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Évolution du marché : Amandes douces (CN 08021290) — 2015–2025

Introduction

Le présent rapport analyse l'évolution des échanges commerciaux de l'Union européenne (UE) concernant les amandes douces, fraîches ou sèches, sans coques (code nomenclature combinée 08021290) sur la période 2015-2025. Basé sur les données agrégées du Tableau de bord du commerce, l'analyse met en lumière une période marquée par une forte croissance des volumes importés, un effondrement des prix unitaires et une restructuration significative des partenaires commerciaux. L'UE demeure structurellement déficitaire et très dépendante des importations pour satisfaire sa consommation, malgré une production intérieure en expansion.

1. Une divergence marquée entre volumes échangés et valeurs déclinantes

Cette première section examine la tendance macroéconomique des échanges, révélant une inversion du rapport entre les quantités échangées et leur valeur monétaire.

Les importations en volume ont connu une croissance soutenue tandis que leur valeur s'effritait

Entre 2015 et 2025, les importations de l'UE en provenance de pays tiers ont augmenté de 24,4 % en volume, passant de 220 822 tonnes à 274 708 tonnes. Sur la même période, la valeur de ces importations a reculé de 19,3 %, chutant de 1,84 milliard d'euros à 1,48 milliard d'euros (vue d'ensemble du commerce). Cette divergence s'explique par une baisse moyenne des prix à l'importation de 35,1 %, passant d'environ 8 324 €/t à 5 403 €/t.

Indicateur (Importations) 2015 2025 Variation (%)
Volume (tonnes) 220 822 274 709 +24,4
Valeur (Mds €) 1,84 1,48 -19,3
Prix moyen (€/t) 8 324 5 403 -35,1

Les exportations stables en volume mais fortement affectées par la chute des prix

Les exportations hors UE ont présenté une stabilité apparente en volume, avec une légère hausse de 0,9 % (de 23 382 à 23 585 tonnes). Cependant, leur valeur a baissé de manière bien plus prononcée, de 30,3 %, passant de 235 millions d'euros à 164 millions d'euros. Le prix moyen des exportations a chuté de 30,9 % pour atteindre 6 947 €/t (vue d'ensemble du commerce).

Le déficit commercial s'est réduit en valeur, sous l'effet de la déflation des prix

Le solde commercial, structurellement déficitaire, s'est amélioré en termes monétaires, passant de -1,60 milliard d'euros en 2015 à -1,32 milliard d'euros en 2025, soit une réduction de 17,6 %. Cette amélioration est presque entièrement due à la baisse plus prononcée des prix à l'importation qu'à l'exportation, et non à une amélioration du solde physique (vue d'ensemble du commerce).

2. Restructuration des flux et polarisation des partenaires

Cette section analyse les changements dans la géographie des échanges, caractérisés par une concentration accrue des importations sur les États-Unis et une diversification des destinations d'exportation.

Les importations se concentrent davantage sur les États-Unis, tandis que les fournisseurs secondaires déclinent

Les États-Unis ont renforcé leur position de partenaire dominant pour les importations de l'UE. Leur part dans la valeur des importations est restée prépondérante, bien que leur valeur ait légèrement reculé de 10,5 %. En contraste, d'autres fournisseurs majeurs comme l'Australie (-73,2 %) et le Royaume-Uni (-98,0 %) ont vu leur commerce avec l'UE s'effondrer (partenaires principaux par valeur). Cela se reflète dans une hausse de l'indice de concentration (HHI) des importations, de 7 490 à 9 086.

Le Royaume-Uni, premier débouché historique, voit son importance décliner fortement

Le Royaume-Uni, principal partenaire à l'exportation pour l'UE en 2015 (95 M€), a vu ses achats s'effondrer de 67,2 % pour ne représenter que 31 M€ en 2025. À l'inverse, de nouvelles destinations émergent fortement : les exportations vers la Turquie ont augmenté de 726 %, celles vers l'Égypte de 3 365 %, et celles vers l'Albanie de 707 % (partenaires principaux par valeur).

La spécialisation intra-UE révèle un rôle central de l'Espagne dans la production et les échanges

En 2025, l'Espagne se distingue comme le seul État membre doté d'un avantage comparatif révélé (RCA > 1) et le plus spécialisé (RSCA de 0,80) pour ce produit. Elle concentre 52 % de la production de l'UE et 58 % de la valeur des exportations intra-UE. L'Italie et les Pays-Bas jouent également un rôle important, bien que moindre, dans la production et la réexportation (spécialisation des reporters).

3. Dépendance structurelle, croissance de la production intérieure et chocs de prix

La dernière partie explore le niveau élevé de dépendance de l'UE aux importations, la réponse par la croissance de la production nationale et la présence de certains chocs de volatilité.

L'UE reste fortement dépendante des importations, avec un degré d'ouverture très élevé

La dépendance nette aux importations est restée très stable autour de 83-84 % tout au long de la période, confirmant que la production intérieure couvre à peine 16 % des besoins (dépendance nette aux importations). L'intensité commerciale (rapport des échanges au PIB de la branche) est extrêmement élevée, à 92,9 %, ce qui témoigne d'un marché profondément intégré au commerce mondial.

Une production intérieure en forte expansion, principalement portée par l'Espagne

Les données de production communautaire montrent une augmentation spectaculaire des volumes de 91,1 %, passant de 314 000 tonnes à 600 000 tonnes sur la période. Cependant, la valeur de cette production est restée quasiment stable (autour d'un milliard d'euros), ce qui indique une pression à la baisse sur les prix producteurs (volumes de production). Cette expansion répond partiellement à la volonté de réduire la dépendance extérieure.

Des épisodes de volatilité prononcée sur certains partenaires secondaires

L'analyse de la volatilité (coefficient de variation) montre que certains partenaires, tant pour les importations (Afghanistan, Ouzbékistan) que pour les exportations (Égypte, Ceuta), présentent des flux très erratiques (barres de volatilité). Quelques chocs de prix export significatifs ont été détectés, comme une chute de -36 % vers la Sierra Leone en 2023 et de -34 % vers le Ghana en 2022, mais concernant des flux marginaux (principaux chocs).

Conclusion

La période 2015-2025 a été caractérisée pour le marché européen des amandes douces par une déflation des prix entraînant une baisse de la valeur des échanges malgré une croissance des volumes importés. Le marché a connu une restructuration géographique, avec une concentration accrue sur les États-Unis pour les approvisionnements et une redéfinition des débouchés à l'exportation suite au Brexit. La dépendance structurelle de l'UE demeure très élevée, stimulant une expansion significative de la production intérieure, principalement espagnole, qui reste toutefois insuffisante pour combler le déficit. La volatilité et les chocs, bien que présents, touchent principalement des partenaires périphériques. L'avenir du marché dépendra de l'équilibre entre la dynamique de prix international, la compétitivité de la production européenne et la stabilité de la demande des consommateurs.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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