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Évolution du marché : Granit brut (CN 251611) — 2015–2025

Introduction

Le présent rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne en granit brut et dégrossi (code nomenclature combinée 251611) sur la période 2015–2025. Ce produit, qui exclut les pierres présentant le caractère de pavés, de bordures de trottoirs ou de dalles de pavage, constitue une matière première essentielle pour le secteur de la construction et de la pierre de taille. Les données portent sur les échanges entre l'UE et les pays tiers (hors commerce intra-UE) et couvrent les flux d'importation et d'exportation en valeur (EUR), en volume (tonnes nettes) et en prix unitaire (EUR/t).

La période étudiée est marquée par plusieurs événements macroéconomiques majeurs — ralentissement économique mondial, pandémie de Covid-19, tensions géopolitiques et perturbations des chaînes d'approvisionnement — qui ont profondément affecté les dynamiques commerciales de ce secteur. Ce rapport s'articule autour de trois axes principaux : la contraction globale des échanges, la reconfiguration des partenaires commerciaux et les évolutions en matière d'autonomie et de vulnérabilité de l'UE.

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1. Une contraction profonde et généralisée du commerce extérieur de granit brut

1.1 Le recul simultané des importations et des exportations, avec un déficit commercial en forte réduction

Entre 2015 et 2025, le commerce extérieur de l'UE en granit brut a connu un déclin marqué sur les deux sens des flux. Les importations ont reculé de 45,3 % en valeur, passant de 267,7 M€ à 146,5 M€, tandis que les exportations ont diminué de 37,8 %, passant de 52,0 M€ à 32,3 M€. Cette baisse asymétrique — plus prononcée du côté des importations — a permis une réduction significative du déficit commercial de l'UE, qui est passé de −215,7 M€ à −114,2 M€, soit une amélioration de 47,1 %.

Il convient de noter que la valeur maximale des importations sur la période a atteint 304,1 M€, bien au-delà du niveau de 2015, ce qui indique un pic intermédiaire suivi d'une correction. Le creux des exportations, quant à lui, est tombé à 25,8 M€, soit un niveau bien inférieur à celui de 2015, avant de se reprendre partiellement.

Flux 2015 2025 Variation Minimum Maximum
Exportations 52,0 M€ 32,3 M€ −37,8 % 25,8 M€ 52,0 M€
Importations 267,7 M€ 146,5 M€ −45,3 % 146,5 M€ 304,1 M€
Solde commercial −215,7 M€ −114,2 M€ +47,1 % −268,1 M€ −114,2 M€

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1.2 Des prix unitaires en baisse qui accentuent la compression des valeurs échangées

La contraction des valeurs commerciales s'explique en partie par une érosion des prix unitaires. Les prix à l'exportation ont reculé de 16,9 %, passant de 112,4 €/t à 93,4 €/t, après avoir atteint un maximum de 124,5 €/t au cours de la période. Les prix à l'importation ont baissé de manière plus modeste (−6,9 %), de 247,1 €/t à 230,1 €/t, mais avec des fluctuations notables : un minimum de seulement 95,6 €/t a été enregistré au cours d'une année intermédiaire, suggérant un épisode de prix fortement déprimés, possiblement lié à la crise sanitaire de 2020 ou à un afflux de granit à bas prix.

L'écart de prix entre importations et exportations demeure structurellement élevé : en 2025, le prix moyen importé (230,1 €/t) reste plus du double du prix moyen exporté (93,4 €/t), ce qui reflète une différence de nature ou de qualité entre le granit importé (brut de haute valeur) et le granit exporté (dégrossi ou de moindre qualité).

