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Évolution du marché : Lait et crème de lait, en poudre, en granulés ou sous d'autres formes solides, d'une teneur en poids de matières grasses <= 1,5% (CN 040210) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne avec le reste du monde pour le produit de code douanier 040210, couvrant la période 2015-2025. L'UE se positionne comme un exportateur net majeur de lait écrémé en poudre, avec une balance commerciale structurellement positive. Sur la décennie étudiée, les dynamiques de prix, la redéfinition des partenaires commerciaux et une montée en capacité de production ont façonné un marché en profonde transformation.

Les données proviennent du tableau de bord du commerce de l'UE pour le produit 040210.

1. Une expansion commerciale vigoureuse, tirée par la hausse des prix mondiaux

La valeur des exportations progresse de 34 % sur la période

Entre 2015 et 2025, la valeur des exportations de l'UE de lait écrémé en poudre (CN 040210) est passée de 1,51 milliard d'euros à 2,03 milliards d'euros, soit une hausse de 34,3 %. Cette croissance est cependant inégale : après un creux à 1,16 milliard en 2016, les exportations ont atteint un pic historique à 2,64 milliards en 2022, avant de se stabiliser autour de 1,9–2,0 milliard en 2023–2025 (aperçu général du commerce).

Indicateur exportations 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025
Valeur (Mds €) 1,51 1,16 1,61 1,43 1,94 2,00 2,05 2,64 2,14 1,88 2,03
Quantité (kt) 707 597 794 826 945 831 788 707 776 716 796
Prix moyen (€/t) 2 136 1 938 2 029 1 727 2 048 2 407 2 599 3 726 2 757 2 632 2 546

Les volumes exportés restent stables, le prix est le principal moteur de croissance

La quantité exportée n'a progressé que de 12,7 % (de 707 000 à 796 000 tonnes), avec un maximum de 945 000 tonnes en 2019. En revanche, le prix moyen à l'exportation a bondi de 19,2 % sur la période, avec un pic exceptionnel à 3 726 €/t en 2022 — année marquée par des tensions inflationnistes mondiales sur les matières premières alimentaires. C'est donc principalement la dynamique de prix qui a soutenu la valeur des exportations, les volumes ayant même diminué par rapport à leur pic de 2019.

Les importations de l'UE restent marginales en volume mais leur valeur a fortement augmenté

Les importations de l'UE en provenance de pays tiers demeurent faibles par rapport aux exportations : 45 000 tonnes en 2025 contre 53 000 tonnes en 2015, soit une baisse de 14,1 % en quantité. Cependant, leur valeur a bondi de 66,5 % (de 66 à 109 millions d'euros), là encore sous l'effet d'une hausse de prix de 93,8 % (de 1 243 à 2 409 €/t). La balance commerciale reste structurellement excédentaire, avec un solde passé de 1,44 milliard à 1,92 milliard d'euros (+32,8 %), confirmant le rôle d'exportateur net de l'UE (indicateur de dépendance nette aux importations).

2. Des partenaires commerciaux en recomposition, avec des chocs de prix concentrés en 2022

Les destinations d'exportation se diversifient géographiquement

L'Algérie demeure le premier client de l'UE pour ce produit, avec des exportations passées de 221 millions d'euros en 2015 à 328 millions en 2025 (+48 %). La Chine, qui avait connu une forte croissance (de 119 à 337 millions entre 2015 et 2021), a vu ses importations européennes se contracter fortement pour revenir à 76 millions en 2025 (-35,6 % par rapport à 2015). À l'inverse, l'Arabie Saoudite a doublé ses achats (de 54 à 134 millions, +150 %), tout comme les Philippines (+75,6 %) et la Malaisie (+95,9 %) (principaux partenaires à l'exportation).

Partenaire (exportations) 2015 (M€) 2021 (M€) 2022 (M€) 2025 (M€) Variation 2015–2025
Algérie 221 227 432 328 +48 %
Chine 119 337 311 76 -36 %
Indonésie 97 162 156 124 +27 %
Égypte 115 91 145 139 +20 %
Philippines 63 126 126 111 +76 %
Arabie Saoudite 54 59 96 134 +150 %
Malaisie 47 102 93 93 +96 %

L'Ukraine émerge comme un fournisseur incontournable de lait en poudre pour l'UE

Du côté des importations, le Royaume-Uni reste le premier fournisseur (67 millions d'euros en 2025, +12,6 % par rapport à 2015), ce qui s'explique en partie par les liens commerciaux historiques et la reconfiguration post-Brexit. Cependant, l'évolution la plus spectaculaire est celle de l'Ukraine : ses exportations vers l'UE sont passées de 0,6 million d'euros en 2016 à 34,3 millions en 2025, soit une multiplication par 56. Ce bond reflète à la fois la libéralisation commerciale avec l'UE et la recherche de débouchés pour la production ukrainienne (principaux partenaires à l'importation).

