Évolution du marché : Articles en zinc (CN 7907) — 2015–2025
Introduction
Le code douanier 7907 couvre les ouvrages en zinc, non dénommés ailleurs (n.d.a.), une catégorie résiduelle qui regroupe les produits finis ou semi-finis en zinc (accessoires de toiture, éléments de façade, pièces moulées, composants industriels, etc.) distincts du zinc brut (7901), des tôles et feuilles (7905) ou des barres et fils (7904). Le code PRODCOM correspondant est le 25.99.29.72 (« Ouvrages en zinc n.c.a. »).
Sur la période 2015–2025, le commerce extérieur de l'Union européenne avec le reste du monde pour ce produit a connu une trajectoire marquée par une forte revalorisation monétaire des échanges, alors que les volumes physiques n'ont que modérément progressé. La présente analyse s'appuie sur les données de la vue d'ensemble du marché pour identifier et expliquer les principales dynamiques observables.
1. Une forte inflation des prix unitaires qui façonne la dynamique des échanges
Le trait le plus saillant de la période est l'écart considérable entre la croissance des valeurs et celle des volumes échangés. Les valeurs commerciales ont connu des hausses spectaculaires, tandis que les quantités n'ont progressé que faiblement, voire stagné, révélant une composante prix très dynamique.
Des exportations en valeur en forte progression (+72 %) sur un volume en hausse modérée (+23 %)
Les exportations de l'UE vers les pays tiers sont passées de 92,6 M€ à 159,6 M€ entre 2015 et 2025, soit une progression de 72,4 %. Sur la même période, le volume exporté n'a augmenté que de 22,6 %, passant de 8 794 tonnes à 10 782 tonnes. Le prix moyen à l'exportation a ainsi bondi de 10 525 €/t à 14 792 €/t (+40,5 %), un signe que la hausse des recettes résulte davantage d'une amélioration de la valeur unitaire — liée à la fois à l'inflation des coûts de production, à l'évolution du mix-produit et à la tension sur les matières premières — qu'à une simple expansion des volumes.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Valeur exportations | 92,6 M€ | 159,6 M€ | +72,4 % |
| Volume exportations | 8 794 t | 10 782 t | +22,6 % |
| Prix moyen export. | 10 525 €/t | 14 792 €/t | +40,5 % |
Source : Vue d'ensemble
Des importations à volume quasi stable mais à valeur en hausse de 42 %
Le constat est encore plus frappant côté importations : leur volume est passé de 21 168 tonnes à 20 673 tonnes (–2,3 %), tandis que leur valeur est passée de 156,5 M€ à 221,7 M€ (+41,7 %). Le prix moyen à l'importation a donc bondi de 7 392 €/t à 10 721 €/t (+45,0 %). L'UE importe donc environ les mêmes quantités qu'en 2015, mais à un coût nettement supérieur, ce qui pèse sur la facture importatrice.
| Indicateur | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Valeur importations | 156,5 M€ | 221,7 M€ | +41,7 % |
| Volume importations | 21 168 t | 20 673 t | −2,3 % |
| Prix moyen import. | 7 392 €/t | 10 721 €/t | +45,0 % |
Source : Vue d'ensemble
Un déficit commercial contenu malgré la hausse des prix
Le solde commercial de l'UE en articles en zinc demeure structurellement déficitaire, passant de −63,9 M€ en 2015 à −62,1 M€ en 2025. Cependant, le déficit a connu des fluctuations notables : il s'est creusé jusqu'à −89,3 M€ à son maximum avant de se réduire à −42,5 M€ à son point le plus bas. La légère amélioration globale (+2,9 %) masque ainsi une volatilité intermédiaire significative, liée aux cycles de prix et aux dynamiques de volumes. C'est la progression des exportations, plus rapide que celle des importations en valeur, qui permet de stabiliser le déficit malgré l'inflation des prix unitaires.
2. Une concentration géographique élevée à l'import et diversifiée à l'export
L'analyse des partenaires commerciaux révèle des structures contrastées entre imports et exports, avec une dépendance marquée vis-à-vis de la Chine côté approvisionnement et une davantage diversifiée côté débouchés.