Flux Prix 2015 Prix 2025 Variation Minimum Maximum
Exportations 112,4 €/t 93,4 €/t −16,9 % 76,0 €/t 124,5 €/t
Importations 247,1 €/t 230,1 €/t −6,9 % 95,6 €/t 279,3 €/t

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1.3 Une production intérieure en volume en forte hausse, mais dont la valeur diminue

Parallèlement au recul des échanges extérieurs, la production de granit au sein de l'UE a connu une trajectoire opposée en volume : elle a augmenté de 53 %, passant de 6,47 Mt à 9,90 Mt. Cependant, la valeur de cette production a reculé de 31,4 %, passant de 350 M€ à 240 M€. La valeur unitaire implicite de la production est ainsi passée d'environ 54 €/t à environ 24 €/t, soit une chute de plus de 55 %. Cette divergence entre volumes croissants et valeurs décroissantes traduit vraisemblablement un excès d'offre, une intensification de la concurrence internationale sur les prix, ou un glissement vers des produits de moindre valeur ajoutée.

Indicateur 2015 2025 Variation
Volume de production 6,47 Mt 9,90 Mt +53 %
Valeur de production 350 M€ 240 M€ −31,4 %

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2. Une reconfiguration géographique majeure des flux commerciaux

2.1 L'effondrement des exportations vers la Chine et la montée de nouveaux débouchés méditerranéens et africains

La transformation la plus spectaculaire concerne la géographie des exportations de l'UE. La Chine, premier client en 2015 avec 30,6 M€, a vu ses achats s'effondrer de 90,3 % pour n'atteindre plus que 3,0 M€ en 2025. La Suisse, deuxième partenaire, a également reculé de 38,7 % (de 12,3 M€ à 7,6 M€).

En revanche, de nouveaux marchés ont émergé de manière très dynamique. Les exportations vers les États-Unis ont bondi de 930,7 % (de 0,3 M€ à 2,9 M€), celles vers la Tunisie de 436,1 % (de 0,5 M€ à 2,8 M€), et l'Algérie est passée de valeurs quasi nulles (12 007 €) à 3,5 M€. L'Albanie connaît une progression comparable, passant de 1 160 € à 1,4 M€. La Syrie, malgré le conflit, affiche une croissance de 90,3 % sur la période, passant de 229 418 € à 436 540 €.

Cette reconfiguration illustre un basculement des débouchés exportateurs de l'UE vers les marchés méditerranéens et nord-américains, compensant partiellement la perte du marché chinois.

Partenaire 2015 2025 Variation
Chine 30,6 M€ 3,0 M€ −90,3 %
Suisse 12,3 M€ 7,6 M€ −38,7 %
États-Unis 0,3 M€ 2,9 M€ +930,7 %
Tunisie 0,5 M€ 2,8 M€ +436,1 %
Albanie 0,001 M€ 1,4 M€
Algérie 0,01 M€ 3,5 M€
Syrie 0,2 M€ 0,4 M€ +90,3 %

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2.2 Le recul marqué des importations en provenance du Brésil et l'émergence du Zimbabwe

Du côté des importations, la plupart des fournisseurs traditionnels ont connu des baisses significatives. Le Brésil, premier fournisseur en 2015 avec 69,4 M€, a subi la plus forte contraction (−70,6 %), passant à 20,4 M€. L'Inde (−45,9 %), le Mozambique (−58,4 %), l'Afrique du Sud (−37,0 %) et la Norvège (−41,3 %) ont également reculé.

Le Zimbabwe fait figure d'exception remarquable : seul parmi les principaux partenaires à l'importation, il a connu une progression de 90,8 %, passant de 12,7 M€ à 24,3 M€. Cette dynamique traduit vraisemblablement le développement de capacités d'extraction et d'exportation de granit au Zimbabwe, qui s'est positionné comme un fournisseur alternatif de l'UE.

La diversification des sources d'approvisionnement se manifeste également par la baisse de l'indice de concentration HHI des importations (de 1 529 à 1 392, soit −9,0 %), indiquant une répartition un peu plus équilibrée entre les fournisseurs.

