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Évolution du marché : Copolymères de propylène (CN 390230) — 2015–2025

Introduction

Ce rapport analyse l'évolution du commerce extérieur de l'Union européenne pour les copolymères de propylène sous formes primaires (code NC 390230) sur la période 2015–2025. Ce produit, classé au sein de la nomenclature combinée sous le code 390230, correspond au code Prodcom 20.16.51.50 — « Polymères de propylène ou d'autres oléfines, sous formes primaires (à l'exclusion du polypropylène) » — et s'inscrit dans la catégorie plus large des polymères de propylène (NC 3902).

Sur cette période, l'UE a connu trois dynamiques majeures : un rétrécissement significatif de son excédent commercial, marqué par une hausse forte des importations et un recul des exportations en volume ; une reconfiguration géographique des partenaires commerciaux, tant côté fournisseurs que clients ; et une érosion relative de la position compétitive de l'Union, comme en témoignent les indicateurs de propension à l'exportation et de dépendance nette aux importations.


1. Un excédent commercial en repli structurel : les importations dopent, les exportations faiblissent

1.1 Des importations en forte expansion, tirées par le volume et la valeur

Entre 2015 et 2025, les importations intra-européennes de copolymères de propylène ont connu une croissance remarquable. En valeur, elles sont passées de 451 millions d'euros à 769 millions d'euros, soit une progression de +70,4 %. En volume, l'augmentation est encore plus spectaculaire : de 302 840 tonnes à 584 066 tonnes, soit un bond de +92,9 % (aperçu général du commerce).

Ce dynamisme des importations traduit une demande intérieure européenne soutenue, probablement alimentée par la croissance des secteurs utilisateurs (automobile, emballage, construction) et, dans une certaine mesure, par la compétitivité-prix des fournisseurs extra-européens. En effet, le prix moyen des importations a légèrement baissé de 1 490 €/t à 1 316 €/t (−11,7 %), ce qui rend ces approvisionnements extérieurs plus attractifs.

1.2 Des exportations en repli, principalement en volume

Côté exportations, l'évolution est nettement moins favorable. En valeur, les exportations de l'UE ont reculé de 1,44 milliard d'euros à 1,33 milliard d'euros (−7,4 %). Mais c'est en volume que le recul est le plus préoccupant : de 1 005 062 tonnes à 784 670 tonnes, soit une contraction de −21,9 %. Le prix moyen des exportations a cependant augmenté de 1 435 €/t à 1 701 €/t (+18,5 %), ce qui suggère un déplacement vers des produits à plus forte valeur ajoutée ou simplement un effet de la hausse des prix mondiaux des matières premières.

Indicateur 2015 2025 Variation
Exportations (valeur, M€) 1 442 1 335 −7,4 %
Exportations (volume, kt) 1 005 785 −21,9 %
Exportations (prix moyen, €/t) 1 435 1 701 +18,5 %
Importations (valeur, M€) 451 769 +70,4 %
Importations (volume, kt) 303 584 +92,9 %
Importations (prix moyen, €/t) 1 490 1 316 −11,7 %
Solde commercial (M€) 991 566 −42,9 %

1.3 L'excédent commercial fond, mais l'UE reste excédentaire

Le solde commercial de l'UE, bien que toujours positif, a fortement diminué : de 991 millions d'euros en 2015 à 566 millions d'euros en 2025, soit une érosion de 42,9 % (aperçu général). Le ratio de dépendance nette aux importations (net import reliance) confirme cette tendance : il est passé de −249 % à −39 % (indicateur de vulnérabilité). L'UE demeure excédentaire (valeur négative), mais l'écart s'est considérablement réduit, témoignant d'une moindre avance compétitive.


2. Reconfiguration géographique des échanges : nouveaux équilibres entre partenaires

2.1 La Corée du Sud, désormais premier fournisseur extra-européen

L'une des évolutions les plus marquantes concerne la montée en puissance de la Corée du Sud comme fournisseur de l'UE. En valeur, les importations en provenance de Corée sont passées de 69 millions d'euros à 306 millions d'euros, soit une progression de +342,5 % (partenaires par valeur). La Corée du Sud représente ainsi à elle seule près de 40 % de la valeur totale des importations de l'UE en 2025. Le coefficient de volatilité (CV = 0,44) indique cependant une certaine instabilité de ce flux (volatilité).

Les États-Unis (+140 %) et Israël (+89 %) ont également fortement accru leurs livraisons vers l'UE, tandis que l'Arabie saoudite (+66 %) maintient un flux régulier depuis le Golfe.

2.2 L'effondrement des importations en provenance du Royaume-Uni et du Brésil

À l'inverse, le Royaume-Uni a vu ses exportations vers l'UE chuter de 120 millions d'euros à 33 millions d'euros (−72,2 %). Cette baisse spectaculaire est très probablement liée au Brexit, qui a introduit des barrières tarifaires, des vérifications douanières et des coûts logistiques supplémentaires. Le coefficient de volatilité élevé (CV = 0,56) confirme l'instabilité de ce flux depuis 2020 (volatilité des importations).

Le Brésil a connu un effondrement encore plus prononcé : de 39 millions d'euros à 7 millions d'euros (−81,2 %), avec un coefficient de volatilité de 0,76, le plus élevé parmi les principaux fournisseurs.