La Chine, partenaire dominant des importations de l'UE
La Chine représente à elle seule 55,8 % de la valeur des importations de l'UE en articles en zinc en 2025, avec 123,8 M€ (+42,1 % par rapport à 2015). L'indice de concentration HHI des importations, qui s'établit à 3 415 en 2025 (contre 3 370 en 2015), confirme un marché importateur modérément concentré et dont la structure est restée remarquablement stable (+1,3 %). Au-delà de la Chine, le Royaume-Uni (29,6 M€, +37,1 %) constitue le second fournisseur, suivi à distance par la Turquie (10,1 M€, +76,6 %) et la Bosnie-Herzégovine (12,8 M€, +117,2 %), deux pays dont la progression est parmi les plus rapides.
| Partenaire (import.) | 2015 | 2025 | Variation | Part 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Chine | 87,1 M€ | 123,8 M€ | +42,1 % | 55,8 % |
| Royaume-Uni | 21,6 M€ | 29,6 M€ | +37,1 % | 13,3 % |
| Bosnie-Herzégovine | 5,9 M€ | 12,8 M€ | +117,2 % | 5,8 % |
| Turquie | 5,7 M€ | 10,1 M€ | +76,6 % | 4,6 % |
| Tunisie | 4,4 M€ | 5,7 M€ | +29,9 % | 2,6 % |
| Pérou | 4,2 M€ | 4,5 M€ | +7,4 % | 2,0 % |
| Taïwan | 6,9 M€ | 3,0 M€ | −56,1 % | 1,4 % |
Source : Partenaires commerciaux
L'évolution de Taïwan est notable : ce fournisseur, qui pesait 6,9 M€ en 2015, est tombé à 3,0 M€ en 2025 (−56,1 %), suggérant un réacheminement des flux vers d'autres sources asiatiques ou une perte de compétitivité.
Des exportations européennes orientées vers des marchés dynamiques et diversifiés
À l'exportation, l'indice HHI est passé de 870 à 721 (−17,2 %), indiquant un marché exportateur très diversifié et de plus en plus dispersé. Les États-Unis constituent le premier débouché (25,7 M€, +68,3 %), suivis de la Chine (18,2 M€, +103,9 %), de la Suisse (15,5 M€, +18,7 %) et du Royaume-Uni (12,8 M€). Les progressions les plus remarquables concernent la Turquie (+160,1 %), le Mexique (+94,6 %) et la Chine (+103,9 %), des marchés émergents ou en développement qui absorbent une part croissante de la production européenne.
| Partenaire (export.) | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| États-Unis | 15,3 M€ | 25,7 M€ | +68,3 % |
| Chine | 8,9 M€ | 18,2 M€ | +103,9 % |
| Suisse | 13,0 M€ | 15,5 M€ | +18,7 % |
| Royaume-Uni | 12,1 M€ | 12,8 M€ | +6,4 % |
| Mexique | 6,5 M€ | 12,6 M€ | +94,6 % |
| Turquie | 3,6 M€ | 9,4 M€ | +160,1 % |
| Brésil | 2,9 M€ | 4,1 M€ | +39,6 % |
Source : Partenaires commerciaux
Des asymétries de volatilité entre les partenaires
L'analyse des coefficients de variation révèle des profils de volatilité très différents selon les partenaires. À l'importation, la Tunisie (CV = 0,63) et Taïwan (CV = 0,46) se distinguent par une forte instabilité, tandis que la Turquie (CV = 0,06) et la Chine (CV = 0,11) apparaissent comme des fournisseurs relativement stables. À l'exportation, le Brésil (CV = 1,81) et l'Algérie (CV = 3,04) présentent les profils les plus erratiques, sans doute liés à la nature ponctuelle des commandes sur ces marchés éloignés.
L'identification des chocs de prix confirme ces tendances : un pic de prix à l'importation depuis le Pérou en 2017 (+36,3 %), un effondrement des prix à l'exportation vers le Brésil en 2019 (−38,9 %), et un bond des prix à l'exportation vers le Royaume-Uni en 2021 (+74,2 %) comptent parmi les événements les plus marquants. Ce dernier choc, qui touche un partenaire représentant 14,9 % des exportations, pourrait être lié aux ajustements post-Brexit et à la restructuration des chaînes d'approvisionnement.
3. Une industrie européenne stable en volume, en forte revalorisation et à l'export croissante
Au-delà du commerce, la structure productive européenne et les indicateurs d'autonomie dessinent l'image d'un secteur qui se recentre sur l'export tout en maintenant ses capacités de production.