Partenaire 2015 2025 Variation
Brésil 69,4 M€ 20,4 M€ −70,6 %
Afrique du Sud 46,8 M€ 29,5 M€ −37,0 %
Inde 46,1 M€ 24,9 M€ −45,9 %
Mozambique 28,3 M€ 11,8 M€ −58,4 %
Norvège 21,9 M€ 12,8 M€ −41,3 %
Zimbabwe 12,7 M€ 24,3 M€ +90,8 %

Voir les partenaires à l'importation

2.3 L'Espagne supplantant la Finlande comme premier exportateur de l'UE

Au sein même de l'Union européenne, la hiérarchie des États membres en matière d'exportations vers les pays tiers a été profondément remaniée. La Finlande, premier exportateur de l'UE en 2015 avec 22,2 M€, a vu ses ventes s'effondrer de 81,1 % pour n'atteindre que 4,2 M€ en 2025. À l'inverse, l'Espagne est passée de 2,5 M€ à 10,9 M€ (+341,6 %), devenant le premier exportateur de l'UE. L'Italie a également progressé (+65,5 %), passant de 4,6 M€ à 7,7 M€, tandis que la Pologne a connu un léger recul (−20,6 %) tout en conservant un niveau significatif (6,5 M€).

Du côté des importations intra-UE, l'Italie demeure de loin le premier importateur, même si sa valeur a été divisée par deux (de 162,3 M€ à 77,9 M€). L'Allemagne est le seul grand importateur à afficher une progression (+15,2 %), passant de 7,1 M€ à 8,1 M€, ce qui pourrait refléter une demande résiliente dans le secteur de la construction allemand.

État membre (exportations) 2015 2025 Variation
Finlande 22,2 M€ 4,2 M€ −81,1 %
Pologne 8,2 M€ 6,5 M€ −20,6 %
Italie 4,6 M€ 7,7 M€ +65,5 %
Espagne 2,5 M€ 10,9 M€ +341,6 %
Allemagne 2,6 M€ 1,0 M€ −59,3 %
Suède 1,8 M€ 0,5 M€ −71,7 %
État membre (importations) 2015 2025 Variation
Italie 162,3 M€ 77,9 M€ −52,0 %
Espagne 36,0 M€ 19,9 M€ −44,7 %
Pologne 31,4 M€ 25,8 M€ −18,0 %
Belgique 18,8 M€ 7,5 M€ −60,1 %
France 7,6 M€ 3,5 M€ −53,6 %
Allemagne 7,1 M€ 8,1 M€ +15,2 %

Voir la répartition par États membres


3. Vers une plus grande autonomie de l'UE, avec des signaux de vulnérabilité résiduels

3.1 Une dépendance nette aux importations divisée par près de deux

L'indicateur le plus marquant de l'évolution structurelle du marché est la chute de la dépendance nette aux importations, passée de 56,4 % en 2015 à 34,3 % en 2025 (−39,1 %). L'UE est ainsi passée d'une situation où plus de la moitié de sa consommation apparente dépendait des importations à un niveau proche du tiers, traduisant une reprise significative d'autonomie.

Ce mouvement est corroboré par l'évolution de l'intensité commerciale (rapport échanges/production), qui a reculé de 64,5 % à 45,3 % (−29,9 %), ainsi que de la propension à l'exportation (part des exportations dans la production), passée de 13,8 % à 10,7 % (−22,1 %). L'indice de vulnérabilité le plus saillant est la propension à l'exportation (score de saillance de 61,4), ce qui indique que la capacité de l'UE à écouler son granit sur les marchés extérieurs constitue le principal facteur de fragilité.

Indicateur 2015 2025 Variation
Dépendance nette aux importations 56,4 % 34,3 % −39,1 %
Intensité commerciale 64,5 % 45,3 % −29,9 %
Propension à l'exportation 13,8 % 10,7 % −22,1 %

Voir la dépendance aux importations

3.2 Une diversification remarquable des exportations vers l'extérieur de l'UE

L'un des changements les plus notables de la période est la diversification spectaculaire des exportations de l'UE. L'indice de concentration HHI des exportations est passé de 4 049 à 1 008 (−75,1 %), passant d'un niveau de concentration très élevé — dominé essentiellement par la Chine — à un niveau modéré, reflétant une répartition beaucoup plus équilibrée entre les partenaires. Cette diversification réduit structurellement le risque de dépendance vis-à-vis d'un seul marché.