2.3 Les exportations vers la Russie effacées par les sanctions

Du côté des exportations, l'évolution la plus spectaculaire concerne la Russie : de 81 millions d'euros en 2015 à seulement 33 835 euros en 2025, soit un effacement quasi total (−100 %). Ce résultat s'explique directement par les sanctions européennes imposées après 2022 dans le contexte du conflit russo-ukrainien (partenaires par valeur).

Le Royaume-Uni reste le premier client de l'UE (271 M€), mais a lui aussi reculé de 33 % par rapport à 2015. La Chine (+49 %) et les États-Unis (+4 %) ont en partie compensé ces pertes.

Partenaire Importations 2015 (M€) Importations 2025 (M€) Δ
Corée du Sud 69 306 +342 %
Arabie saoudite 43 72 +66 %
États-Unis 38 91 +140 %
Israël 29 56 +89 %
Royaume-Uni 120 33 −72 %
Brésil 39 7 −81 %

2.4 Concentration accrue des importations, diversification des exportations

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations en valeur est passé de 1 417 à 2 001 (+41,2 %), signe d'une concentration croissante des sources d'approvisionnement (concentration). En volume, la concentration est encore plus marquée (HHI passant de 1 479 à 2 496). Cette dépendance accrue vis-à-vis d'un nombre réduit de fournisseurs — au premier rang desquels la Corée du Sud — constitue un risque potentiel en termes de sécurité des approvisionnements.

À l'inverse, le HHI des exportations a diminué de 1 286 à 1 055 (−18,0 %), indiquant une diversification des débouchés de l'UE, probablement en partie une conséquence du redéploiement des flux après la perte du marché russe.


3. Compétitivité européenne en recul malgré une production en hausse

3.1 Une production européenne en croissance, tirée par la valeur

La production intra-européenne de copolymères de propylène a augmenté de manière significative sur la période. En volume, elle est passée de 1,52 milliard de kg à 2,01 milliards de kg (+32,9 %), et en valeur, elle a même plus que doublé : de 1,44 milliard d'euros à 3,05 milliards d'euros (+111,4 %) (production). L'écart entre la croissance de la valeur (+111 %) et celle du volume (+33 %) reflète la forte inflation des prix des matières plastiques observée notamment entre 2021 et 2023.

3.2 Une propension à exporter en net recul

Malgré cette dynamique de production, la propension à exporter (export propensity) de l'UE a considérablement diminué : de 95,8 % à 67,3 % (−29,8 points de pourcentage) (vulnérabilité). De même, l'intensité commerciale (trade intensity) est passée de 96,6 % à 76,5 % (−20,8 points). Ces deux indicateurs suggèrent que la production européenne est de plus en plus absorbée par le marché intérieur, ou que la compétitivité-prix à l'exportation s'est dégradée.

3.3 Une spécialisation géographiquement concentrée : le leadership belge

L'analyse des avantages comparatifs révélés (RCA) pour 2025 montre que la Belgique possède un avantage comparatif très prononcé dans ce segment, avec un RCA de 3,99 et une part de production européenne de 33,8 % (spécialisation). L'Autriche (RCA = 1,91), la Finlande (1,22), la France (1,11) et les Pays-Bas (1,08) disposent également d'un avantage comparatif, mais à un degré nettement moindre.

À l'opposé, des pays comme l'Irlande (RCA = 0,0003), la Bulgarie (0,015) ou la Croatie (0,019) sont quasi absents de ce segment, illustrant une forte hétérogénéité intra-européenne dans la spécialisation sur les copolymères de propylène.

3.4 Chocs de prix ponctuels sur certains flux

L'analyse des chocs détectés révèle trois événements significatifs sur la période (chocs d'approvisionnement) :

Choc Type Flux Période Variation Part de valeur
Chine Prix Exportations 2020 +34,9 % 11,1 %
Singapour Prix Importations 2022 +32,3 % 12,4 %
États-Unis Prix Exportations 2023 +158,4 % 6,5 %

Le choc le plus notable est la hausse de 158 % du prix des exportations vers les États-Unis en 2023, ce qui pourrait refléter des tensions sur le marché américain ou un réacheminement de volumes vers des clients prêts à payer un premium. Le choc de prix à l'export vers la Chine en 2020 coïncide quant à lui avec la période post-COVID et la reprise de la demande asiatique.


Conclusion

Le marché européen des copolymères de propylène (NC 390230) a subi une transformation profonde entre 2015 et 2025. L'Union européenne reste structurellement excédentaire, mais son avance se réduit rapidement sous l'effet combiné d'une hausse massive des importations (+93 % en volume) et d'un repli des exportations (−22 % en volume). La Corée du Sud s'est imposée comme le fournisseur dominant, tandis que le Brexit et les sanctions contre la Russie ont reconfiguré les flux traditionnels.

La production européenne a néanmoins progressé (+33 % en volume, +111 % en valeur), signe que l'outil industriel reste compétitif. Toutefois, la chute de la propension à exporter et la concentration croissante des sources d'importation (HHI +41 %) constituent des signaux d'alerte. À l'horizon, la capacité de l'UE à maintenir sa position sur ce segment dépendra de sa capacité à diversifier ses marchés d'exportation, à contenir sa dépendance vis-à-vis de fournisseurs asiatiques concentrés, et à préserver la compétitivité-prix de sa production face à la concurrence internationale.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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