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Évolution du marché : Aliments pour animaux (CN 23099031) — 2015–2025

Introduction

Le code nomenclature combinée 23099031 couvre les préparations pour l'alimentation animale contenant de l'amidon, de la fécule, du glucose, du sirop de glucose, de la maltodextrine ou des produits laitiers. Ce segment, rattaché au chapitre 23 (« Résidus et déchets des industries alimentaires ; aliments préparés pour animaux »), inclut notamment les prémélanges pour animaux de ferme, les aliments pour porcins, bovins, volailles et animaux de compagnie. La période 2015–2025 a été marquée par des chocs structurels majeurs — pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, inflation des matières premières — qui ont profondément remodelé les flux commerciaux de l'UE avec le reste du monde. Le présent rapport analyse les principales dynamiques observables dans les données fournies, en s'appuyant sur les échanges extra-UE, la structure du marché et les épisodes de volatilité.


1. Une expansion commerciale vigoureuse portée par des exportations en forte hausse

Les exportations de l'UE ont plus que doublé en valeur sur la période

Entre 2015 et 2025, la valeur des exportations extra-UE de produits CN 23099031 est passée de 280,1 millions d'euros à 659,8 millions d'euros, soit une progression de 135,6 %. Les volumes exportés ont suivi une trajectoire comparable, passant de 239 218 tonnes à 431 910 tonnes (+80,6 %). Cette croissance s'est accompagnée d'une hausse significative des prix unitaires à l'exportation, de 1 171 €/t à 1 528 €/t (+30,5 %), ce qui indique un effet combiné de volumes en expansion et d'une valorisation accrue des produits exportés.

Les importations ont crissé à un rythme plus modéré

Les importations extra-UE ont également progressé, mais de manière moins prononcée : de 224,9 millions d'euros à 369,2 millions d'euros (+64,1 %), avec des volumes passant de 213 390 tonnes à 336 106 tonnes (+57,5 %). Contrairement aux exportations, les prix unitaires à l'importation sont restés relativement stables (+4,2 %), passant de 1 054 €/t à 1 098 €/t, avec même un minimum historique à 681 €/t sur la période. Cet écart de dynamique prix entre importations et exportations a contribué à un avantage compétitif renforcé pour les producteurs européens.

L'excédent commercial s'est considérablement élargi

La balance commerciale extra-UE est passée d'un excédent de 55,2 millions d'euros en 2015 à un excédent record de 290,6 millions d'euros en 2025 (+426,6 %). Il convient toutefois de noter que cette trajectoire n'a pas été linéaire : la balance a connu un creux déficitaire de −56,7 millions d'euros au cours de la période, témoignant d'une période de vulnérabilité temporaire. Le retour à l'excédent et son amplification suggèrent un renforcement structurel de la position de l'UE sur ce segment.


2. Une recomposition géographique profonde des partenaires commerciaux

La Chine s'impose comme le premier fournisseur de l'UE

L'évolution la plus spectaculaire côté importations concerne la Chine, dont les ventes à l'UE sont passées de 20,5 millions d'euros à 135,8 millions d'euros (+563,8 %). À son pic, la Chine a atteint 287,4 millions d'euros d'exportations vers l'UE. Cette montée en puissance s'est accompagnée d'une forte volatilité (coefficient de variation de 0,47), ce qui reflète la sensibilité de ce flux aux tensions commerciales et aux ajustements de politique.

Fournisseur (importations UE) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation (%)
Chine 20,5 135,8 +563,8
Royaume-Uni 43,9 58,5 +33,5
États-Unis 77,2 64,2 −16,8
Brésil 24,4 31,7 +30,0
Ukraine 0,6 1,2 +112,5
Indonésie 18,5 1,0 −94,7
Serbie 11,8 5,2 −56,2

L'Indonésie et la Serbie ont perdu des parts de marché significatives

À l'inverse de la Chine, l'Indonésie a connu un effondrement quasi total de ses exportations vers l'UE, passant de 18,5 millions d'euros à moins d'un million d'euros (−94,7 %). La Serbie a également reculé de 56,2 %. Ces deux dynamiques contrastées illustrent un rééquilibrage des sources d'approvisionnement de l'UE, possiblement lié à des contraintes réglementaires, sanitaires ou à des avantage comparatifs en termes de coûts.

Les exportations vers l'Afrique et l'Europe du Nord ont explosé

Côté exportations, deux trajectoires se distinguent nettement. L'Ouganda a vu ses importations en provenance de l'UE passer de 0,6 million d'euros à 33,9 millions d'euros (+5 178,1 %), tandis que la Norvège est passée de 4,1 millions à 58,4 millions d'euros (+1 335,1 %). Le Royaume-Uni reste le premier client de l'UE avec 63,2 millions d'euros (+163,2 %). Ces chiffres suggèrent une diversification des débouchés européens vers des marchés en forte croissance de la demande alimentaire animale.