Du côté des importations, l'HHI a diminué de manière plus modeste (de 1 529 à 1 392, soit −9,0 %), restant à un niveau de concentration modéré. En volume, l'HHI des importations a même augmenté de 40,5 %, ce qui suggère que certaines sources d'approvisionnement sont devenues plus dominantes en termes de quantités échangées, même si la concentration en valeur s'est légèrement atténuée.

Indicateur HHI 2015 2025 Variation
Exportations (valeur) 4 049 1 008 −75,1 %
Importations (valeur) 1 529 1 392 −9,0 %
Exportations (volume) 3 870 1 814 −53,1 %
Importations (volume) 1 264 1 776 +40,5 %

Voir les indices de concentration

3.3 Des chocs de prix ponctuels et une volatilité persistante sur certains corridors commerciaux

Malgré la réduction globale de la dépendance, plusieurs signaux de vulnérabilité demeurent. Trois chocs de prix significatifs ont été détectés au cours de la période :

Partenaire Flux Année Type Amplitude du choc Part de valeur
Albanie Exportations 2017 Prix +116,4 % 4,3 %
Royaume-Uni Importations 2020 Prix +416,9 % 0,7 %
Tunisie Exportations 2017 Prix +196,9 % 5,5 %

Le choc sur les importations en provenance du Royaume-Uni en 2020, avec une hausse de prix de 416,9 %, coïncide avec la période du Brexit et de la pandémie de Covid-19. Les chocs à l'exportation vers l'Albanie et la Tunisie en 2017 témoignent de la volatilité inhérente aux marchés méditerranéens émergents.

Par ailleurs, les coefficients de variation (CV) les plus élevés concernent les exportations vers la Turquie (CV = 2,07) et les États-Unis (CV = 1,88), ainsi que les importations en provenance du Royaume-Uni (CV = 1,41) et de Norvège (CV = 1,20), indiquant une instabilité marquée sur ces corridors commerciaux.

Voir les indicateurs de volatilité

Voir les chocs d'approvisionnement détectés

Enfin, au sein de l'UE, les niveaux de spécialisation sont très contrastés. Le Portugal (RSCA = 0,87), la Finlande (RSCA = 0,80), la Suède (RSCA = 0,62) et l'Espagne (RSCA = 0,61) présentent une forte spécialisation à l'exportation de granit brut, tandis que la Slovénie, la Slovaquie, la Croatie et le Danemark sont structurellement non spécialisés (RSCA proche de −1,0). L'Allemagne, malgré un RSCA légèrement négatif (−0,99), reste un importateur significatif et en légère croissance.

Voir la spécialisation des États membres


Conclusion

La période 2015–2025 a été marquée par trois dynamiques majeures sur le marché du granit brut de l'UE. Premièrement, une contraction profonde des échanges extérieurs, tant en volume qu'en valeur, accompagnée d'une baisse des prix unitaires — les importations ayant reculé plus fortement que les exportations, permettant une réduction de près de moitié du déficit commercial. Deuxièmement, une reconfiguration radicale de la géographie commerciale : l'effondrement des exportations vers la Chine (−90,3 %) et du Brésil comme fournisseur (−70,6 %) a été compensé par l'émergence de nouveaux partenaires méditerranéens (Algérie, Tunisie, Albanie) et africains (Zimbabwe), tandis qu'au sein de l'UE, l'Espagne a supplanté la Finlande comme premier exportateur. Troisièmement, une amélioration nette de l'autonomie de l'UE, avec une dépendance aux importations ramenée de 56,4 % à 34,3 % et une diversification remarquable des débouchés à l'exportation (HHI divisé par quatre).

Cependant, cette reconfiguration n'est pas sans risques : la volatilité persistante sur certains corridors, les chocs de prix ponctuels et la baisse de la propension à l'exportation de l'UE constituent des signaux de vigilance. L'évolution contrastée entre des volumes de production en hausse (+53 %) et une valeur de production en baisse (−31,4 %) soulève par ailleurs des questions sur la soutenabilité économique du modèle productif européen dans ce secteur.

Généré le 2026-08-09. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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