Une production physique quasi stable mais une valeur en forte hausse (+58 %)
La production d'ouvrages en zinc dans l'UE a évolué de manière quasi stable en volume : de 154 967 tonnes en 2015 à 156 038 tonnes en 2025 (+0,7 %). En revanche, la valeur de production a bondi de 524,8 M€ à 828,6 M€ (+57,9 %), reflétant la même dynamique de hausse des prix unitaires observée dans le commerce extérieur. L'écart entre la stabilité des volumes et la croissance de la valeur suggère un effet combiné de l'inflation des intrants (zinc, énergie) et d'une éventuelle montée en gamme des produits fabriqués.
| Indicateur production UE | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Volume | 154 967 t | 156 038 t | +0,7 % |
| Valeur | 524,8 M€ | 828,6 M€ | +57,9 % |
Source : Volumes de production
Une géographie interne dominée par l'Allemagne, avec des spécialisations nordiques et méridionales
À l'intérieur de l'UE, l'Allemagne demeure le premier acteur tant à l'import (43,0 M€) qu'à l'export (57,6 M€) en 2025, bien qu'elle ait perdu du terrain côté importations (−13,8 %) tout en consolidant ses exportations (+17,7 %). La France a connu une progression spectaculaire de ses importations (+83,6 %, passant à 64,6 M€), devenant ainsi le premier importateur devant l'Allemagne. L'Italie et l'Espagne ont également connu des hausses marquées, tant à l'import qu'à l'export.
Les indices de spécialisation RSCA (Revealed Symmetric Comparative Advantage) révèlent que la Suède (RSCA = 0,53) et l'Autriche (0,50) présentent les avantages comparatifs les plus marqués en articles en zinc, suivies de l'Italie (0,36). À l'inverse, l'Irlande (−1,00), Chypre (−0,99) et Malte (−0,95) n'ont aucune spécialisation dans ce secteur.
| État membre (import.) | 2015 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 49,9 M€ | 43,0 M€ | −13,8 % |
| France | 35,2 M€ | 64,6 M€ | +83,6 % |
| Italie | 14,4 M€ | 16,9 M€ | +16,7 % |
| Espagne | 8,3 M€ | 16,5 M€ | +98,7 % |
| Pays-Bas | 8,5 M€ | 17,8 M€ | +109,3 % |
| Pologne | 4,3 M€ | 9,3 M€ | +114,6 % |
| Roumanie | 7,1 M€ | 9,5 M€ | +33,8 % |
Source : États membres
Une propension à l'export en hausse, signe d'un secteur qui se tourne vers l'extérieur
L'analyse des indicateurs d'autonomie et de vulnérabilité révèle une évolution encourageante pour le secteur européen :
- La dépendance nette aux importations a diminué de 5,8 % à 4,9 % (−16,2 %), confirmant que l'UE a consolidé sa position relative malgré la persistance du déficit commercial.
- La propension à exporter est passée de 17,9 % à 18,9 % (+5,4 %), l'indicateur le plus saillant selon les scores de saillance, ce qui traduit une capacité accrue de l'industrie européenne à écouter sa production sur les marchés extérieurs.
- L'intensité commerciale est restée stable autour de 34 %, indiquant que le secteur conserve un degré d'ouverture constant.
L'HHI des exportations en baisse (de 870 à 721, −17,2 %) corrobore cette lecture : les débouchés se diversifient, réduisant la vulnérabilité à un choc sur un marché unique. À l'importation, l'HHI demeure élevé et stable (~3 415), la concentration sur la Chine restant le principal facteur de risque.
Conclusion
Sur la période 2015–2025, le marché européen des ouvrages en zinc (CN 7907) se caractérise par trois tendances majeures :
-
Une revalorisation monétaire forte des échanges, tirée par la hausse des prix unitaires (+40 % à l'export, +45 % à l'import) plutôt que par l'expansion des volumes, un phénomène cohérent avec l'inflation des coûts des matières premières et de l'énergie sur la décennie.
-
Un déséquilibre géographique persistant à l'importation, avec la Chine comme fournisseur dominant (près de 56 % des importations), tandis que les exportations se diversifient vers les marchés émergents (Turquie, Mexique, Chine elle-même).
-
Une industrie européenne résiliente, dont la production physique est stable mais dont la valeur a bondi de près de 58 %, et qui affiche une propension croissante à l'exportation, un signe de compétitivité internationale préservée malgré un déficit commercial structurel.
Le principal risque identifié réside dans la forte concentration des importations sur un nombre limité de fournisseurs — en premier lieu la Chine — qui pourrait exposer le secteur à des chocs d'approvisionnement en cas de tensions géopolitiques ou de perturbations logistiques. La diversification amorcée des sources d'approvisionnement (Bosnie-Herzégovine, Turquie) et des débouchés d'exportation constitue cependant un facteur atténuateur encourageant.