Partenaire (importations) 2015 (M€) 2021 (M€) 2022 (M€) 2025 (M€) Variation 2015–2025
Royaume-Uni 59,5 49,1 53,4 67,0 +13 %
Ukraine 0,6 4,2 35,5 34,3 +5 488 %
États-Unis 0,04 14,4 7,8 3,9 +10 116 %
Suisse 0,1 0,6 0,4 1,9 +1 298 %

L'année 2022 marque un choc de prix généralisé sur les exportations vers les marchés sensibles

L'analyse de volatilité révèle plusieurs événements de choc de prix centrés sur l'année 2022. Vers le Yémen, le prix a bondi de 47,2 % par rapport à la tendance de base, avec une abnormalité de 48,9. Vers la Chine, l'Arabie Saoudite, le Nigeria et la Thaïlande, des hausses de prix de 45 à 54 % ont été observées la même année. Ces pics coïncident avec la crise énergétique et alimentaire mondiale liée au conflit russo-ukrainien. Sur les importations, la volatilité la plus élevée concerne le Pakistan (CV de 2,64) et Israël (CV de 2,42), bien que ces flux restent de faible valeur (analyse des chocs de prix).

La concentration des importations diminue, celle des exportations reste stable

L'indice Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations a baissé de 8 225 à 4 784 (-41,8 %), signe d'une diversification des sources d'approvisionnement de l'UE. Le HHI des exportations est resté bas et stable (autour de 530–570), indiquant une répartition déjà diversifiée des destinations (concentration HHI).

3. Une autonomie commerciale renforcée et une production européenne en expansion

L'UE accentue sa position d'exportateur net

L'indicateur de dépendance nette aux importations est passé de -8,1 % en 2015 à -71,5 % en 2025 (valeurs négatives indiquant un excédent net). Ce renforcement de l'autonomie commerciale s'est accéléré à partir de 2019, avec un pic à -145,4 % en 2019. La propension à exporter (part des exportations dans la production) a progressé de 13,0 % à 44,0 %, tandis que l'intensité commerciale totale est passée de 17,5 % à 45,3 % (indicateurs de vulnérabilité et d'autonomie).

La production de lait écrémé en poudre de l'UE a fortement augmenté

La production de l'UE (volumes PRODCOM) a crû de 1,06 milliard de kg en 2005 à 1,37 milliard en 2024 (+29 %), avec un pic à 1,76 milliard en 2020. La valeur de production a encore plus progressé (+132 %), passant de 1,85 milliard à 4,29 milliards d'euros, sous l'effet de la hausse des prix de production (de 1,75 à 3,14 €/kg). Cette expansion de la production a permis à l'UE de renforcer sa capacité exportatrice (volumes de production de l'UE).

Quelques États membres dominent la production et la spécialisation

L'Irlande affiche l'indice de spécialisation (RSCA) le plus élevé de l'UE (0,785), avec un avantage comparatif révélé (RCA) de 8,3, suivi de la Suède (RSCA 0,37, RCA 2,17) et de la France (RSCA 0,33, RCA 1,98). À l'opposé, Chypre, le Luxembourg et Malte présentent une spécialisation très faible (RSCA proche de -1). Les principaux États membres exportateurs sont la France (345 M€ en 2025), la Belgique (414 M€), l'Allemagne (312 M€) et les Pays-Bas (226 M€) (carte de spécialisation).

La structure des segments de produit révèle une dominance des emballages industriels

En 2025, le segment « sans sucre, emballages > 2,5 kg » (CN 04021019) représente 97,7 % des exportations en volume et 97,8 % en valeur, avec un prix moyen de 2 527 €/t. Le segment « sans sucre, emballages ≤ 2,5 kg » (CN 04021011) ne représente que 0,5 % du volume mais affiche un prix nettement supérieur (5 146 €/t), correspondant à des produits de consommation finale à plus forte valeur ajoutée. Les segments sucrés (CN 04021091 et 04021099) restent marginaux, avec des volumes et des valeurs faibles (ventilation par segment de produit).

Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché du lait écrémé en poudre de l'UE s'est caractérisé par une forte expansion de la valeur commerciale, portée essentiellement par la hausse des prix mondiaux plutôt que par une croissance significative des volumes. L'UE a consolidé son rôle d'exportateur net, avec une dépendance aux importations qui a diminué et une propension à exporter en forte progression. Les partenaires commerciaux se sont recomposés : la Chine a perdu de son importance comme destination, tandis que l'Arabie Saoudite, les Philippines et la Malaisie ont gagné en poids ; l'Ukraine est devenue un fournisseur significatif. L'année 2022 a constitué un choc de prix majeur, affectant de manière transversale la plupart des partenaires commerciaux. Enfin, la production de l'UE s'est accrue, portée par une poignée d'États membres spécialisés (Irlande, Suède, France), ce qui a permis au bloc de maintenir une balance commerciale structurellement excédentaire malgré un environnement mondial volatile.

Généré le 2026-08-05. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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