélatrice d'une restructuration en cours :

État membre Export 2015 (M€) Export 2025 (M€) Évolution
Pays-Bas 398 305 - 23,6 %
Danemark 195 104 - 46,8 %
Allemagne 75 101 + 34,1 %
France 105 88 - 15,5 %
Suède 88 99 + 12,1 %
Belgique 80 37 - 53,6 %
Irlande 59 37 - 36,5 %

[Source : Principaux exportateurs de l'UE]

L'Allemagne (+ 34,1 %) et la Suède (+ 12,1 %) ont gagné des parts d'exportation, tandis que le Danemark (- 46,8 %), la Belgique (- 53,6 %) et l'Irlande (- 36,5 %) ont perdu significativement du terrain. L'indice de concentration HHI des exportations est passé de 460 à 816 (+ 77,3 %), indiquant une légère concentration des flux vers un nombre plus restreint de destinations principales — en particulier Oman et le Koweït — et confirmant la polarisation croissante du commerce extérieur européen de LPE.

Conclusion

La période 2015–2025 marque une transformation profonde et multidimensionnelle du marché européen du lait en poudre entier (CN 040221).

Premièrement, le marché a subi un véritable « effet ciseaux » : les volumes échangés ont été divisés par deux, mais l'envolée des prix unitaires (+ 57 % à l'exportation, + 74 % à l'importation) a contenu la baisse de la valeur des échanges autour de – 23 %. Le segment des poudres à haute teneur en graisses (graisse > 27 %, conditionnement bulk) s'est distingué par sa résilience, devenant le segment dominant avec 37,5 % de la valeur d'exportation, et reflétant la demande soutenue de l'industrie chocolatière et agroalimentaire mondiale.

Deuxièmement, la géographie des échanges s'est radicalement reconfigurée. L'Afrique du Nord et l'Afrique de l'Ouest ont perdu leur position de débouchés majeurs au profit du Moyen-Orient (Oman, Koweït), tandis que la Chine s'est imposée comme un marché stratégique. Côté importations, la Nouvelle-Zélande a détrôné le Royaume-Uni comme premier fournisseur de l'UE en 2025, et l'Ukraine est apparue comme un partenaire émergent. La concentration des importations a diminué de 45 %, témoignant d'une diversification des sources d'approvisionnement.

Troisièmement, le pic de prix de 2022 a agi comme un accélérateur de tendances structurelles. La propension à exporter de l'UE est passée de 66 % à 29 %, signifiant que l'Union européenne retient désormais la majeure partie de sa production pour le marché intérieur et l'approvisionnement de son industrie agroalimentaire. Ce changement, qui accompagne une production stable en volume et en forte hausse en valeur, dessine un nouveau modèle dans lequel l'UE passe d'un rôle de « grand exportateur mondial » à celui de transformateur et consommateur de sa propre production de LPE, tout en maintenant une présence commerciale ciblée sur quelques marchés stratégiques au Moyen-Orient et en Asie.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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