Client (exportations UE) Valeur 2015 (M€) Valeur 2025 (M€) Variation (%)
Royaume-Uni 24,0 63,2 +163,2
Norvège 4,1 58,4 +1 335,1
Ouganda 0,6 33,9 +5 178,1
États-Unis 16,8 47,6 +182,4
Russie 28,9 32,4 +12,2
Bosnie-Herzégovine 10,7 14,9 +39,3
Yémen 12,2 2,6 −78,6

L'Allemagne et la France renforcent leur rôle d'exportateurs au sein de l'UE

Parmi les États membres, les Pays-Bas restent le premier exportateur intra-UE (129,3 M€, +61,4 %), mais l'Allemagne (134,4 M€, +98,6 %) et surtout la France (80,8 M€, +597,5 %) ont connu les progressions les plus marquées. L'Autriche (+337,2 %) et la Belgique (+235,7 %) complètent ce mouvement de concentration des capacités d'exportation dans les grands pays industriels européens.


3. Volatilité des prix, chocs exogènes et asymétries structurelles

Les prix des importations en provenance des États-Unis ont connu un choc spectaculaire en 2019

L'événement le plus marquant en matière de volatilité est le choc de prix observé sur les importations en provenance des États-Unis en 2019 : une hausse de prix de 158,4 % avec un indice d'anomalie de 15,8, représentant 24,6 % de la valeur totale des importations. Ce choc s'inscrit dans le contexte des tensions commerciales transatlantiques et de l'instabilité des marchés des matières premières agricoles. Les États-Unis présentent un coefficient de variation des importations de 0,81, confirmant l'instabilité de ce flux.

L'Ukraine et la Malaisie figurent parmi les sources les plus volatiles

L'Ukraine, avec un coefficient de variation de 0,99 pour ses exportations vers l'UE, représente la source la plus instable parmi les principaux partenaires. La Malaisie dépasse même ce seuil avec un CV de 1,54, bien que ses volumes restent plus modestes. Cette volatilité peut être liée aux perturbations logistiques et géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine depuis 2022.

Des chocs de prix ont également affecté les exportations vers l'Arménie et le Soudan en 2022

L'année 2022 a été marquée par deux chocs de prix à l'exportation : vers l'Arménie (+28,7 %, anomalie de 15,4) et le Soudan (+52,4 %, anomalie de 7,4). Ces épisodes s'inscrivent dans le contexte plus large de l'inflation des coûts énergétiques et logistiques post-Covid et post-invasion russe de l'Ukraine. En termes de volatilité à l'exportation, la Bosnie-Herzégovine se distingue par sa stabilité (CV de 0,09), tandis que l'Ouganda (CV de 0,89) et les États-Unis (CV de 0,79) présentent les plus fortes fluctuations.

La production intra-UE a connu une expansion massive, renforçant l'autonomie du bloc

La production européenne a connu une croissance remarquable : les quantités produites sont passées de 48,4 milliards de kg à 147,1 milliards de kg (+204,1 %), tandis que la valeur a progressé de 12,8 milliards d'euros à 59,5 milliards d'euros (+365,7 %). Cette expansion, nettement supérieure à la croissance des importations, indique un renforcement de l'autonomie de l'UE dans ce segment. Le Danemark (RSCA de 0,79) et la Bulgarie (0,44) sont les États membres les plus spécialisés dans cette production.

La concentration des importations augmente, celle des exportations diminue

L'indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) des importations en valeur a augmenté de 1 902 à 2 058 (+8,2 %), indiquant une légère concentration accrue des sources d'approvisionnement. À l'inverse, le HHI des exportations a diminué de 421 à 375 (−11,0 %), signe d'une diversification des débouchés. Cette asymétrie — concentration côté approvisionnement, diversification côté débouchés — constitue un facteur de résilience relatif pour l'industrie européenne des aliments pour animaux.


Conclusion

Sur la période 2015–2025, le marché de l'UE pour les aliments pour animaux (CN 23099031) a connu une transformation profonde. L'Union européenne a renforcé sa position nette d'exportatrice, avec un excédent commercial multiplié par plus de cinq, porté par une production intra-UE en forte expansion et une diversification géographique des débouchés. Côté approvisionnement, la montée en puissance de la Chine comme principal fournisseur extra-UE, conjuguée à l'effondrement de partenaires historiques comme l'Indonésie, témoigne d'une recomposition des chaînes d'approvisionnement mondiales. Les épisodes de volatilité — notamment le choc de prix américain de 2019 et les perturbations de 2022 — rappellent la sensibilité de ce secteur aux chocs exogènes. Néanmoins, la forte croissance de la production domestique et la diversification des partenaires commerciaux dessinent un marché européen plus robuste en fin de période qu'au début, même si la concentration accrue des importations constitue un point de vigilance pour l'avenir.

Généré le 2026-08-08. Les chiffres reflètent les données d’Eurostat au moment de la génération et n’incluent pas les révisions ultérieures.

Généré automatiquement : ce rapport vise à accélérer l’analyse humaine, pas à la remplacer.

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