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Évolution du marché : Graines de légumes (CN 120991) — 2015–2025

Introduction

Le code NC 120991 couvre les graines de légumes à ensemencer, un segment stratégique de la filière semences européennes. Il regroupe principalement les graines de légumes hors betteraves à salade (sous-code 12099180, qui représente la quasi-totalité des échanges) et, à la marge, les graines de betteraves rouges (12099130). Sur la période 2015–2025, l'Union européenne a consolidé sa position de premier exportateur mondial de semences potagères, avec un excédent commercial qui a plus que doublé, passant de 600 M€ à près de 1,27 Md€. Ce rapport analyse les dynamiques qui ont façonné ce marché, entre hausse structurelle des prix, mutations géographiques et épisodes de tension.

Vue d'ensemble du produit sur le Trade Dashboard


1. Une valeur en forte hausse, portée par la montée en gamme des prix plutôt que par les volumes

Les exportations ont doublé en valeur alors que les volumes restaient quasi-stables

Entre 2015 et 2025, la valeur des exportations de l'UE de graines de légumes (code 120991) est passée de 987 M€ à 1 906 M€, soit une progression de +93 %. En revanche, les quantités exportées ont légèrement reculé sur la même période, passant de 25 131 t à 24 042 t (−4,3 %). Le prix moyen à l'export a ainsi doublé, passant de 39 286 €/t à 79 261 €/t (+101,8 %).

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur export (M€) 987 1 906 +93,0 %
Quantité export (t) 25 131 24 042 −4,3 %
Prix export (€/t) 39 286 79 261 +101,8 %

Données détaillées sur le Trade Dashboard

Les importations suivent une trajectoire similaire, mais plus modérée

Les importations de l'UE ont progressé de 388 M€ à 637 M€ (+64,4 %), tandis que les volumes importés n'ont crû que de +5,7 % (de 12 267 t à 12 962 t). Le prix moyen à l'import est passé de 31 580 €/t à 49 154 €/t (+55,6 %). Les quantités importées ont été très irrégulières, culminant à près de 18 000 t en 2018 avant de se stabiliser autour de 11 000–13 000 t.

Indicateur 2015 2025 Variation
Valeur import (M€) 388 637 +64,4 %
Quantité import (t) 12 267 12 962 +5,7 %
Prix import (€/t) 31 580 49 154 +55,6 %

L'excédent commercial se creuse massivement

La balance commerciale de l'UE est passée de 600 M€ à 1 268 M€ (+111,5 %). Cette dynamique traduit avant tout un effet prix : la capacité de l'UE à exporter des semences à forte valeur ajoutée (hybrides F1, variétés protégées, semences traitées) s'est traduite par une prime de plus en plus marquée par rapport aux importations.


2. Les Pays-Bas, plaque tournante incontournable, et une géographie commerciale en pleine mutation

La domination structurelle des Pays-Bas sur les deux flux

Les Pays-Bas concentrent à eux seuls une part prépondérante du commerce extra-UE de semences potagères. À l'export, ils sont passés de 695 M€ à 1 399 M€ (+101 %), représentant près de 73 % de la valeur totale des exportations de l'UE en 2025. À l'import, leur part a également augmenté, de 255 M€ à 462 M€ (+81,5 %), soit environ 72 % des importations. Ce double rôle — premier importateur et premier exportateur — reflète la fonction de hub logistique et de redistribution des Pays-Bas au sein de la filière semences européenne, notamment grâce au cluster de Wageningen et aux infrastructures de traitement et de conditionnement.

Pays membre Export 2015 (M€) Export 2025 (M€) Variation
Pays-Bas 695 1 399 +101,3 %
France 146 255 +75,0 %
Italie 51 78 +52,7 %
Espagne 22 57 +156,4 %
Danemark 17 29 +69,8 %
Allemagne 24 13 −46,4 %

Données par pays déclarant

L'émergence spectaculaire du Mexique et du Maroc comme destinations clés

À l'export, les partenaires traditionnels (États-Unis, Royaume-Uni, Turquie) ont connu des progressions notables mais relativement mesurées. En revanche, deux marchés ont connu une ascension remarquable :

Partenaire Export 2015 (M€) Export 2025 (M€) Variation
États-Unis 127 198 +55,8 %
Royaume-Uni 62 54 −13,0 %
Turquie 85 120 +41,8 %
Mexique 52 238 +353,0 %
Maroc 35 97 +179,1 %
Chine 33 91 +176,8 %
Japon 21 31 +44,2 %

Le Mexique est devenu en 2025 le premier destinataire des exportations de semences potagères de l'UE (devant même les États-Unis), avec une valeur multipliée par 4,5. Cette progression s'explique par le développement de l'agriculture d'exportation mexicaine (tomates, poivrons, courgettes) et la forte demande en semences hybrides européennes. Le Maroc, porté par le même type de dynamique (agriculture sous abri pour l'export vers l'UE), a vu ses importations de semences européennes tripler.

Données par partenaire

Une diversification des sources d'approvisionnement à l'import

À l'import, les États-Unis restent le premier fournisseur de l'UE (100 M€ en 2025, +13,6 %), suivis de la Chine (71 M€, +39,4 %) et de l'Australie (23 M€, +59,1 %). L'Ukraine, bien que fournisseur historique, a vu son poids diminuer (−27,2 %), probablement en lien avec les effets de la guerre. L'indice de concentration HHI des importations est passé de 1 014 à 782 (−22,8 %), ce qui traduit une diversification des approvisionnements de l'UE.


3. Spécialisation, segments de produits et chocs ponctuels : des disparités marquées

Les Pays-Bas et la France concentrent l'avantage comparatif européen

L'analyse de la spécialisation en 2025 révèle une hiérarchie très claire au sein de l'UE :

Pays RSCA RCA Part dans les exports UE
Pays-Bas 0,626 4,35 63,2 %
France 0,446 2,61 20,4 %
Danemark 0,106 1,24 2,1 %
Espagne −0,263 0,58 3,4 %
Irlande −0,999 0,00 ≈ 0 %

Les Pays-Bas (RCA = 4,35) et la France (RCA = 2,61) disposent d'un avantage comparatif net et significatif dans les semences potagères, concentrant à eux deux plus de 83 % de la valeur exportée par l'UE. À l'inverse, des pays comme l'Irlande, le Luxembourg ou la Slovaquie n'ont aucune spécialisation dans ce segment.

Indicateurs de spécialisation

Le segment 12099180 domine très largement, mais le segment betterave progresse en valeur

Le code 120991 se décompose en deux sous-produits. Le segment principal (12099180 — graines de légumes hors betteraves) représente plus de 99 % des échanges en volume et valeur. Néanmoins, le segment betteraves rouges (12099130), bien que marginal en volume (environ 500–900 t), a vu son prix à l'export exploser :

Sous-produit Prix export 2015 (€/t) Prix export 2025 (€/t) Variation
12099180 (hors betteraves) 39 816 80 489 +102 %
12099130 (betteraves rouges) 7 289 24 836 +241 %

Le segment betteraves rouges a connu une multiplication par 3,4 de son prix unitaire, ce qui pourrait refléter une montée en gamme variétale ou des tensions spécifiques sur ce niche market.

Comparaison des segments

Des épisodes de chocs de prix ponctuels sur certains marchés

L'analyse de volatilité révèle des déséquilibres localisés. En 2025, les importations de l'UE provenant du Royaume-Uni affichent un coefficient de variation très élevé (CV = 1,36), témoignant d'une instabilité marquée depuis le Brexit. Du côté des exportations, les flux vers le Royaume-Uni (CV = 0,87), l'Algérie (CV = 0,93) et le Maroc (CV = 0,84) sont les plus volatils.

Trois événements de choc ont été détectés :

Partenaire Flux Type de choc Année Amplitude du prix Part de valeur
Maroc Export Prix 2023 +563,7 % 6,2 %
Norvège Export Prix 2020 +333,2 % 0,8 %
Nouvelle-Zélande Export Prix 2023 +158,7 % 0,9 %

Le choc le plus significatif concerne les exportations vers le Maroc en 2023 (+563,7 %), qui pourrait s'expliquer par un redéploiement des flux vers le Maroc comme plateforme d'approvisionnement pour l'agriculture sous abri, combiné à une possible contraction de l'offre locale ou un changement de mix variétal.

Indicateurs de volatilité · Événements de chocs


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché des graines de légumes à ensemencer (CN 120991) a connu une transformation profonde. L'UE a consolidé sa position dominante grâce à un excédent commercial qui a plus que doublé, porté non pas par une augmentation des volumes mais par une hausse structurelle des prix, reflet d'une montée en gamme variétale (hybrides F1, variétés protégées). Les Pays-Bas restent le cœur névralgique de ce commerce, mais la géographie des flux s'est considérablement réorientée : le Mexique et le Maroc sont devenus des marchés de premier plan, tirés par la demande en semences performantes pour l'agriculture d'exportation. Enfin, malgré une concentration des importations qui s'est allégée (HHI en baisse), des épisodes de volatilité persistants sur certains partenaires rappellent la sensibilité de ce marché aux aléas climatiques, sanitaires et géopolitiques. L'avenir de la filière européenne des semences potagères repose sur sa capacité à maintenir cette avance technologique et à diversifier à la fois ses sources d'approvisionnement et ses débouchés.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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